Néoplanète n°11 déc 09/jan 2010
Néoplanète n°11 déc 09/jan 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°11 de déc 09/jan 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Kel Epok Epik

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 17 Mo

  • Dans ce numéro : Copenhague, et après ? Des femmes s'engagent.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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[PARTICIPER] ILLUSTRATION : C H R I S TO P H E BESSE Le Père Noël Réunis au sommet de Copenhague du 7 au 18 décembre, les représentants de 192 pays doivent imaginer une suite au protocole de Kyoto. Petit mémento sous forme de questions-réponses pour bien cerner les enjeux de ce rendez-vous historique. Par Vincent Rondreux Mobilisation associative, jargon scientifique, désaccords internationaux, déclaration politique… la question climatique va être mise à toutes les sauces du 7 au 18 décembre prochain, à Copenhague. Il est vrai que les dirigeants des pays du monde doivent faire face à une mission de taille : mettre en place, ensemble, une vraie politique de lutte mondiale face aux changements climatiques en cours. Ce sommet de Copenhague ira-t-il à Copenhague ? doit en effet déboucher sur un traité international, avec notamment : - des objectifs importants de réduction des émissions de GES des pays riches ; - des mesures afin que les pays émergents limitent leurs pollutions ; - des aides financières et techniques pour les plus pauvres. À quelques encablures de Noël, soyons fous et rêvons d’un beau cadeau : l’union sacrée face au réchauffement et la fin des égoïsmes ! Mais auparavant, une petite [8] foire aux questions n’a rien d’inutile afin de s’y retrouver… ? QU’EST-CE QUE LE SOMMET DE COPENHAGUE ? Dans le jargon officiel, c’est une conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). En clair, c’est un sommet lié à l’ONU, ayant donc vocation à réunir tous les pays du monde. Son
objet est de prévoir une suite au protocole de Kyoto dans la lutte contre les bouleversements climatiques. Il doit déboucher sur un accord international valable de 2013 à 2017, le protocole de Kyoto arrivant à expiration fin 2012. ? QUE PRÉVOIT LE PROTOCOLE DE KYOTO ? Il prévoit pour les pays industrialisés une réduction des émissions de gaz à effet de serre d’au moins 5,2% en 2012 par rapport à 1990. De l’avis des scientifiques, c’est clairement insuffisant pour lutter contre le bouleversement climatique, mais il s’agit avant tout d’une première étape, donnant l’espoir d’un « effet levier » pour la suite, et pour Copenhague notamment. Tous les plus grands pays l’ont signé, à l’exception des États-Unis. ? POURQUOI LES SPÉCIALISTES SOUHAITENT-ILS DES EFFORTS PLUS IMPORTANTS ? Parce que les émissions de gaz à effet de serre (CO 2, mais aussi méthane ou encore protoxyde d’azote) suivent une courbe exponentielle, c’est-à-dire qui possède la particularité d’augmenter doucement au départ, puis de décoller en flèche à un moment donné. Rajendra Pachauri, président du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat et prix Nobel de la paix, expliquait ainsi en 2008 : « Il nous reste sept ans pour inverser la courbe des émissions de CO 2. » Ce qui nous amène à 2015. C’est donc bien au sommet de Copenhague que revient la tâche d’inverser cette courbe. ? AU-DELÀ DE QUEL STADE LA SITUATION EST-ELLE CONSIDÉRÉE COMME DANGEREUSE ? De nombreux scientifiques considèrent que le « système terre » tel qu’il est actuellement régulé pourrait s’emballer ou basculer vers un autre « équilibre » si l’augmentation de la température dépassait un certain niveau. Des associations de défense de l’environnement donnent souvent la barre de 2 °C de réchauffement moyen par rapport à l’ère préindustrielle pour éviter les impacts irréversibles, étant entendu que la température globale a déjà augmenté au cours du XX e siècle. L’état de nos connaissances ne nous permet cependant pas de dire qu’à + 1,5 ou + 1,9 °C on ne risque pas à terme l’impact irréversible, comme il ne nous permet pas de dire qu’à + 2,1 °C, l’emballement est certain. Malgré tout, un tel risque vaut bien un principe de précaution, non ? ? QUELLES RÉDUCTIONS DES ÉMIS- SIONS FAUT-IL ENVISAGER ? Devant le risque encouru, le « zéro carbone le plus vite possible » semble la meilleure réponse. Ce qui implique au moins une réduction de 80% des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050. Dans cette perspective, la mission de Copenhague serait d’arriver à la stabilisation et au déclin des émissions bien avant 2020. On en revient à la date de 2015 citée par Rajendra Pachauri. Les pays en développement demandent pour les pays riches une réduction de 40% d’ici à 2020 par rapport à 1990. L’objectif historique de l’Europe est de 20% (20% de réduction des émissions, 20% d’augmentation de l’efficacité énergétique, 20% d’énergie renouvelable). ? POURQUOI LES PAYS RICHES DOIVENT-ILS FAIRE PLUS D’EFFORTS QUE LES PAYS PAUVRES ? Ce n’est pas seulement parce qu’ils sont beaucoup plus riches. Les gaz à effet de serre mettent longtemps à faire effet. Ceux qui réchauffent la température globale aujourd’hui sont ceux qui ont été rejetés dans l’atmosphère depuis le XIX e siècle. Par conséquent, les pays développés sont largement plus responsables de la situation actuelle que les pays en voie de développement, dont la part est néanmoins en progression. [9] Entre autres enjeux : la réduction de la déforestation dans les régions pauvres, ainsi que la transmission des techniques et technologies sobres en carbone des pays riches vers les pays en développement. L’Europe estime que 100 milliards d’euros par an sont nécessaires pour financer l’aide aux pays pauvres dans la lutte contre le changement climatique. ? POURQUOI TOUS LES PAYS DOIVENT-ILS ÉTABLIR DES RÈGLES COMMUNES ? Sur la question du bouleversement climatique, les pays sont condamnés à s’entendre parce que les gaz à effet de serre n’ont pas de frontières et se répartissent très équitablement audessus de tous les pays. Ainsi, si un gros émetteur continue à accroître ses émissions sans se soucier des conséquences, c’est toute la planète qui en pâtira. ? COMMENT LES CITOYENS PEUVENT-ILS S’EXPRIMER SUR LE SOMMET DE COPENHAGUE ? Un collectif d’associations d’horizons très divers (Greenpeace, WWF, Care, la Fédération internationale des droits de l’homme, la Fondation Nicolas Hulot, les Amis de la Terre, Médecins du monde, OxfamFrance, Réseau Action Climat, le Secours catholique) a lancé un mouvement, « Copenhague 2009 – l’Ultimatum climatique », et un site Internet (www.copenhague-2009.com). Il est possible d’y soutenir une pétition dont l’objectif est d’atteindre le million de signatures. La mobilisation internationale est quant à elle relayée par le site : http://tcktcktck.org Sites Internet à visiter www.neoplantete.fr http://climatjustice.org www.justice-climatique.org www.envirosecurity.org www.rac-f.org



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