Natation Magazine n°133 mars 2012
Natation Magazine n°133 mars 2012
  • Prix facial : 5 €

  • Parution : n°133 de mars 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Fédération Française de Natation

  • Format : (209 x 297) mm

  • Nombre de pages : 50

  • Taille du fichier PDF : 9,2 Mo

  • Dans ce numéro : championnats de France, l'heure de vérité.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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10 Natation Magazine | Mars 2012 | N°133 RENCONTRE : pauline ado « Le spectacle de la natation me fascine En ce mois de mars, Pauline Ado s’échelonne sur les vagues de la Gold Coast en Australie, site de la première épreuve du World Tour, le circuit qui réunit les 17 top-surfeuses de la planète. Pour l’ex-championne du monde junior (2006 et 2009), il s’agira de la deuxième saison au sein de l’élite mondiale. Après une première année de « rookie » qui s’est plutôt bien déroulée - neuvième du classement final -, la jeune basque de 21 ans vise un « top 5 » en 2012. Rencontre. Vous êtes en ce moment en Australie, pour le début de la saison de surf, c’est le paradis des surfeurs mais aussi des nageurs… Oui, c’est impressionnant de voir comment tous ceux qui vivent près des côtes nagent très régulièrement. Même en mer, ce qui est beaucoup moins le cas en France. Et puis, le week-end, ils font beaucoup d’exercices de sauvetage côtiers. Il y aussi énormément de piscines d’eau de mer très fréquentées, tout près des plages. Tout ça explique sûrement le fait que l’Australie ait autant de bons nageurs. En tout cas, quand je suis en Australie, j’aime beaucoup profiter de ces piscines. Doit-on comprendre que la natation, pour vous, c’est plutôt lors des pauses détente ? Pas seulement. De la natation, j’en fais un peu, surtout l’hiver, dans le » cadre de ma préparation foncière. Mais, je crois que me voir nager ferait bien rire un nageur. Parce qu’évidemment, je nage comme une surfeuse ! En tout cas, pour moi, c’est bénéfique. Plus je nage, plus j’ai confiance en moi quand les conditions sont difficiles. Nager comme une surfeuse, ça ressemble à quoi concrètement ? Disons que je n’allonge pas assez les bras, parce qu’on a tendance à reproduire le geste qui nous fait avancer quand on « rame » sur le surf. Mais, vous considérez-vous comme une bonne nageuse ? En termes de chronos ou de vitesse, je ne pense pas ! Mais, pour ce qui est de pouvoir se sortir de conditions difficiles, oui.
Double championne du monde junior en 2006 et 2009, la Française Pauline Ado, 21 ans, est aujourd’hui l’une des meilleures surfeuses de la planète. J’ai suivi les derniers Mondiaux à Shanghai. Ce qui me fascine, c’est le spectacle qu’offre ce sport : les angles sous l’eau, la vitesse, la glisse qu’on arrive à percevoir, c’est hyper beau à voir. (Ph. Pauline Ado) Revenir à la nage, ça vous est déjà arrivé en compétition ? Oui, par exemple au Brésil l’année de mon titre de championne du monde junior en 2006, mon leash avait cassé lors de la série juste avant la finale et j’ai perdu mon surf. Par chance, j’avais déjà entériné mes scores. Finalement, j’ai gagné. Lorsqu’on nage ce n’est jamais énorme mais avec les vagues, le vent ça n’a évidemment rien à voir avec de la natation en piscine. On ne respire pas du tout de la même façon ! Justement, vous faites quoi lors de vos entraînements en piscine ? Un peu de vitesse, de fractionné, parfois des exercices d’apnée. Ce sont des séances qui durent entre une heure et une heure et demie. Mais, l’essentiel de ce que je recherche en nageant, c’est la relaxation. Nager me vide la tête. Est-ce que vous travaillez la technique plus spécifiquement ? Un peu, mon préparateur physique YoannCaudal qui entraîne aussi le club de triathlon de Saint-Jean-de-Luz me donne quelques conseils, mais je recherche plus l’intérêt physiologique lorsque je nage. En tout cas, en crawl, puisque c’est ce que je pratique essentiellement, on a beaucoup plus la sensation de glisse qu’en surf. La technique, la glisse, c’est ce que vous regardez lorsque vous suivez la natation, si vous la suivez d’ailleurs… Si, si… Je suis les grands rendez-vous. Je suis amatrice de sport en général. J’ai d’ailleurs suivi les derniers Mondiaux à Shanghai (août 2011, Ndlr). Ce qui me fascine, c’est le spectacle qu’offre ce sport : les angles sous l’eau, la vitesse, la glisse qu’on arrive à percevoir, c’est hyper beau à voir. Dans ce « spectacle » y a-t-il des nageurs qui vous impressionnent plus particulièrement ? Pas forcément. De ce point de vue-là, je suis plus grand public, lorsque des Français signent des perfs, je suis derrière eux : Camille Lacourt, Jérémy Stravius, Hugues Duboscq, Alain Bernard… Et puis, lorsque j’étais plus jeune, j’étais assez admirative de Laure Manaudou. En fait, ce qui m’intéresse surtout, c’est la manière dont les nageurs se fixent des objectifs, ressentent la pression, le stress, le doute, leur façon de réagir par rapport aux adversaires. J’aime lire les interviews d’autres sportifs ou tout simplement les analyses des journalistes. Souvent, je m’y retrouve. C’est pour cela que j’aime lire les interviews d’autres sportifs ou tout simplement les analyses des journalistes. Souvent, je m’y retrouve. Vous venez de dire « j’étais assez admirative de Laure Manaudou », ce n’est plus le cas ? Non, je le suis toujours ! D’ailleurs, toutes les histoires qu’elle a eues avec la presse m’ont fait mal au cœur. Elle a été pas mal attaquée quand elle faisait des contre-performances et lorsqu’on est athlète, on sait qu’on a plutôt besoin de soutien dans ces cas-là. Pour elle, la médiatisation a été assez extrême et moi qui suis plutôt réservée, je crois que j’aurais eu du mal avec ça. Evidemment, ce sont des choses qui s’apprennent et il ne faut pas non plus cracher complètement dans la soupe. Le sport vit de sa médiatisation. C’est logique. Mais moi, j’aime ma vie plutôt normale, même si parfois j’aimerais davantage de reconnaissance pour le surf féminin. La reconnaissance, ce serait peut-être de voir le surf intégré au programme olympique (1), vous y croyez ? Ce serait un rêve d’être sélectionnée pour la France. Mais, c’est encore un peu compliqué, parce que c’est un sport à jugement qui dépend beaucoup des conditions climatiques. Peut-être que lorsque l’on saura enfin construire des piscines à vague dignes de ce nom... En attendant, le fait que les disciplines free-style aient intégré les JO d’hiver montrent que le surf a aussi sa place. C’est un sport fun, dans l’ère du temps. Ça viendra tôt ou tard…• Entretien réalisé par Frédéric Decock (1) La Fédération Internationale de Surf a postulé en 2011 pour entrer au programme des Jeux Olympiques de 2020 mais a été recalée. Natation Magazine | Mars 2012 | N°133 11



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