N’TIC Magazine n°150 nov/déc 2019
N’TIC Magazine n°150 nov/déc 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°150 de nov/déc 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Med&Com

  • Format : (212 x 291) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 4 Mo

  • Dans ce numéro : publicité digitale, otage des GAFA ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ENTRETIEN DU MOIS N’TIC Magazine  : Que pensez-vous des récentes mesures de la loi de finances 2020 dédiées au secteur TIC ? Ali Kahlane  : Avec 75% d’Algériens de moins de 35 ans, il était grand temps que l’Etat les intègre d’une manière sérieuse et non plus à titre symbolique et généreusement populiste comme cela a été le cas par le passé. L’un des plus grands obstacles que rencontrent les jeunes dans leur initiative entrepreneuriale, qu’elle soit de type PME/PMI, jeune pousse ou startup, demeure l’accès au financement. Il est notoirement connu que la startup se trouve exclue du financement bancaire, car elle est considérée comme une entreprise à très haut risque. Cela est grandement compliqué par les dysfonctionnements observés depuis des décennies dans notre système financier. Ces derniers sont tellement ancrés dans les pratiques bancaires algériennes que même les banques multinationales, installées dans notre pays s’en trouvent contaminées et souvent amenées à « mimétiser » leurs consœurs publiques, pour éviter de passer sous les fourches caudines de la Banque d’Algérie et préserver ainsi leur licence d’exercer. Tout cela se fait dans une ambiance de suspicion, d’approximation, d’opacité et d’instabilité réglementaire et juridique. 16 N’TIC Magazine Nov/Déc 2019 ALI KAHLANE Consultant en transformation et maturation numérique « Les banques devraient innover et élargir leurs offres aux les startups » Ali Kahlane est consultant en transformation et maturation numérique. Dans cet entretien, il revient sur l’accès des startups aux financements et l’importance pour les banques de la place d’opérer leur transformation pour accompagner l’économie numérique naissante. Par Massyle AIT ALI C’est ainsi, sans crier gare que la règle d’hier s’en trouve modifiée, amendée ou pire encore abrogée par la circulaire d’aujourd’hui. Celle-ci peut provenir de la Banque d’Algérie elle-même ou d’une association corporative qui, bizarrement, a force de loi. Nous avons comme exemple, la récente disposition concernant l’alimentation des comptes devises, diffusée par l’Association des Banques et des Etablissements Financiers (ABEF), elle a été immédiatement appliquée par toutes les banques qui l’ont reçue. Cette instruction interdisait les dépôts en espèces de plus de 1000 euros ou équivalents devises qui n’auraient pas de justificatifs d’origine. La cacophonie que cela avait créée juste après, a poussé la Banque d’Algérie à intervenir pour y surseoir. Le résultat a été de rajouter une couche à la confusion en se perdant dans des précisions et explications. Cela, en définitive n’a fait que confirmer l’esprit de la première directive ; plusieurs banques continuent à ce jour, de refuser les dépôts dans les comptes devises s’ils ne sont pas justifiés. C’est dire que ces pratiques ont atteint un tel niveau qu’il ne s’agit plus de corriger uniquement ici et là, mais bien de redévelopper, dans une large proportion, le cadre et les modes de fonctionnement du système financier et de son secteur bancaire dans son ensemble.
ENTRETIEN DU MOIS N’TIC Magazine Nov/Déc 2019 N’TIC Magazine  : Mais le secteur bancaire patauge depuis des années dans de nombreuses difficultés… Ali Kahlane  : Il est vrai que les banques algériennes sont aux prises avec de multiples difficultés pour exercer leur métier. Elles passent le plus clair de leur temps à gérer les anomalies générées par une gouvernance dogmatique et tatillonne à l’excès. L’un des résultats immédiats est une faiblesse de l’intermédiation bancaire à tous les niveaux du système bancaire. Notre pays dispose de six banques publiques et 14 banques privées étrangères. Avec près de 1.500 agences soit 1 pour 30.000 habitants et un réseau CCP qui comporte 3.600 agences. Ces dernières sont des caisses de paiements des salaires des fonctionnaires et de leurs retraites. La Loi 2000- 03 d’août 2000 avait prévu leur transformation progressive en agence postale bancaire. Une déclaration de la Ministre de la Poste, des Télécommunications et des Technologies du STARTUP FUNDING r 1 ait control Numérique en juin 2018, prévoyait les premières agences postales « pour courant 2019 ». Par rapport à nos voisins, nous avons sur ce plan quelques 15 ans de retard. La Tunisie a 1.800 agences soit 1 pour 6154 habitants, le Maroc a 6500 agences soit 1 par 5.500 habitants. Enfin, il n’existe aucune banque privée algérienne alors qu’au Maroc 66% du marché est détenu par le capital privé marocain. Nous remarquons que la part très importante du secteur public dans le financement de l’investissement et de l’accès au financement en général, notamment en crédits long terme entraîne un déséquilibre important des bilans des banques publiques. L’absence relative des banques privées dans ce segment de marché exacerbe encore plus l’incohérence économique du secteur. Quand le crédit existe il n’est pratiquement jamais dirigé vers les PME/PMI ou les startups car nos banques et les publiques en particulier ont une très mauvaise connaissance du monde de l’entreprise et de ses contraintes, surtout si les entreprises sont privées. A 17



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