N’TIC Magazine n°151 janvier 2020
N’TIC Magazine n°151 janvier 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°151 de janvier 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Med&Com

  • Format : (210 x 287) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 3,9 Mo

  • Dans ce numéro : startups, tout roulera pour le mieux en 2020 ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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EVENT producteurs et exclu les importateurs des produits finis ». « Un paradoxe ! », s’est écrié l’organisation patronale qui, de fil en aiguille, finira par soupçonner les autorités de préférer l’importation des produits finis à la production locale. Mais la réponse du nouveau ministre de l’Industrie et des Mines, Ferhat Ait Ali Braham, sera des plus inattendues, du moins pour ceux qui sont dans la logique de « sauver le soldat-employé peu importe le nombre de chars et d’avions à sacrifier ». « J’ai vu la liste récemment. On a quelque 108 entreprises de montage qui se font appelés «de production» », a-til déclaré. En fait, la réponse du ministre, qui était l’invité du forum El Moudjahid, sera, le moins que l’on puisse dire, cinglante. « Y a-t-il un pays au monde qui a 108 marques entre locales et étrangères dans le domaine de l’électroménager et de l’électronique ? », se demandera-t-il ironique. Mais ce qu’il le reprochera vertement à ces « entreprises », c’est un taux d’intégration dérisoire  : 5% dans les meilleurs des cas. Pourtant – tenez-vous bien ! – il y en a celles qui sont là depuis 2001 ! « Si c’est pour insérer des cartes auxiliaires dans des cartes mères, je crois que n’importe qui peut le faire », dira Ferhat Ait Ali qui déplore le fait que, faute de moyens techniques et humains, l’évaluation de ces entreprises se fait d’une façon déclarative, ce qui veut dire que c’est l’entreprise elle-même qui s’auto-évalue avant d’envoyer la fiche aux services concernés. Pire encore, il y a des entreprises qui ne disposent même pas de ladite « fiche d’évaluation ». AVANTAGES DOUANIERS ET « ESCROQUERIE » « On est arrivé, déplore encore le ministre, à une situation où des marques n’ont qu’un petit hangar ou une petite villa avec un logo ! ». Mais là n’est pas le problème. « Elles peuvent continuer à exister, mais sans les avantages douaniers et fiscaux », dira Ferhat Ait Ali qui semble déterminé à en finir avec une importation déguisée qui pompe l’argent public. Le pire ? Ce n’est pas en dinars, mais en devises ! « Dans les faits, beaucoup ne sont que des importateurs », dira le ministre qui s’est donné à une longue explication de ce qu’il a appelé, sans détour, « une escroquerie »  : « Les exonérations douanières en tous genres avec les subventions publiques pour certains produits sont la principale source d’alimentation du marché parallèle de la devise. Ce sont – aussi – la principale source d’alimentation N’TIC Magazine Jan/Fév 2020 d’infraction de change dénommée surfacturation. Il y a des entreprises qui ne paient aucune charge, qui ne paient aucun emploi qualifié, et même celui-là (l’emploi) est soutenu par l’État », explique-t-il. Et d’ajouter  : « L’Algérie ne gagne rien. Non seulement elle perd en fiscalité, mais elle fait aspirer ses réserves de change vers l’extérieur ». Verra-t-on donc des « entreprises » disparaître ? « Si elles payent correctement les droits de douane, le problème en se posera pas », répond le ministre pour qui la priorité est de fermer ce « robinet » qui assèche les réserves en devises. CHANTAGE ET TROMPERIE Et les emplois donc ? Ces milliers d’emplois qu’on a perdus, qu’on perd et qu’on perdra encore. Car le FCE, à qui nombre de ces « entreprises » sont affilées, sait jouer sur cette fibre qui est pourtant de gauche. « Plus de 20% des employés de la filière ont été mis au chômage, et ce taux est appelé à augmenter dans le cas où des mesures urgentes ne sont pas prises par les pouvoirs publics, au moins, pour stopper la dégradation de la situation, en attendant de redynamiser le secteur productif dans le cadre d’un plan de redressement économique ambitieux et réaliste », a, en effet, écrit cette organisation. Ça devrait être la limite, les emplois ! La ligne à ne pas franchir ! Mais Ferhat Ait Ali, très à l’aise aussi bien dans les chiffres que les argumentations d’ordre idéologico-politique, ne se laisse pas intimider. « Les industries ne sont pas faites seulement pour créer de l’emploi. C’est là une gigantesque tromperie ! Elles sont faites pour créer de la valeur ajoutée », dit-il avant d’ajouter qu’il préfèrerait « donner 30 000 Da à un Algérien à ne rien faire que de donner 3 millions de DA à un soi-disant investisseur qui, lui, ne donnera que 30 000 DA à ce même Algérien ». « Laisse-moi transférer l’argent à l’étranger pour que je garde les emplois ! », ironise le ministre le l’Industrie qui parlera d’un « chantage » auquel il n’est plus question de céder. « Ces employés, dira-t-il encore, je préfère les prendre en charge par une caisse de chômage ou leur offrir des indemnités faramineuses ». Avec une vision comme celle-ci, c’est, on ne peut mieux, un sale temps pour la filière ! Par Lamia Fekhart 13



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