Néoplanète n°10 sep/oct 2009
Néoplanète n°10 sep/oct 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°10 de sep/oct 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Kel Epok Epik

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 28 Mo

  • Dans ce numéro : Julia Roberts, pretty écowoman.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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(VOYAGER) Pour un•rn1er voyage Les Français s'intéressent de plus en plus à la préparation de leurs obsèques. À quelques semaines de la Toussaint, ce souhait de ne pas causer de soucis supplémentaires à leurs proches peut s'accompagner d'une volonté de limiter les impacts de leur dernier voyage. Par Didier Bergeret Une chose est sûre, nous sommes tous amenés à quitter ce monde un jour ou l'autre. Mais le quittonsnous vraiment ? En effet, quel est finalement l'héritage que nous léguons à la planète, une fois partis ? Il peut paraître incongru de se poser la question de l'impact environnemental, alors que la mort reste souvent un sujet tabou. Au regard des enjeux, il est essentiel néanmoins de se poser les bonnes questions et de pouvoir traduire son engagement éco-citoyen jusque dans ses dernières volontés. VOYAGEZ LÉGER Première chose, et non des moindres, mieux vaut évrter de s'encombrer de tout ce qui pourrart : être utile à d'autres... notamment en faisant don de ses organes. Aujourd'hui, la tendance au don d'organes atteint péniblement les 1 0% de la population française. Il est pourtant très simple de donner tout ou partie de son corps afin que la médecine puisse en faire profrter des gens dont la vie en dépend. Pour en savoir plus : vvvvw.dondorganes.fr/RESTEZ NATUREL La présentation du corps du défunt est une pratique qui se répand. Mais les techniques de conservation des corps (thanatopraxie) ont un douloureux impact sur l'environnement De nombreux produits chimiques sont en effet nécessaires pour que les enveloppes charnelles conservent leur aspect. Ce retardement du phénomène naturel qu'est la putréfaction n'est pas à mettre au rang des indispensables. La thanatopraxie ne fait qu'en retarder de façon très temporaire les effets visibles et ne sert qu'à permettre aux proches de voir le défunt lors de la cérémonie. NE VOUS JETEZ PAS DE FLEURS Très courantes lors d'un enterrement, les fieurs contribuent pour la plupart à de terribles enjeux de développement durable. Sur le plan social, beaucoup de plantations de fieurs coupées sont caractérisées par des condrt:ions de travail déplorables. La majeure partie de la production de fieurs est issue de pays en développement où (42) les législations ne protègent pas encore suffisamment le salarié, et où l'on constate une certaine forme d'esclavage associée à une problématique de santé sur le lieu de travail. En tenmes d'environnement, il va sans dire que l'importation de fieurs n'est pas sans impact, notamment à cause des transports. De plus, les serres où sont cultivées les plantes sont très énergivores et de nombreux intrants chimiques (engrais et pesticides) garantissent la croissance des végétaux. Il sera donc préférable d'opter pour des fieurs en pot (certifiées bio et équrt:ables) qui pourront tenir la distance (les vivaces par exemple) et dont la symbo lique est plus belle (fieurs toujours vivantes, se renouvelant avec les saisons). MONTREZ LA VOIE À VOS PROCHES Les fieurs, plaques commémoratives et autres témoignages d'affection sont de tradition. Sans interdire à ceux que vous aimez de témoigner leur attachement, pensez à leur faire part de vos dernières volontés ; libre à eux de les respecter. A insi, il est de plus en plus courant
aujourd'hui d'inviter les personnes en deuil à ne pas investir d'argent dans des fieurs ou aut res artifices, mais à consacrer le même budget au bénéfice d'une association ou d'une œuvre caritative. Les témoignages d'affection ne seront plus aussi éphémères qu'une fleur, mais bien durablement bénéfiques. PRÔNEZ UN RETOUR AUX RACINES Les p1erres tombales contribuent à l'imperméabilisation des sols et empêchent les plantes de vous apporter une compagnie nettement plus légère. Une étude réalisée outre­ Rhin a déterré le fait qu'un tiers des pierres de tail le utilisées en Allemagne, notamment en guise de tombe, seraient produites en Inde par du travail infantile. L'exploitation des carrières est une activité dangereuse et les conséquences sur la santé des travail leurs des pays à bas salaires sont dramatiques, d'autant plus lorsque ce sont des enfants qui en souffrent Privilégiez donc une couverture végétale. ÉVITEZ LE SUREMBALLAGE La législation française ne règlemente que l'épaisseur du bois qui constrtuera votre demière demeure. Cependant des offres apparaissent pour limrter les impacts des éléments de décoration intérieure et extérieure (tissus, poignées...) et du bois (forêts certifiées srtuées en France). Là encore, opter pour la sobriété vous ouvrira les portes d'une biodégradabilrté optimisée. REPOSEZ EN PAIX Partir en fumée ou voyager au centre de la Terre... un dilemme. Il est difficile aujourd'hui de comparer la crémation et l'enterrement La première est fortement émettrice de gaz à effet de serre, car elle requiert beaucoup d'énergie, et les rejets qui résuh:ent du processus ne sont pas exempts de polluants. L'enterrement quant à lui, dégage aussi différentes substances toxiques, et la consommation d'espace est un enjeu clé par rapport à l'empreinte écologique. li serart ut le de pouvoir disposer de résuh:ats scientifiques de type Analyse de cycle de vie (AO/) - ironie du sort - des (43 (différentes pratiques funéraires, pour distinguer l'ensemble des répercussions de chaque option et déterminer comment la mort pourrart se mettre au vert Mais en respectant les points précédents, on évrte déjà de nombreux impacts et il est alors plus aisé de reposer en paix sans trahir ses valeurs durables. TRAVERSEZ LES FRONTIÈRES... Notamment pour trouver l'inspiration et identifier les bonnes pratiques. Le débat sur la fin de vie et ses implications très terre à terre est nettement plus avancé dans d'autres pays comme la Belgique ou l'Angleterre. Il est donc essentiel d'oser en parler et d'utliser le levier de la demande pour infiuencer l'offre funéraire. Il s'agrt au final, de garantir que les tendances les plus écologiquement polluantes et socialement critiquables ne fassent pas de vieux os. Article issu du magazine n•74 PIB, La richesse est ailleurs. Plus d'infos sur www.interdependances.org



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