Natation Magazine n°132 février 2012
Natation Magazine n°132 février 2012
  • Prix facial : 5 €

  • Parution : n°132 de février 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Fédération Française de Natation

  • Format : (209 x 296) mm

  • Nombre de pages : 50

  • Taille du fichier PDF : 7,3 Mo

  • Dans ce numéro : Sara Labrousse et Chloé Willhelm, objectif Londres.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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36 « C’est le vélo ou moi » Au départ, c’est une histoire banale. L’histoire d’un type fada de cyclisme capable de vous citer tous les gagnants du Tour de France. L’histoire d’un type fou de Merckx, Anquetil et Hinault. Eric, la cinquantaine, habite la région bordelaise. Il est aide-soignant dans la vie. A priori, tout va bien pour lui. A priori seulement. Car l’homme est un sportif addict. Pour comprendre ce qui arrive à Eric, il faut revenir quelques années en arrière. Nous sommes au début des années 1970. Lorsqu’il termine sa journée de travail, Eric a pris l’habitude d’enfourcher son vélo et d’enfiler les kilomètres. Simplement parce que ça lui fait du bien. « Le vélo me sert d’antistress après une journée difficile. C’est un bon anxiolytique ». Problème, plus le temps passe, plus le vélo prend de la place dans sa vie. Il en fait six jours sur sept, 15 000 kilomètres par an, l’équivalent de cinq Tours de France… A l’époque déjà, « ma femme me disait que j’en faisais trop ». Mais il n’a jamais voulu écouter. Jusqu’à cet ultimatum : « Eric, c’est le vélo ou moi ! » Le couple finit par divorcer. Coup dur. Il rebondit, fait une nouvelle rencontre. « Cette fois, je savais que je devais faire des efforts pour que ça marche. Ça ne tenait qu’à moi ». Mais c’est plus fort que lui. Nouvel échec. Eric prend alors conscience qu’il a un problème. « De vous dire ça aujourd’hui, ça me fait encore du mal, vous savez. » Natation Magazine | Février 2012 | N°132 » > C’est sur le plan social que l’addiction au sport fait le plus de dégâts. Irritabilité, nervosité, vulnérabilité, impatience, problèmes de sommeil, violence, vitesse au volant, instabilité sentimentale. tient-il à préciser. Quand il reçoit un nouveau patient, il doit d’abord lui faire prendre conscience de son problème. C’est la première étape. « Sans prise de conscience, les soins sont impossibles. » • Silence et isolement Pour éviter d’en arriver là, les spécialistes en addictologie sont d’accord sur un point : il faudrait pouvoir dépister plus tôt les éventuels problèmes. Stéphane Prétagut : « En consultation, je rencontre parfois des gamins de treize ans. Ils sont doués dans leur discipline. Mais le problème, c’est qu’ils sont éloignés de tout. Leurs parents habitent à des centaines de kilomètres. Ils ont des entraînements tous les jours, des matches le week-end et des stages pendant les vacances scolaires ! Comment peut-on imaginer qu’ils se construisent normalement ? » Et c’est la même chose chez les sportifs de haut-niveau. « Ils sont trop isolés », regrette Sabine Afflelou, du CAPS de Bordeaux. « Beaucoup sont aux ordres de l’entraîneur. Ils sont prêts à tout pour conserver sa confiance. « Beaucoup sont aux ordres de l’entraîneur. Ils sont prêts à tout pour conserver sa confiance. C’est la compétition à tout prix ! Alors, quand ils souffrent, ils se taisent. (Sabine Afflelou) » C’est la compétition à tout prix ! Alors, quand ils souffrent, ils se taisent. Point final. Aller voir un psy est quelque chose d’impensable pour eux. » Bertrand Guérineau va encore plus loin. Ce médecin du service addictologie du CHU de Nantes tacle ce qu’il appelle « la concurrence à tout va ». En consultation, certains lâchent des mots terribles : « Je ne suis plus rien maintenant, vous savez ». Heureusement, Valérie ne connaîtra pas tout ça. Parce qu’elle a accepté de se faire soigner à temps. « J’ai reconnu que j’avais un problème ». La nageuse ne prend pas de médicaments, mais elle se rend une fois par mois au CAPS de Bordeaux pour « faire un point sur ma santé ». Elle se sent mieux aujourd’hui. Elle a repris des kilos. Elle continue de nager, « mais beaucoup moins qu’avant ». Elle dit aussi que sa vie aurait été « différente » sans ce problème de dépendance. Et conclut : « Heureusement que mon mari et mes enfants ont accepté de rester à mes côtés pour m’aider » • (Fotolia)



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