N’TIC Magazine n°73 décembre 2012
N’TIC Magazine n°73 décembre 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°73 de décembre 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Med&Com

  • Format : (210 x 287) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 5,9 Mo

  • Dans ce numéro : 2012 une année de tic, ce qui ne sera plus jamais comme avant.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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it news n’tic magazine - Décembre 2012 Réseaux sociaux en Algérie LA TOILE INACHEVÉE DE TWITTER EN ALGÉRIE Kamel RAHMOUNI Twitter tente de tisser sa toile en Algérie. Moins célèbre que le facebook, ce réseau social a quand même ses adeptes et ses inconditionnels. La courbe d’adoption est en constante évolution. Il semble avoir passé l’effet de mode. Mais la progression reste très lente selon les spécialistes. Combien de membres renferme-til ? Pourquoi ce réseau ne décolle pas vraiment ? 3 000 tweetos en Algérie Le nombre d’Algériens possédant un compte Twitter jusqu’à fin octobre 2012 avoisine les 3 000 utilisateurs, selon les chiffres communiqués par « A world of tweets » (Un monde des tweets). L’Algérie est à la peu honorifique 136ème place parmi les 229 pays qui ont accès à ce réseau. Plus de 30% de ces comptes ne sont pas utilisés régulièrement. Aucun officiel algérien ne figure parmi ces rares utilisateurs bien que des hauts cadres de plusieurs ministères et autres institutions étatiques en possèdent mais ne les utilisent pas pour communiquer dans le cadre de l’exercice de leurs fonctions officielles. Les raisons qui justifient cette désaffection de Twitter sont multiples. Il y a en premier lieu son caractère pseudo-professionnel qui fait peur aux jeunes gens et son interface peu conviviale. Ensuite, il y a la limitation à 140 caractères qui oblige l’utilisateur à optimiser son message, à faire de la gymnastique pour réduire le nombre de caractères sans être capable de poster directement des messages audio-visuels. Il donne l’impression d’être ouvert aux quatre vents avec très peu de maîtrise sur la confidentialité des informations. L’introduction de la langue arabe dans le système Twitter s’est faite en mars 2012. Elle a permis à plusieurs pays arabes, tels que l’Arabie Saoudite et l’Egypte, d’être en tête des pays arabes et de voir figurer Ryad par exemple comme la dixième ville la plus active dans les échanges diplomatiques à travers Twitter, contrairement à l’Algérie qui reste à la marge pour ne pas dire sur la touche. « Il est de tradition, dans notre pays, que le droit de réserve est la règle et non l’exception dans l’institutionnel. Nous remarquons que cette réticence officielle ou abstention maladive à communiquer et à échanger est déjà de mise dans toutes les administrations. Il n’y a qu’à visiter les sites web dont le contenu le plus mis à jour sont les CV de ministres et le compte rendu de leurs visites dans les wilayas. Toutes les autres informations, pourtant les plus utiles aux citoyens et au développement du pays, passent à la trappe », ironise Ali Kahlane, président de l’AAFSI. Dans un classement sommaire, les médias écrits prédominent, suivis par plusieurs journalistes et des blogueurs. De plus en plus d’artistes se servent aussi de Twitter pour rentrer en contact avec leurs publics. Leur but est la construction de leur image numérique, voire soigner leur réputation en ligne. On constate à travers ce survol que si en Algérie, l’utilisation de Facebook est acquise, celle de Twitter est encore à ses débuts. Facebook, à l’inverse de Twitter, reste un réseau social à fort contenu multimédia, interactif grâce au tchat et favorable aux rencontres virtuelles pouvant aboutir à des rencontres réelles. « Sur Twitter, le partage reste actuel mais éphémère alors que sur Facebook, il est question d’un journal intime que les internautes peuvent partager entre eux », explique un analyste. Twitter est plus un site de micro-blogging pour intellectuels qu’un espace d’échanges grand public. Sans Twitter, le reste du monde n’aurait jamais été aussi bien informé sur les révolutions. Il serait réducteur de cibler Twitter ou Facebook comme les déclencheurs du printemps arabe. Par contre, ces deux plateformes, particulièrement Twitter, ont permis au monde entier et aux manifestants euxmêmes de partager les petits et grands événements d’une révolution qui a été écrite en lettres d’or dans l’histoire. En Algérie, on est encore loin de cette révolution. Un dernier facteur peut expliquer le retard : le taux de pénétration d’Internet reste faible et surtout le haut débit. Si la 3G passe du stade de projet gouvernemental virtuel à un produit commercialisable sur le marché, l’adoption de Twitter pourra s’accélérer. Car dans ce cas précis, le débit étant plus fort, les Algériens seront plus tentés d’échanger via ce réseau social. L’Algérie est au début du processus. Le chemin reste encore long pour accéder à la « société de l’information et du savoir ». 14
n’tic magazine - Décembre 2012 it news Une nouvelle race de cyber-activisme LES JUSTICIERS MASQUÉS DU WEB Kamel RAHMOUNI Depuis un certain temps, un groupe joue les justiciers sur le Net : les Anonymous. Mais qui sont-ils ? Ont-ils la prétention de changer le monde ? N’tic Magazine a voulu en savoir plus. Pas d’organisation formelle, pas de hiérarchie, pas de porte-parole officiel : les Anonymous sont davantage un collectif qu’un groupe aux contours connus. Se revendiquer Anonymous passe toutefois plus par l’action que par la parole, en participant par exemple à une attaque groupée contre une cible choisie à l’avance. Sur le Net, le moyen de communication principal est l’IRC (Internet Relay Chat), une sorte de messagerie instantanée à laquelle on peut se connecter sans laisser de trace. C’est là que s’engagent les discussions, là que se décide, toujours par vote, la nature des attaques à mener. Leur arme de prédilection est l’attaque par déni de service (ou DDOS), qui consiste à submerger un site internet de requêtes de connexions pour le saturer. Sauf exception, les Anonymous n’agissent pas, mais réagissent. À quoi ? Aux attaques contre la liberté, et en particulier la liberté d’expression ou la liberté de la presse. « Les Anonymous revendiquent plusieurs règles, dont la plus évidente : l’anonymat. Tous discutent sous pseudonyme sur les canaux IRC, une interface de dialogue qui a connu son heure de gloire il y a plusieurs années », relève radio-canada. ca. Le site fait remarquer qu’ils se jouent des frontières et se moquent aussi des autorités. Ils sont devenus l’incarnation de « l’hacktivisme », concept qui mélange le militantisme (« activism » en anglais) et le piratage (« hacking »). « Anonymous agit pour être médiatisé » Nicolas Danet, co-auteur avec Frédéric Bardeau de « Anonymous : peuvent-ils changer le monde », a souligné que : « Anonymous agit pour être médiatisé. Ils veulent attirer l’attention du public. Ils sont moins des hackers traditionnels - uniquement intéressés par l’exploit informatique - que des militants intéressés par la répercussion médiatique ». Ainsi, ils veulent donner à leurs actions un fort impact médiatique pour dénoncer les injustices et la loi du plus fort, des puissants de ce monde qui agissent souvent avec arrogance et brutalité pour asseoir leur suprématie. Dans ce livre, il a été démontré que ce nom intrigue, dérange ou fascine. Il fait trembler les puissants, les autorités, les mafias, les grandes entreprises, les institutions et même les États. Puisant ses racines au plus profond de la culture internet, dans cette cyberculture qui a nourri les hackers et développé des valeurs humanistes propres au numérique, ce nouvel activisme pourrait redéfinir les contours de la lutte sociale. Mais ont-ils une chance de changer le monde ? L’heure de gloire de l’OpIsrael a, en fait, eu lieu le 21 novembre dernier lorsque le compte Twitter et la page Facebook de Silvan Shalom, vice-Premier ministre israélien, ont été piratés. En pleine guerre des mots et des images de Gaza, les Anonymous ont décidé de leur apporter un soutien de poids. Des menaces que certains hackers n’ont pas hésité à mettre à exécution. Ainsi, ce sont près de 700 sites web israéliens, parmi lesquels celui de la présidence ou des forces armées, qui ont fait les frais de la colère des Anonymous. Des sites dont les pages d’accueil ont été remplacées par des messages acquis à la cause palestinienne. Prochaine action prévue : inonder les boîtes mails de hauts responsables du pays de courriels dénonçant le conflit et les conditions dans lesquelles sont obligés de vivre les habitants des territoires occupés. Cette petite enquête nous a aussi permis de comprendre que ce phénomène dépasse largement les activités du geek et du hacker. C’est en réalité, selon l’analyse qu’on peut faire, une forme de lutte pour faire face aux problèmes de l’injustice, comme en Palestine et dans le système mondial. Les Anonymous veulent par ces actions contribuer à faire reculer la désinformation et desserrer l’étau subit par la population. Ils ont un côté défenseurs des opprimés sur le Web. « Pendant trop longtemps, les Anonymous se sont contentés comme le reste du monde de regarder avec désespoir le traitement barbare, brutal et méprisable du peuple palestinien par l’armée israélienne. Mais quand le gouvernement israélien a menacé publiquement de couper Internet et toutes les autres télécommunications entrant ou sortant de Gaza, ils ont franchi une ligne », ont déclaré les Anonymous dans un communiqué. Il faut prendre en compte qu’Anonymous a créé un véritable contre-pouvoir, accessible à n’importe qui via l’anonymat. Ce contre-pouvoir est donc très mouvant, ce qui pose problème aux autorités : on ne sait pas qui il y a derrière, on ne peut pas négocier avec eux, et ça se passe sur Internet, un espace où les gouvernements ne sont pas très à l’aise. Signalons enfin que les Anonymous ont déjà participé à des évènements politiques lors du « printemps arabe » afin d’aider les peuples de Tunisie, d’Egypte et de Libye. 15



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