Néoplanète n°11 déc 09/jan 2010
Néoplanète n°11 déc 09/jan 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°11 de déc 09/jan 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Kel Epok Epik

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 17 Mo

  • Dans ce numéro : Copenhague, et après ? Des femmes s'engagent.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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SÉB ASTIEN V I A U D – C Y R I L P E Y R A M O N D [S’ENGAGER] VIAUD, MIEUX CE MONDE-LÀ ! Prof d’EPS dans un collège, Sébastien Viaud a entrepris, pour répondre aux interrogations désabusées de ses élèves, un tour du monde à la rencontre des lauréats du prix américain Goldman, ces héros méconnus qui luttent au quotidien pour préserver la planète. Propos recueillis par Alexandrine Chaillou Comment est né le projet ? Il y a dix ans, j’ai créé un club Unesco pour discuter avec mes élèves de sujets non abordés en cours. Nous en sommes vite venus à parler d’environnement. Leur discours fataliste face à ces défis qui leur semblent colossaux m’a attristé. J’ai voulu leur prouver qu’il était possible d’agir. En réalisant un tour du monde… J’ai découvert la Fondation Goldman de San Francisco. Elle décerne un prix annuel qui récompense des hommes et des femmes ordinaires au parcours extraordinaire, lié à la protection de l’environnement. Ce sont de vrais résistants pour la Terre. Je suis parti à leur rencontre pour faire partager leur expérience et leur message. Y a-t-il une rencontre qui vous ait marqué particulièrement ? C’est une question difficile ! Il y a par exemple cette femme somalienne, Fa- tima Jibrell (prix Goldman 2002 –ndlr). Dans une zone sans stabilité politique, sans économie, sans infrastructures, elle a réussi à enrayer la déforestation et à faire en sorte que les familles utilisent des sources solaires pour la cuisson des aliments. Quand on voit ce que certains peuvent faire à leur petite échelle, on se dit qu’on peut également agir dans nos pays. Tout n’est pas perdu heureusement, et c’est plutôt encourageant ! Qu’avez-vous tiré de cette expérience ? Elle a profondément bouleversé ma lecture du monde. Parce que j’ai pu voir des projets qui fonctionnaient grâce à l’entraide, aux associations, aux personnes qui s’impliquent à l’échelle locale. Ce voyage a reconstruit ma confiance en l’homme et en ses actions. Je suis parti avec beaucoup de doutes et un certain cynisme vis-à-vis de notre capacité à faire le bien et j’ai retrouvé de l’espoir grâce à ces gens-là. [16] Que faites-vous depuis votre retour ? J’ai créé l’association Résistants pour la Terre, en partie financée par les droits d’auteur du livre, pour aider ces « Goldmen » et ces « Goldwomen » à mener à bien leurs projets. Certains d’entre eux sont en danger de mort, comme José Andrés Tamayo Cortez (prix Goldman 2005 –ndlr), un prêtre hondurien dont la tête a été mise à prix par la mafia du bois. Les faire connaître, c’est leur donner une protection, une espérance de vie plus longue. Et en France, comment peut-on agir ? Où que l’on soit sur la planète, on peut agir localement si on s’inscrit dans une démarche collective. Fermer l’eau du robinet, faire le tri, tout cela est important, mais on ne va pas sauver la planète en changeant une ampoule ! Pour avancer, il va falloir mettre au défi nos dirigeants. On ne peut pas faire reposer toute la responsabilité sur le citoyen. Ses efforts doivent être complétés par une vraie implication du politique, qui est aujourd’hui inexis- tante, ou superficielle. C’est par là qu’on devrait commencer. Résistants pour la Terre, de Sébastien Viaud et Anne Gouyon (Viatao-Liberta) – à paraître le 3 décembre 2009 – 24,90 euros www.goldmenlefilm.fr www.homoecologicus.eu L’interview complète sur www.neoplanete.fr
Cécile Ducrot-Lochard, la sirène des mécènes Directrice Grands Donateurs chez WWF, Cécile est sans doute la seule salariée d’ONG à devoir porter des diadèmes de diamants pour son boulot ! Experte en finance philanthropique, qui signifie en gros : « donner un peu de ce que l’on possède beaucoup », elle a pour profession de convaincre des personnes fortunées d’aider de grandes causes. Exemple de mission : persuader son voisin de table lors d’un dîner de gala de sauver le thon rouge qu’il est en train de manger. Cécile est à la finance philanthropique ce que Hugh Grant est à l’accent anglais : elle est née avec. Son papa, fondateur d’Apogé, une société de gestion spécialisée dans les placements éthiques, compte parmi les [17] pionniers en France de l’ISR (investissement socialement responsable). Elle collabore avec lui dès son diplôme d’école de commerce en poche, avant de rejoindre le WWF. Quand elle s’occupe de trouver des fonds pour une grande cause, c’est un peu comme Sharon Stone animant les enchères pour le sida à Cannes : plus efficace et plus glamour que mamie Liz Taylor. La belle aux diamants (gracieusement prêtés par le joaillier Adamence) manie le Bottin mondain pour la bonne cause et collectionne les paires de chaussures pour promouvoir la sobriété heureuse. Paradoxe, diront certains, modernité, diront d’autres. Dans tous les cas, Cécile vit parfaitement cette position d’intermédiaire entre deux mondes opposés. Passionnée par le microcrédit, elle se lance un nouveau défi, convaincre les dirigeants des grandes entreprises de nouer un partenariat avec Microworld, la nouvelle activité de Planète Finance. Elle n’a pas encore choisi sa tenue… Alice Audouin Aurélie Chambouvet, chercheuse… d’algues La Fondation Daniel Jouvence-Institut de France a décerné le prix Jeune Chercheur 2009 à Aurélie Chambouvet pour ses recherches sur les parasites marins inconnus ou oubliés. Ces travaux ouvrent notamment un champ prometteur dans le domaine de la gestion des espaces marins. Par Victoria Beguin Correa Quel a été l’objet de vos travaux ? J’ai travaillé sur une micro-algue toxique nommée Alexandrium minutum, détectée pour la première fois en 1988 dans le Finistère Nord, dans la baie de Penzé. Sa prolifération n’a cessé d’augmenter puis s’est stabilisée en 2001. J’ai essayé de comprendre la nature de cette stabilisation. Quel est l’impact de ces algues sur la santé ? Les toxines libérées par ces microalgues se retrouvent souvent en grande quantité dans les moules ou les huîtres, ce qui empêche leur consommation. Ces bivalves agissent comme des filtres. Leur chair devient donc dangereuse pour la santé. Même à la cuisson, ces toxines ne s’éliminent pas. Il était donc capital de déceler ce qui était susceptible d’arrêter leur développement. Et vous avez donc découvert qu’il existait un parasite capable de lutter contre ces micro-algues toxiques… Oui, ce parasite nommé Amoebophrya est capable d’infecter plusieurs microalgues et de détruire les toxines qu’elles dégagent. Dès que les micro-algues se multiplient, ce parasite se développe, notamment dans l’Alexandrium, et la détruit. Plusieurs centaines de parasites se diffusent alors dans l’eau et partent infecter les autres micro-algues toxiques. L’action d’efflorescence est ainsi stoppée. C’est une avancée importante dans la connaissance des écosystèmes marins… Oui, grâce aux techniques de biologie moléculaire, le cycle d’infection des parasites a été décrit avec précision. Et leur rôle au sein des écosystèmes marins est vital car ils limitent la prolifération dangereuse des espèces planctoniques toxiques. Le développement du parasite Amoebophrya est donc une bonne nouvelle pour les consommateurs d’huîtres ou de moules comme pour les producteurs ! Plus de VIP ? www..fr D R



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