Natation Magazine n°132 février 2012
Natation Magazine n°132 février 2012
  • Prix facial : 5 €

  • Parution : n°132 de février 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Fédération Française de Natation

  • Format : (209 x 296) mm

  • Nombre de pages : 50

  • Taille du fichier PDF : 7,3 Mo

  • Dans ce numéro : Sara Labrousse et Chloé Willhelm, objectif Londres.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 10 - 11  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
10 11
10 « Natation Magazine | Février 2012 | N°132 RENCONTRE : charlotte consorti Les nageurs, on dirait des petits poissons Avant de survoler les flots sur votre kitesurf, vous avez d’abord été nageuse, racontez-nous ça… C’est le premier sport que j’ai pratiqué à l’âge de sept ans. Mon père voulait que je fasse du basket, mais j’étais encore un peu jeune, alors je me suis retrouvée à faire de la natation pendant deux ans, en faisant quelques compétions. C’était à l’USMA, à Saint-Ouen (région parisienne). J’en ai gardé de bons souvenirs, parce que j’ai toujours adoré l’eau. Après, » Après des débuts dans la natation et quelques années de basket, Charlotte Consorti s’épanouit aujourd’hui pleinement dans une discipline aquatique et aérienne : le kitesurf. Qui sait, Charlotte Consorti, 33 ans, aurait pu être une nageuse de haut niveau. Mais un papa qui l’a poussé sous les paniers de basket puis une soudaine envie de jouer les filles de l’air devant le spectacle de kitesurfs sur le littoral méditerranéen à l’époque de ses études de STAPS à Montpellier ont fait bifurquer son existence. Aujourd’hui, kitesurfeuse professionnelle, elle a établi, en octobre 2010 en Namibie, le record du monde féminin de vitesse (50,43 nœuds soit environ 93 km/h) dans une discipline émergente où il faut savoir piloter une planche de surf tractée par une aile (kite en anglais). Entretien. j’ai fait du basket et je n’ai refait de la natation que lorsque j’étais en STAPS à Montpellier. Avec ce « petit » passé, êtes-vous une bonne nageuse ? Disons que j’ai des restes et quelques bases aussi… Pour un kitesurfeur, c’est indispensable de savoir nager, non ? C’est conseillé ! On n’est jamais très loin du rivage, mais il arrive qu’on s’éloigne un peu au large pour trouver de l’espace lorsqu’il y a trop de monde. Ça vous est déjà arrivé de rentrer à la nage ? Oui, en tirant ma planche et mon kite ! Dans ces cas-là, on ressemble un peu aux étudiants des cours de STAPS avec leur mannequin sous le bras. Mais, je croise les doigts, je n’ai jamais eu à nager longtemps. Après, dans la pratique de tous les jours, quand je fais des figures, du free-style, je suis souvent à l’eau, donc il faut parfois nager quelques mètres si on a perdu sa planche ou le temps que l’aile puisse re-décoller. Entre le kite, sport fun, et la natation plus austère, il y a un gouffre ? Oui, mais même si le côté enfermé de la natation me gêne, je trouve que c’est un sport qui est beau à regarder. Les nageurs, on dirait des petits poissons lorsqu’ils nagent sans aucun remous…Et puis, je trouve que (Ph. Charlotte Consorti)
La natation est un des rares sports que je regarde à la télé. J’essaie d’observer la technique : les mouvements de bras, le moment où les nageurs sortent la tête de l’eau. la natation a quand même un côté fun, parce que ça se passe dans l’eau. Bien sûr, une piscine c’est toujours moins sympa que la mer des Caraïbes, un des plus beaux spots de kite. Vous connaissez des nageurs ? Pas personnellement. Mais, j’en suis quelques-uns pour des raisons bien précises. Alain Bernard, parce qu’on a le même sponsor (EAFIT) ou Amaury Leveaux, parce que je le suis sur Twitter. Comment se retrouve-t-on lorsqu’on fait du kitesurf à faire partie des « followers » d’Amaury Leveaux ? Sur Twitter, tout se fait en s’enchaînant. Vous suivez un sportif qui en suit d’autres et vous vous retrouvez parmi ses followers. C’est toujours intéressant d’avoir l’actu de sportifs, comme ça, en direct. Je dois bien suivre une cinquantaine de sportifs. Beaucoup sont de Montpellier d’ailleurs comme le handballeur William Accambray ou le rugbyman Fulgence Ouedraogo. Et, suivez-vous la natation de manière plus traditionnelle, bref devant la télé lors des grands évènements ? Si je tombe dessus, oui. La natation est un des rares sports que je regarde à la télé, parce que je l’ai pratiqué et je le pratique encore pour ma préparation physique. J’essaie d’observer la technique : les mouvements de bras, le moment où les nageurs sortent la tête de l’eau. Des petits détails. Avez-vous le souvenir d’un nageur qui vous aurait marqué lorsque vous faisiez de la compétition en natation ? Non… De toute façon, à l’époque où je nageais, au milieu des années 80, la natation n’avait pas fait son « coming-out », on n’en parlait presque pas dans les médias. Ce n’est que depuis quelques années que la natation est devenue ce sport qui méritait d’être enfin connu. Avec Laure Manaudou qui est une formidable ambassadrice de sa discipline. Et puis, maintenant, il y a Camille Lacourt qu’on ne peut que connaître parce qu’on en parle beaucoup ! Aujourd’hui, vous êtes kitesurfeuse professionnelle, c’est une vie qui ressemble à quoi ? C’est un mode de vie un peu spécial, je suis comme beaucoup de sportifs en perpétuel CDD. Régulièrement, on se demande si on va continuer. En ce moment, j’ai trois partenaires qui me soutiennent mais ce sont des contrats courts de un à trois ans… Donc, même si j’aimerais n’être qu’une athlète, il me faut gérer ma petite entreprise. Bon, l’avantage, c’est que je vis de ma passion. Même si ce n’est pas cher payé ! Reparlons un peu de compétition, que peut-on vous souhaiter pour 2012, un nouveau record de vitesse ? Oui, c’est l’objectif qui me fait avancer, c’est comme une drogue. Expliquez-nous une tentative de record, ça se passe comment ? En général, ça se passe sur une période d’un mois où on enchaîne les « runs », c’est-à-dire 500 mètres (Ph. Kolesky/Fone) d’un point A à un point B. Des juges et des instruments de mesure sont là pour établir la vitesse atteinte. Il faut de 40 à 50 nœuds de vent pour s’élancer. Je ne me fixe pas de limites, mais j’aimerais bien atteindre les 100 kilomètres à l’heure. On peut y arriver car le matériel peut encore beaucoup évoluer. Jusqu’où comptez-vous aller ? Je ne me fixe pas de limites, mais j’aimerais bien atteindre les 100 kilomètres à l’heure. On peut y arriver car le matériel peut encore beaucoup évoluer. Moi, j’ai établi mon record (93 km/h) avec une aile de série. Après, la limite, c’est le corps humain, il faut des abdos, des bras pour tenir l’aile, mais ce qui brûle assez vite, c’est la jambe arrière en appui sur la planche… Mais, bon les hommes l’ont bien fait, alors pourquoi pas moi ? • Entretien réalisé par Frédéric Decock Natation Magazine | Février 2012 | N°132 11 Après son record du monde de 2010 à 93 km/h, Charlotte Consorti vise désormais la barre mythique des 100 km/h.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :