Néoplanète n°11 déc 09/jan 2010
Néoplanète n°11 déc 09/jan 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°11 de déc 09/jan 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Kel Epok Epik

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 17 Mo

  • Dans ce numéro : Copenhague, et après ? Des femmes s'engagent.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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[S’ENGAGER] B. B E N A N T TRYO 4 Après s’être attaqués à la mondialisation avec leur précédent album, le quatuor du reggae et de la world music français revient avec un dernier opus tout aussi engagé : Ce que l’on sème. Un album super-écolo avec pour toile de fond les problèmes climatiques, que viendront compléter deux grands concerts d’ici à la fin de l’année. Rencontre avec Guizmo et Christophe Mali. Propos recueillis par Sam Bobino sème aux vents Vous avez une image de groupe écolo. Est-ce que vous revendiquez cette étiquette, aujourd’hui plus que jamais ? Forcément. L’état de la planète est tellement alarmant, aux dires de toutes les ONG. L’état d’urgence fait désormais partie de notre quotidien et nous influence beaucoup dans l’écriture de nos chansons. Avec Copenhague qui arrive à grands pas et l’échec de Kyoto, on se sent plus concernés que jamais. Justement, l’application du protocole de Kyoto en est à mi-chemin, quel est votre sentiment sur son bilan ? Il n’est pas brillant, c’est le moins qu’on puisse dire. Les forêts primaires sont toujours autant saccagées ; on consomme de plus en plus de pétrole en épuisant les sols, en détruisant notre écosystème ; la famine ne cesse d’augmenter et touche un milliard de personnes. C’est plus déprimant que jamais. Et en même temps, il y a un magnifique élan d’optimisme, un sursaut collectif manifesté par toutes ces associations qui proposent des solutions et font évoluer nos mentalités. [14] Où se situe l’urgence selon vous ? Si l’on écoute Greenpeace et les climatologues, il faudra sept ans pour diminuer de 50% les émissions de CO 2. Si on attend cette échéance sans bouger, la température sur l’ensemble de la planète augmentera de deux degrés, avec tous les dérèglements que cela implique : inondations, sécheresses accentuées… Sept ans, c’est justement la durée d’application d’un protocole comme Copenhague... C’est pour ça que le sommet de Copenhague est bien plus important que Kyoto et qu’il faut se mobiliser pour faire pression sur les dirigeants. Jamais une mobilisation citoyenne n’aura été aussi nécessaire et primordiale pour la sauvegarde de la planète. Vous semblez avoir confiance en ce sommet... Nous pensons que les choses vont aller dans le bon sens, que le rôle et l’audace d’Obama vont beaucoup compter lors de ce sommet. Mais il ne faut pas oublier qu’il y a aussi de nouveaux
pays, comme la Chine et le Brésil, qui comptent énormement désormais et qui ont un rôle important à jouer, même si on ignore encore tout de leur position. Au quotidien, comment se manifeste votre engagement écologique ? Guizmo, vous avez par exemple posé des volets pour capter l’énergie solaire chez vous... Chez moi, c’est « total look » écolo, il y a de tout : ossature en bois, récupération d’eau de pluie, technologie solaire, géothermie… C’est vraiment une éco-construction totale avec uniquement des matériaux sains. J’ai récupéré il y a dix ans cette vieille ferme de caractère en Bretagne. Comme elle était d’époque, il a fallu tout refaire. Mais la volonté ne suffit pas, encore faut-il pouvoir se le permettre. J’ai cette chance, mais les prix sont aujourd’hui encore tellement contraignants quand on veut installer chez soi ce genre de matériel, que c’est malheureusement encore un frein à beaucoup de bonnes intentions. On espère que ça changera dans les années à venir. Pourquoi avoir choisi Greenpeace comme principal partenaire de votre nouvel album et de votre tournée ? On a une longue histoire avec Greenpeace. Il y a dix ans, on les avait déjà contactés pour nous accompagner sur une tournée. Avec un public jeune comme le nôtre, leurs actions pouvaient avoir une portée. Aujourd’hui, avec la sortie de ce nouvel album à vocation écologique, on a voulu pousser le partenariat encore plus loin. On a donc sorti le CD avec le label FSC (FSC est un écolabel qui assure que la production d’un produit à base de bois a respecté des procédures censées garantir la gestion durable des forêts –ndlr). Tout l’emballage et le merchandising ont été pensés pour être aux normes écolo. Quelles sont les autres causes pour lesquelles vous militez ? La lutte anti-OGM, la protection de l’environnement marin où on s’est associés à une grande campagne internationale contre la pêche au thon en Méditerranée, etc. Et puis il y a toujours ce combat contre la déforestation, notamment en Indonésie et au Congo. Il faut savoir que lorsqu’on coupe les arbres, on lâche des tonnes de carbone dans notre atmosphère, sans parler de la face du globe qu’on défigure. On est en train de tuer la dernière diversité de la planète. Voilà toutes les causes que l’on défend comme de vieux sages que nous sommes (rires). Tryo en bref [15] Comment avez-vous géré votre dernière tournée française d’un point de vue écologique ? Nous avons demandé à un organisme indépendant de réaliser un bilan carbone sur nos déplacements et de constater tout ce qui pollue sur une tournée : transports, détritus. Cela nous a permis de prendre des mesures : privilégier un éclairage basse consommation et le covoiturage, y sensibiliser le public via des sites comme la Fnac, les radios partenaires de nos concerts. Certaines radios vont même relayer ces opérations de covoiturage pour d’autres concerts d’artistes. Nous avons aussi privilégié les billets informatiques et mis en place un tri sélectif : utilisation de gobelets recyclables et réutilisables, consignés, lavables. Êtes-vous optimistes quant à l’avenir ? Oui ! Mais avant toute chose nous sommes des chansonniers : le but est de donner du bonheur aux gens. Les temps sont durs, raison de plus pour apporter de la gaieté et du rêve. Il ne faut pas plomber l’ambiance et voir tout en noir… Si c’est la fin du monde autant baisser les bras et ce n’est pas dans notre tempérament. L’intérêt d’associations comme Greenpeace, c’est De gauche à droite : Gizmo, Manu Eveno, Christophe Mali, Daniel Bravo. qu’elles t’expliquent qu’il y a des alternatives à la consommation qui ne sont pas forcément synonymes d’éclairage à la bougie. Qu’on peut changer les choses si on le veut vraiment. C’est un message d’espoir auquel nous adhérons totalement. Retrouvez l’interview en intégralité sur www.neoplanete.fr 1995 : rencontre de Manu Eveno, Guizmo et Christophe. Daniel Bravo rejoindra le groupe l’année suivante. 1998 : 1 er succès avec L’Hymne de nos campagnes tiré du 1 er album, Mamagubida. 2000 : sortie du deuxième album Faut qu’ils s’activent, beaucoup plus poétique que le premier, et rencontre avec la troupe de cirque de rue Les Arrosés. 2001 : les deux formations décident de s’unir pour deux concerts aux Zéniths de Lille et de Paris. 2002 : sortie du DVD Reggae à coups d’cirque. 2004 : sortie du live De bouches à oreilles. 2008 : quatrième album du groupe, Ce que l’on sème. 22 novembre 2009 : participation au concert « Ultimatum climatique » au Zénith de Paris à l’initiative de 11 ONG environnementales. 16 décembre 2009 : concert à Bercy qui clôture la tournée française.



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