N’TIC Magazine n°73 décembre 2012
N’TIC Magazine n°73 décembre 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°73 de décembre 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Med&Com

  • Format : (210 x 287) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 5,9 Mo

  • Dans ce numéro : 2012 une année de tic, ce qui ne sera plus jamais comme avant.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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actualités national 3G, e-commerce et paiement des impôts via le Net L’ALGÉRIE AU MILIEU DU GUÉ n’tic magazine - Décembre 2012 Kamel RAHMOUNI Les dernières promesses des autorités algériennes sont nombreuses : 3G (téléphonie mobile) pour le premier trimestre 2013, e-commerce, paiement des impôts via le Net, le chèque postal qui va bientôt disparaître grâce à un nouveau système d’information et de nouvelles infrastructures technologiques. Les observateurs du secteur restent un peu sceptiques. Ils ont l’impression de n’avoir face à eux que des promesses, rien de concret. L’Algérie n’avance pas. Ali Kahlane, président de l’AAFSI, ne fait pas dans la nuance : « D’importants retards ont été accusés dans le secteur, les nombreuses mesures initiées n’ont permis de rien amorcer dans le processus de modernisation et de développement des télécommunications dans le pays. Le haut débit s’est encore plus éloigné depuis le basculement vers la nouvelle technologie MSAN qui était supposée privilégier la fibre optique, un substitut au cuivre, conçu historiquement pour les besoins du téléphone et non pas pour Internet ». Il se veut très critique : « Depuis deux années, aucun des chantiers ouverts pour permettre au secteur de réunir les meilleures conditions d’accès de l’Algérie à l’ère de la société de l’information n’a atteint ne serait-ce que 5% de ses objectifs ». Il y a un problème de gouvernance. On a l’impression de faire du surplace et parfois, on revient en arrière. La décennie noire ne justifie pas tout. Algérie Télécom n’a installé que 15% des MSAN. Le contrat de performance Etat- Algérie Télécom devrait engendrer un impact direct sur l’emploi, la croissance, la productivité et la compétitivité, offrir des outils d’intégration économique et culturelle et améliorer l’attractivité du pays à l’international. Très peu de points ont été remplis. Le président de l’association des consommateurs, Mustapha Zebdi, a déclaré récemment à une émission de la chaîne 3 (radio nationale) : « nous avons des réclamations courantes au sujet de la connexion internet. Les tarifs individuels des connexions en Algérie représentent le 1/10 du salaire minimum. Par rapport aux pays voisins, même par rapport aux européens avec une qualité de connexion très élevée et meilleure, c’est le coût le plus élevé ». La presse dénonce périodiquement la cacophonie qui règne dans le domaine des TIC sans situer les responsabilités. L’argument qui consiste à dire, comme le fait le Ministre actuel des PTIC, que le retard du lancement de la 3G est dû à une certaine équité pour ne pas éliminer Djezzy est fallacieux. Les intérêts de Djezzy pourraient être sauvegardés en lui donnant par exemple la possibilité de se joindre aux opérateurs retenus, une fois son contentieux avec l’Algérie, réglé. Moussa Benhamadi a jugé « acceptable » l’accès à Internet offert aux Algériens (en janvier dernier devant les sénateurs). Il a rappelé les « efforts consentis » pour introduire le système d’accès au haut débit dès 2003. Selon les chiffres qu’il a présentés aux sénateurs, l’Algérie compte 2 millions d’abonnements individuels à Internet contre 50 000 en 2006. Ce chiffre donnerait un nombre d’« utilisateurs réels » de 10 millions à raison d’un accès unique pour une famille de cinq membres en moyenne, en plus des abonnements Internet pour les entreprises, soit près de 30% de la population si on ajoute les 1 500 espaces communautaires et les 2 500 cybercafés. Le compte est-il bon ? L’E-commerce reste un terrain à défricher, compte tenu du faible taux de possession de cartes de crédits et des pratiques commerciales basées sur la proximité. Une majeure partie des transactions s’effectue encore en argent liquide et le taux de bancarisation reste très faible, avec seulement une seule agence pour environ 25 000 habitants. Les Algériens préfèrent régler au comptant et rencontrer leur vendeur. Outre l’expérience du Touring Club Algérie, il y a lieu de signaler celle de Ouedkniss.com. La Direction Générale des Impôts (DGI) va mettre en oeuvre, 8
n’tic magazine - Décembre 2012 actualités national au cours du 1er semestre 2013, un système électronique de télédéclaration et de télépaiement des cotisations fiscales, en vue de moderniser sa gestion des impôts et taxes. Ce nouveau système sera d’abord appliqué aux gros contribuables, en particulier ceux relevant de la Direction des Grandes Entreprises (DGE) ou du Centre des impôts opérationnels et implantés dans diverses régions du pays. Ensuite et à moyen terme, l’application de la téléprocédure fiscale devrait s’étendre aux autres catégories de contribuables. Des déclarations qui ont suscité de vives réactions. La monétique passe par la fin du chèque rose Concernant Algérie Poste, son directeur général MohamedLaïd Mahloul a, par ailleurs, annoncé la suppression avant la fin de l’année du chèque de retrait - le « chèque rose » en vigueur dans les postes et qui ne sert que pour le retrait - et son remplacement par le chèque interbancaire qui, inscrit dans un système de compensation, permet de réaliser l’ensemble des transactions (le retrait, le virement et le paiement) en moins de trois jours. Le programme de modernisation d’Algérie Poste ne s’arrête pas là, puisqu’il est également question de l’installation, dès le premier trimestre de l’année prochaine, de 500 nouveaux distributeurs automatiques de billets, qui viendront s’ajouter aux 700 disséminés à travers le territoire national, de l’augmentation d’ici 2020 du nombre de bureaux de poste, pour les porter de 3 462 à 4 500 (soit trois par commune, contre deux actuellement), la formation des 30 000 employés aux nouvelles procédures et méthodes de travail, notamment pour réduire les délais d’attente. S’agit-il d’effets d’annonce politiques sans conséquence ? Ou, à l’inverse, quelles sont les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre de telles décisions ? De la réponse à ces questions dépendra sans doute, pour une large part, l’avenir technologique du pays. Internet, un droit citoyen ? de la croissance économique (2001-2004 et 2005-2009) avec un budget significatif réservé aux TIC, le secteur continue à faire du sur place. L’Algérien devient un bon consommateur mais un mauvais utilisateur des TIC. L’Algérie veut faire d’Internet « un droit citoyen ». C’est du moins ce que laisse croire Moussa Benhamadi, Ministre de la Poste et des Technologies de l’Information et de la Communication qui précise dans le même contexte que le citoyen réclame aujourd’hui « plus que l’eau, l’électricité et le gaz ». Pour le Ministre, « il est inadmissible que notre pays qui a engagé des moyens financiers et matériels importants pour la mise en place, la mise à niveau et le développement des infrastructures des télécoms puisse enregistrer des poches dans différents lieux en matière d’accès à l’Internet ». Cette déclaration sera-t-elle la énième non appliquée, non suivie d’effet ou au contraire une petite révolution ? C’est le diagnostic que fait le Ministre de la situation de son secteur. Cette annonce sonne comme un aveu d’échec. L’Algérie a un faible taux de pénétration de l’ADSL, circoncis au nord et dans les grandes villes du pays. Malgré les deux plans de soutien à la relance Cet état est du à l’absence de vision et d’efficacité dans la conduite des actions d’organisation, de privatisation et de partenariat. Ce n’est plus en nombre d’ordinateurs disponibles que l’on mesure les progrès mais par l’usage qui en est fait. Si, selon le Ministre, les citoyens « sont en droit d’exiger la disponibilité d’Internet et la qualité des services qui lui sont liés », il ne dit pas comment concrètement inverser la tendance. Avec un seul fournisseur public, sans concurrence, c’est tout à fait logique que les services fournis à la clientèle laissent à désirer. Le Ministre feint d’ignorer que la plupart des internautes souffrent cruellement de la très mauvaise qualité du réseau en débit et en disponibilité. Plusieurs foyers connectés subissent des coupures aux heures de pointes, c’est-à-dire entre 19h et 22h30 et parfois en dehors même de ces heures. Pourtant, l’accès à Internet n’est plus un luxe ou un prestige dans le monde. Kamel RAHMOUNI 9



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