N’TIC Magazine n°152 fév/mar 2020
N’TIC Magazine n°152 fév/mar 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°152 de fév/mar 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Med&Com

  • Format : (212 x 291) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 5,6 Mo

  • Dans ce numéro : coronavirus, les nouvelles technologies pour faire face à la pandémie.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ENTRETIEN DU MOIS N’TIC Magazine  : On parle beaucoup de cette notion qu’on a du mal à cerner convenablement  : l’économie numérique. En des termes simples, de quoi s’agit-il exactement ? Djaoued Salim Allal : L’économie numérique, c’est tout ce qui s’est fait dans une économie normale et qui se fait dans le monde virtuel et sur le net. Un journal physique devient un e-journal, un commerce devient un e-commerce… Les transactions sur les plateformes numériques sont plus rapides, plus transparentes et on n’a pas besoin de se transporter ou de se déplacer pour les effectuer. Cela, c’est bien entendu le principe de base. En d’autres termes, l’économie numérique, c’est une transformation et une numérisation des métiers traditionnels. Elle est basée sur des fondations qui sont les infrastructures numériques sans lesquelles on ne peut pas construire une économie de ce genre. L’on parle de tout ce Datacenter, réseaux, internet, interconnexions… On appelle cela la communication de bout en bout à travers le net. Et au milieu, il y a bien sûr des acteurs qui font partie de cette économie et qui – aussi – la font. Ils construisent des plateformes, développent des logiciels, font de la cybersécurité… Infrastructures et acteurs constituent bien évidement la filière de l’économie numérique que l’État algérien n’a malheureusement que trop négligée. Il (l’État) n’a ni pu ni su construire cette filière. Du coup, si demain on veut faire une transformation numérique du pays, 16 N’TIC Magazine Fév/Mar 2020 DJAOUED SALIM ALLAL VICE-PRÉSIDENT DU FORUM « Il faut absolument laisser le privé investir sur les idées » Économie numérique, économie du savoir ou de la connaissance, startup, incubateur… autant de vocables qui reviennent dans le discours de certains membres du Gouvernement. D’ailleurs, de cette « économie », la nouvelle équipe gouvernementale fera l’un des trois grands axes de son plan d’action. Qu’en est-il exactement ? Le vice-président du FCE, M. Djaoued Salim Allal, a bien voulu répondre aux questions de N’TIC Magazine. Des définitions, des éclairages, des critiques, des recommandations et – pour mieux cerner un sujet vague et d’une actualité brûlante – un peu d’histoire n’a pu que s’imposer. Par Lamia FEKHART on sera confronté à de sérieuses difficultés. Et si on n’organise pas cette filière autour de tous les métiers du numérique, on n’aura pas cette chance de voir émerger des champions qui sont d’une importance capitale. Non seulement ce sont eux qui vont porter les technologies du savoir, mais ça sera à eux de recruter les techniciens et les ingénieurs qui sortent de nos écoles et de nos universités. Et sans lesdits champions, toute cette matière grise quittera le pays, car le monde entier en est demandeur. Donc créer la filière numérique et des champions du numérique, c’est aussi faire l’ancrage des talents en Algérie. N’oublions pas aussi que l’ingénieur d’aujourd’hui est le cybergendarme de demain. C’est dire qu’il y va aussi de notre souveraineté. N’TIC Magazine  : E-commerce, e-presse, e-paiement… Un projet grandiose allait englober tout cela  : e-Algérie. L’on sait aujourd’hui que c’est tombé à l’eau. Pourquoi à votre avis ? Djaoued Salim Allal : L’e-Algérie était un projet ambitieux décidé en 2009. Le but était la numérisation totale de l’Algérie dans une période de 4 à 5 ans, et ce, à travers la pénétration internet dans tous les foyers, la création des plateformes, des Datacenter ainsi que d’autres acteurs à même de créer l’écosystème adéquat. Mais, au vu de certains changements sur lesquels il serait inutile de s’étaler, la stratégie de la numérisation a également changé. Celle-ci a été
ENTRETIEN DU MOIS N’TIC Magazine Fév/Mar 2020 I confiée principalement à des entreprises publiques, à savoir les opérateurs qui dépendaient du ministère de la Poste et des Technologies de l’Information et de la Communication. Le programme e-Algérie, je le redis encore, était très ambitieux. Il visait non seulement de réduire la facture numérique et réaliser de la croissance, mais aussi à faire émerger des pôles d’excellence. On aurait aimé si cette initiative avait abouti et avait permis l’émergence de champions du numérique, mais, malheureusement, le constat est là  : il y a des choses qui ont été faites et d’autres qui ne l’ont pas été. En tant que professionnel du numérique, j’estime qu’on a été marginalisé de cette politique et qu’on n’ait pas suffisamment investit sur nous, ni construit autour de nous. N’TIC Magazine  : Autre notion qui revient à chaque fois et dont le Gouvernement fait un cheval de bataille  : l’économie du savoir ou de la connaissance… Djaoued Salim Allal : En fait, le support principal de l’économie du savoir c’est le numérique. Il est aussi à noter que la transversalité de cette économie permet d’attaquer et d’optimiser beaucoup les secteurs, si ce n’est pas tous les secteurs. L’économie du savoir favorise le savoir-faire au détriment de l’économie traditionnelle basée sur le « matériel ». En d’autres termes, l’économie du savoir est une économie fondée sur l’immatériel qui, lui, a pour base l’élément humain. Aujourd’hui, les ressources et les intelligences humaines dont dispose l’Algérie sont énormes. Ce sont des ressources inépuisables et infinies, qui peuvent se multiplier sans cesse. Autant donc les utiliser à bon escient. N’TIC Magazine  : N’est-ce pas que, sur le terrain, on est loin de cet idéal ? Djaoued Salim Allal : C’est parce qu’on a négligé un certain nombre de préalables d’une économie de ce genre. On a favorisé une économie ayant pour base la rente, et non pas l’intelligence. On a produit pour maintenir certains équilibres précaires et on a fait fuir toute forme de créativité. Je crois que, présentement, on se rend compte de cette erreur, puisque il y a une volonté de favoriser l’intelligence d’une manière permanente. On ne peut, en guise d’exemple, que se réjouir de la création du ministère des Micro-entreprises, des Startups et de l’Économie du savoir. Cela permet un peu de voir quelle importance donne le Gouvernement et le président de la République à cette économie, ainsi que d’avoir une meilleure idée quant à la feuille de route tracée. Il y a une vraie prise de conscience, à condition bien sûr que tout cela soit fait avec les opérateurs économiques, car ce sont eux qui « incubent » et qui vont transformer ces idées en réalités économiques, donc en une réelle croissance. N’TIC Magazine  : Dans la foulée, on parle aussi des startups qu’on a du mal à distinguer des autres entités économiques  : TPE, PME, PMI… Y a-t-il un moyen de le faire sans trop d’ambigüité ? Djaoued Salim Allal : Une startup, aujourd’hui, est définie sur la base de quatre critères. D’abord, il faut que ça soit une idée innovante. Mais il faut bien faire attention  : il n’est pas obligatoire que ça soit une nouvelle invention. Elle peut être importée et adaptée à un domaine précis. En deuxième lieu, une startup n’a 17



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