Natation Magazine n°132 février 2012
Natation Magazine n°132 février 2012
  • Prix facial : 5 €

  • Parution : n°132 de février 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Fédération Française de Natation

  • Format : (209 x 296) mm

  • Nombre de pages : 50

  • Taille du fichier PDF : 7,3 Mo

  • Dans ce numéro : Sara Labrousse et Chloé Willhelm, objectif Londres.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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28 Nat’course (Ph. D.R.) Natation Magazine | Février 2012 | N°132 (Ph. KMSP/Franck Faugere) PIETER VAN DEN HOOGENBAN : LE HOLLANDAIS VOLANT La natation mondiale aura connu un avant et un après VDH. Autant dire que le longiligne néerlandais au sourire sincère et envoûtant a marqué de son empreinte l’histoire de sa discipline. La légende du « Hollandais volant » débute lors de sa victoire sur le 100 m des Euro d’Istanbul en 1999. A seulement 21 ans, Pieter van den Hoogenband s’en va battre le Russe Popov, tsar du sprint invaincu en championnat jusqu’à ce rendez-vous turc. Si l’émergence de ce nageur dégingandé surprend, elle ne doit rien au hasard. VDH fait partie de cette école hollandaise, au même titre qu’Inge De Bruijn, qui s’entraîne excessivement. Son entraîneur, Jaco Verhaeven affirme à l’époque qu’il « travaille très dur en intensité, comme en qualité, sans doute plus que la moyenne ». Reste que le travail ne sert pas à grand-chose sans le talent, et Van Den Hoogenband en a à revendre. « Quand il était petit, il a par exemple suffi qu’on lui explique une fois le papillon et il a tout compris », a expliqué un jour son père. Mais plus que tout, VDH ne craint pas la pression. Le Batave sait qu’il n’aura jamais le palmarès de Popov, qu’il considère comme le nageur du siècle, qu’il peut rater des courses ou un record du monde, et surtout qu’il y a plus important que la natation dans la vie. Et c’est dans cet état d’esprit détendu qu’il débarque aux Jeux Olympiques de Sydney (septembre 2000). En Australie, il commence par s’adjuger l’or du 200 m nage libre, sa distance de prédilection, avant d’empocher le titre suprême du 100m, signant au passage un chrono historique de 47 » 84 en demi-finale. VDH est le premier sprinter à descendre sous les 48 secondes. « On espérait bien un record, mais plutôt en finale. Mais il est tellement facile. C’est difficile pour lui de nager plus doucement. Il ne peut tout simplement pas aller moins vite », commente son coach Jaco Verhaeven dans la foulée de ce temps historique. « Je suis en train d’entrer dans l’histoire, non ? » s’amuse de son côté VDH. « Faire le 100 mètres en 47 secondes, c’est extraordinaire. Je savais que je pouvais le faire. Je suis si heureux ». Van Den Hoogenband conservera son record pendant presque huit ans. Le 21 mars 2008, le Français Alain Bernard, équipé d’une combinaison en polyuréthane, s’en empare aux Euro d’Eindhoven, le bassin d’entraînement du Hollandais, en couvrant l’aller-retour en 47 » 60. Le symbole est d’autant plus fort que VDH avait prédit l’année précédente aux Mondiaux de Melbourne que ce « Frenchie » disposait de tout le talent nécessaire pour le détrôner au sommet de la hiérarchie mondiale.
INGE DE BRUIJN : L’EXPLOSION TARDIVE Difficile de s’arrêter sur la natation néerlandaise sans évoquer l’incontournable Inge De Bruijn. Mais avant d’exploser au sommet de la natation mondiale, la grande et musculeuse blonde a connu des années de doute et d’incertitude. Jusqu’en 1998, l’année de sa renaissance, Inge est une bonne nageuse, mais pas encore une star interplanétaire. Dauphine de Catherine Plewinski sur le 100 m papillon des Euro de 1991 et médaillée de bronze continental deux ans plus tard sur la même distance après des JO barcelonais anecdotiques, la Hollandaise stagne ensuite dans les 50 premières mondiales. Au milieu des années 90, de Bruijn se déclare fatiguée d’enchaîner les longueurs. « Je nage depuis que j’ai 7 ans », dit-elle alors à l’époque. « C’est devenu lassant ». Elle ira jusqu’à se faire exclure de l’équipe olympique néerlandaise en 1996 pour dilettantisme. Cette année-là, elle décide de rejoindre Paul Bergen aux Etats-Unis pour changer de méthode d’entraînement. Aux USA, Inge soulève de la fonte, court beaucoup, grimpe à la corde et fait des heures de musculation. Sa nage s’en ressent immédiatement : toute en force. La Néerlandaise n’a rien d’une puriste, en crawl surtout où, si elle a considérablement changé son style avec des bras très tendus, LONDRES 2012 Comme en 2008, aux Jeux de Pékin, les espoirs olympiques de la natation néerlandaise reposent principalement sur les sprinteuses de la délégation féminine. Aux championnats du monde de Shanghai, l’été dernier, les nageurs bataves sont restés muets tandis que leurs homologues féminins empochaient six médailles, dont l’or d’Inge Dekker sur 50 m papillon, celui du relais 4x100 m nage libre et le bronze de la jeune et prometteuse Sharon Van Roowendaal, qui avant de s’aligner sous les couleurs hollandaises nagea longuement en France. Depuis la retraite de Pieter van den Hoogenband, au lendemain des JO chinois, la relève masculine tarde à émerger. Les espoirs ne manquent pas, mais les résultats ne sont pas encore au rendez-vous. Dans six mois donc, à Londres, la pression reposera de nouveau sur les épaules d’un quatuor féminin composé d’Inge Dekker, de RanomiKromowidjojo (médaillée d’argent sur le 100 m des Mondiaux 2011), Marleen Veldhuis et Femke Heemskerk (photo)• ceux-ci continuent à cogner furieusement l’eau. Sa force, c’est son punch et ce retour incroyable qui lui permet de tout exploser en mai 2000 aux Euro anglais. A Sheffield et dans les semaines qui suivent, la sprinteuse étrille sept records du monde. Inévitablement, ses performances interpellent. Mais si elle a changé physiquement, Inge De Bruijn n’a rien d’un monstre comme certaines nageuses du passé (1m78 pour 60 kilos). De Bruijn épate de nouveau la natation mondiale aux JO de Sydney, en septembre 2000, où elle s’adjuge l’or olympique sur 50, 100 m libre et 100 m papillon. Elle est seule au monde ! En 2004, aux JO d’Athènes où elle s’aligne à presque 32 ans, elle conserve l’or du 50 m nage libre mais se contente de l’argent de l’épreuve reine et du bronze du 100 m papillon, son épreuve de prédilection. La reine se retire peu de temps après pour embrasser une brillante carrière de consultante à la télévision. Aujourd’hui, elle continue d’inspirer la jeune génération de sprinteuses bataves. 29 Natation Magazine | Février 2012 | N°132 (Ph. KMSP) (Ph. KMSP)



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