Natation Magazine n°133 mars 2012
Natation Magazine n°133 mars 2012
  • Prix facial : 5 €

  • Parution : n°133 de mars 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Fédération Française de Natation

  • Format : (209 x 297) mm

  • Nombre de pages : 50

  • Taille du fichier PDF : 9,2 Mo

  • Dans ce numéro : championnats de France, l'heure de vérité.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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46 Hors lignes : Sébastien Rouault (Ph. KMSP/Stéphane Kempinaire) Natation Magazine | Mars 2012 | N°133 « Rouault, le goût des autres » Mon premier est un double champion d’Europe, mon second un nageur détendu et mon tout forme Sébastien Rouault, 25 ans, couronné sur 800 et 1 500 m nage libre aux Euro 2010 de Budapest. La consécration d’un travailleur assidu et d’un maître ès tactique. S ébastien Rouault n’a pas les pectoraux d’Alain Bernard, ni le sourire enjôleur de Camille Lacourt. Il ne dispose pas non plus de la répartie d’Amaury Leveaux ou de l’aisance orale d’un Yannick Agnel. Il n’en demeure pas moins un atout maître de l’équipe de France, un cadre. En août 2010, le Mulhousien a décroché le jackpot aux championnats d’Europe de Budapest : deux épreuves individuelles et deux titres continentaux. Sans complexe, avec le sens tactique d’un vieux routard, Seb Rouault a démontré que ses discrètes années 2008 et 2009 ne constituaient pas un chant du cygne. « Les Jeux Olympiques de Pékin aurait dû être mon moment. Jusqu’en mars 2008, aux championnats NCAA, je suis en pleine bourre. Tous les voyants sont au
vert, je signe des temps énormes et après je me suis cramé. En 2009, j’ai décidé de prendre mon temps. Je ne voulais plus de pression. Les gens n’ont peutêtre pas compris, mais j’avais besoin de souffler ! Toutes ces expériences m’ont servi. Aujourd’hui, je crois que j’arrive à maturité. » Difficile de le contredire tant le nageur de Lionel Horter semble désormais maîtriser son sujet à la perfection. Si l’ancien étudiant aux États-Unis n’en est pas encore à survoler les débats à chacune de ses sorties, notamment sur la scène mondiale où il lui reste un cap à franchir, il demeure un stratège doté d’une grande intelligence de course. « Je ne suis pas Grant Hackett, je ne mesure pas 1 mètre 95, mais j’ai des qualités naturelles. Sur 800 et sur 1 500m, je sais comment m’exprimer et élaborer mes tactiques selon mon état de forme et mes sensations. » « Sébastien est un nageur très intelligent », analyse Lionel Horter, son entraîneur également directeur des équipes de France. « A l’entraînement, il a besoin de comprendre ce qu’il fait pour s’investir. En compétition, c’est pareil, il sait où il va et pourquoi il est là. » Pas étonnant donc que l’Alsacien d’adoption se soit illustré aux Euro 2010. « Ce serait mentir si je disais que j’étais venu à Budapest sans espérer en gagner une. Je savais qu’il y avait quelque chose à faire sur 1 500 m nage libre. » Une distance chère à son cœur : « Cette médaille a un goût particulier. C’est la première déjà et puis c’est aussi la distance olympique. Par rapport au 800 m nage libre, le 1 500 m a également une autre dimension. » Pour les passionnés de natation c’est évident, mais pour le spectateur lambda il est bien difficile de se rendre compte de l’effort que représentent ces épreuves de demi-fond. « Ça c’est sûr », s’amuse l’ancien pensionnaire de Saint-Germain-en-Laye. « Rien à voir avec un 100 m… Au début de ma carrière ce ne sont pas forcément les distances que je voulais nager, mais j’ai dû composer avec mes qualités. C’est comme ça ! » Fataliste Sébastien Rouault ? Pas le moins du monde. En fait, le Mulhousien évoluerait plutôt en mode Duboscq : zen, cool et détendu. « Hugues, c’est Hugues », commente-t-il dans un grand Je ne suis pas Grant Hackett, je ne mesure pas 1 mètre 95, « mais j’ai des qualités naturelles. Sur 800 et sur 1 500m, je sais comment m’exprimer et élaborer mes tactiques selon mon état de forme et mes sensations. sourire. « Honnêtement, si je pouvais avoir une carrière comme la sienne et ramener une médaille à chaque compétition internationale ce serait vraiment bien. » Pour l’heure, en plus d’un tempérament détendu, le fondeur tricolore partage avec le brasseur vedette de l’équipe de France un sens profond de la famille. « A l’arrivée du 1 500 m de Budapest, j’ai tout de suite pensé à mes parents, à mon frère et à tous ceux qui m’ont accompagné dans A quoi penses-tu en te levant le matin ? Au petit déjeuner et à l’entraînement. Généralement, c’est assez rapide le matin car j’ai tendance à me lever au dernier moment. Que fais-tu pour te défouler ? Quand je ne suis pas trop fatigué, j’aime bien aller faire un foot. Autrement, je joue à la console (Xbox 360). Ce que je préfère ce sont les jeux de foot ou de foot US et si c’est possible contre des amis. C’est toujours très compétitif. Quelle est ta musique préférée ? J’écoute pas mal John Mayer et Joshua Radin. Mais en général, j’écoute presque tous les genres de musique. A quoi penses-tu avant de t’endormir ? Ça dépend des jours mais souvent à la journée qui vient de se passer, aux entraînements, et si c’était bien. Quelle personnalité aimerais-tu rencontrer ? Ce n’est pas évident de faire un choix ! Barack Obama pour avoir des infos en avance ! » ma progression. Une carrière ne se réalise pas tout seul. Et dans les moments difficiles, lorsque l’on a du mal à se motiver, les proches prennent le relais et vous soutiennent. » Et c’est dans ces conditions que Sébastien rêve maintenant de participer aux Jeux avec son frère triathlète, Grégory. « Ça serait tellement beau d’y aller ensemble. Il le sait. C’est notre but premier : partager ça tous les deux. » On est comme ça chez les Rouault : soudé et attentif• Adrien Cadot Seb intime Quel sport aimes-tu pratiquer à part la natation ? J’aime bien faire du VTT et les sports collectifs. Quel est ton plus grand souvenir en natation ? Depuis que je nage j’en ai eu plein mais j’ai envie de dire l’été 2010 à Budapest. Ta chambre prend feu, que sauves-tu ? Mon ordi… J’ai beaucoup de photos et de souvenirs dedans Où seras-tu du 27 juillet au 12 août 2012 ? A Londres, j’espère (sourire). Où aimerais-tu passer des vacances idéales ? J’aimerais bien aller dans le sud-ouest de la France. Cela fait maintenant quelques temps que je n’y suis pas allé et ça me manque. Quelle est ta devise ? Rien n’est fait tant que ce n’est pas terminé. Il faut toujours se battre jusqu’au bout… Recueilli par Laure Dansart 47 Natation Magazine | Mars 2012 | N°133



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