N’TIC Magazine n°149 octobre 2019
N’TIC Magazine n°149 octobre 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°149 de octobre 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Med&Com

  • Format : (207 x 297) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 5,6 Mo

  • Dans ce numéro : le casse-tête des fake news.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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DOSSIER Face à cette déferlante de fausses informations, les médias « traditionnels » ont un rôle essentiel à jouer. Les professionnels des médias sont censés observer une certaine éthique et une déontologie dont le b.a.-ba est de vérifier et recouper les sources d’information. Mais cela arrive que de grands médias soient pris en flagrant délit de mensonge, de désinformation, de propagande éhontée ou d’approximation. « L’exigence de rapidité imposée aux médias par les nouveaux moyens de diffusion et les contextes poussent ces derniers à commettre des impairs. La vérification des sources est une des prérogatives de la presse. Cependant, dans la précipitation plusieurs d’entre eux ont été amenés à relayer des fake news », explique l’éditeur du logiciel de veille des médias en ligne Visibrain dans un guide sur les fake news. Certains médias auxquels on reconnait la qualité de sérieux sont tombés dans la désinformation, au mieux par paresse, au pire par intérêt. On se souvient de la reprise de canulars du célèbre journal parodique El Menchar par de grands médias étrangers ou la promotion par une chaîne TV algérienne d’un complément alimentaire présenté comme un remède miracle contre le diabète. Or, pour lutter contre les fake news, les journalistes professionnels doivent être en premières lignes en s’imposant « une plus grande vigilance sur le contrôle de leurs sources afin 22 N’TIC Magazine Oct/Nov 2019 d’éviter la propagation d’informations non vérifiées ». LES JOURNALISTES EN PREMIÈRES LIGNES Comment les journalistes doivent-ils s’y prendre avec ces fake news pour ne pas tomber dans le panneau ? « Difficile de donner une recette magique. La mienne est d’être constamment frileux sur les informations à polémiques, même quand il s’agit de mes «adversaires» », répond tout de go Mehdi Mohamedqui s’emploie chaque jour à « débusquer » les fake news sur son profil Facebook. Et d’expliquer  : « Je vérifie quasi systématiquement, notamment les images et les vidéos. Mais surtout lorsqu’il s’agit de sujets polémiques ou lorsque je vois qu’une publication est beaucoup partagée, je me dis à chaque fois qu’il se pourrait qu’il y ait une stratégie derrière la publication de tel ou tel sujet. Je compare les publications sur les mêmes sujets. Il y a, pour les photos, plusieurs outils de recherche gratuits, pour voir si une même image n’a pas été déjà utilisée pour différents thèmes, comme Who Stole My Pictures, installable sur le browser et Fake Vidéo News Debunker by InVID pour les vidéos ». En observateur averti, notre interlocuteur pense qu’il y a même des pages spécialisées dans les fake news qui ont émergé pendant le Hirak. Appelées
DOSSIER N’TIC Magazine Oct/Nov 2019 communément « Mouches électroniques », de l’Arabe « Dhoubab Electroni », elles sont créées sciemment pour casser la dynamique du Hirak. Elles se déclinent aussi en « profils le souvent anonymes qui écument les réseaux sociaux notamment Facebook et Twitter qui distillent des posts subversifs qui ciblent les activistes politiques et les personnalités qui symbolisent le Hirak », affirme Nassim Rehali, Spécialiste Social Médias qui suit de près ce phénomène. DES FAKE NEWS TENACES Mais les fake news n’est l’apanage de ces « Mouches électroniques ». « Quelques pages positionnées pro-Hirak s’adonnent aussi à cet exercice notamment en partageant d’anciennes photos du début du mouvement pour les faire passer pour récentes ou carrément en retouchant des photos dans le but évident d’amplifier ou de manipuler les faits », nuance notre interlocuteur. Il arrive aussi que des personnalités influentes sur les réseaux sociaux soient sources de fake news volontairement ou involontairement. Lorsque l’on sait que ces « influenceurs » sont suivis par des millions de personnes, on imagine bien l’impact que cela pourrait représenter. Surtout que les fake news sont très tenaces. Selon une étude menée en 2018 par Sinan Aral, économiste et expert du « marketing viral » au Massachusetts Institute of Technology (MIT), non seulement les fausses informations se propagent environ six fois plus rapidement que les vraies, mais circulent aussi pendant des durées plus longues. Autre fait relevé par l’étude, les fausses informations sur les réseaux sociaux « engendrent des cascades pouvant impliquer jusqu’à 100 000 individus, tandis que les vraies peinent à dépasser les 1000 personnes ». Pour endiguer le phénomène, des personnes s’emploient chaque jour à distinguer le vrai du faux dans la jungle informationnelle que sont devenus les réseaux sociaux. Quelques médias en ligne algériens s’essayent au fact-checking, comme le fait l’AFP via son site AFPfactuel pour des faits se passant en Algérie. Toutefois, la palme d’or revient à la page Fake News DZ dont la mission principale est d’identifier les fake news et rétablir les faits (lire entretien ci-contre). 23



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