Natation Magazine n°133 mars 2012
Natation Magazine n°133 mars 2012
  • Prix facial : 5 €

  • Parution : n°133 de mars 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Fédération Française de Natation

  • Format : (209 x 297) mm

  • Nombre de pages : 50

  • Taille du fichier PDF : 9,2 Mo

  • Dans ce numéro : championnats de France, l'heure de vérité.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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26 Nat’course Natation Magazine | Mars 2012 | N°133 Autour du Monde Episode n°10 : Le Japon Contrairement aux idées reçues, le Japon n’est pas qu’une terre de manga et de base-ball où les écoliers en uniforme se divertissent dans des complexes interactifs démesuré pendant que leurs parents s’entassent dans un métro ultra moderne. Au pays du Soleil Levant, on voue un culte sans limite à l’esthétisme et aux chorégraphies de la natation synchronisée ainsi qu’aux champions olympiques, considérés à certains égards comme l’égal des dieux. Pas étonnant, dès lors, que la triple championne du monde du solo, Virginie Dedieu, y soit particulièrement populaire, au même titre que l’icône aquatique Kosuke Kitajima, brasseur le plus titré de l’histoire de la natation. Immersion. Sujet réalisé par Adrien Cadot UNE PRATIQUE ANCESTRALE Les indices sont peu nombreux, mais aujourd’hui les historiens s’accordent sur une pratique aquatique ancestrale au Japon. Des documents mentionnent ainsi des épreuves de natation, sans que l’on sache véritablement s’il s’agissait de compétitions ou de simples rituels, organisées par l’Empereur Suigi en 36 av J-C. Au début du XVII e siècle, la natation figure dans les programmes scolaires par un édit impérial promulgué en 1603. L’Empereur incite alors les enfants à apprendre les bases de la natation pour s’endurcir et gagner en autonomie. Il impose également des rencontres régulières et honorifiques entre les établissements du pays. Elles perdurent encore de nos jours. Au Japon, nager a longtemps fait partie intégrante de l’entraînement des Samouraï. Comme pour les légionnaires romains, le déplacement dans l’eau avec des armes et un lourd équipement s’imposait comme une nécessité opérationnelle. En l’absence de pont ou de gué peu profond, les soldats en campagne n’avaient en effet aucune autre alternative. (Ph. D.R.)
LES JEUX OLYMPIQUES DE 1964 Tokyo a accueilli les Jeux Olympiques du 10 au 24 octobre 1964. Une première pour le continent asiatique. Initialement, le Comité International Olympique avait désigné la capitale nippone en 1936 pour organiser les Jeux de 1940, mais la Seconde Guerre mondiale, avait contraint à leur annulation. Dès la fin des hostilités, en 1945, les dirigeants japonais vont mener campagne auprès des instances internationales pour accueillir les festivités olympiques afin non seulement de montrer que leur pays s’était relevé de la guerre mais surtout pour faire étalage de leur puissance économique. Fort de cet élan et de ce renouveau technologique, les autorités japonaises vont investir des capitaux colossaux dans l’édification d’installations sportives ultramodernes. Et en 1959, le CIO désigne à une très large majorité la ville de Tokyo pour héberger les Jeux Olympiques de 1964. Très vite, l’engouement populaire est phénoménal. Au total, plus de 2 millions de billets seront vendus sur les différents sites olympiques, un record pour l’époque. On notera également que grâce à la Mondovision, les Jeux japonais seront KOSUKE KITAJIMA : LEGENDE VIVANTE suivis par 600 millions de téléspectateurs dans le monde. L‘ouverture officielle est proclamée par l’Empereur Hirohito le 10 octobre 1964 devant 90 000 spectateurs du stade olympique de Tokyo qui assistent à l’embrasement de la flasque par Yoshinori Sakaï, citoyen japonais né à Lorsque l’entraîneur Masaharu Kawai découvre Kitajima en 1998, rien n’indique que ce frêle athlète de 16 ans deviendra le brasseur le plus titré de l’histoire de la natation. À raison de quatre heures de natation par jour, de lourdes séances de musculation et d’un travail régulier sur les pistes d’athlétisme, le petit japonais gagne rapidement en puissance et en endurance. Malgré tout, il débarque aux Jeux de Sydney en parfait inconnu. Dix-septième du 200 m brasse (2’15 » 71), Kitajima se rattrape sur 100 m brasse en décrochant la quatrième place (1’01 » 34). Kawai annonce alors que son poulain peut largement améliorer ses chronos. L’avenir lui donne raison. Aux Mondiaux de Fukuoka (2001), Kitajima glane sa première récompense internationale : le bronze du 200 m brasse (2’11 » 21). Déçu par une nouvelle quatrième place sur 100 m brasse (1’00 » 67), le Japonais se remet au travail. L’année 2002 est celle de son éclosion. Aux championnats du monde de Moscou (petit bain), la torpille japonaise s’empare de l’argent du 100 m brasse avant d’échouer aux pieds du podium sur 200 m brasse. Certains doutent alors de sa capacité à enchaîner plusieurs courses de haut niveau. Kitajima fait taire les critiques le 3 octobre en améliorant la marque mondiale du 200 m brasse de l’Américain Mike Barrowman. Il est le premier asiatique à battre un record du monde depuis Nobutaka Tagushi, en 1972. Dans la foulée, le Nippon réalise un formidable doublé aux Mondiaux de Barcelone (2003). Vainqueur des 100 et 200 m brasse, il signe deux records du monde (59 » 78 et 2’09 » 42). Ses adversaires sont avertis, il faudra être fort (D.R.) Hiroshima le 6 août 1945, jour de l’explosion de la première bombe atomique. Comme en 1956 et 1960, les sportifs de l’Allemagne de l’Ouest et de l’Allemagne de l’Est participèrent aux compétitions sous une seule bannière, celle de l’Équipe unifiée d’Allemagne. Avant le début de la compétition, le CIO décida d’expulser l’Afrique du Sud en raison de sa politique d’apartheid. Par ailleurs, la Chine, absente depuis 1956, renonça une nouvelle fois à participer aux Jeux, ne souhaitant pas s’aligner aux côtés de Taïwan. En natation, les JO de Tokyo correspondent à l’apparition des premières plaques sensibles au toucher pour chronométrer les temps. Dans le bassin, l’Américain Don Schollander devient le premier nageur à récolter quatre médailles d’or au cours de la même olympiade. Son compatriote Stephen Clark glane, quant à lui, trois titres olympiques. Enfin, Dawn Fraser remporte le 100 m nage libre pour ses troisièmes Jeux consécutifs. Dans les rangs tricolores, les JO de Tokyo sont surtout marqués par la médaille d’argent de Christine Caron sur 100 m dos qui deviendra la coqueluche des médias français durant de longues années. pour l’empêcher de rafler l’or aux JO d’Athènes. Coup de semonce en juillet 2004. L’Américain Brendan Hansen profite des Trials de Long Beach pour effacer les marques mondiales du Japonais (59 » 30 et 2’09 » 04). L’affrontement semble inévitable. De duel, il n’y en eut pourtant pas. Dans le bassin athénien, Kitajima remporte deux médailles d’or qui le portent au sommet de sa discipline. « Je ne me rappelle pas de mes courses », confesse-t-il au terme des » > (Ph. KMSP) 27 Natation Magazine | Mars 2012 | N°133



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