N’TIC Magazine n°140 novembre 2018
N’TIC Magazine n°140 novembre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°140 de novembre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Med&Com

  • Format : (210 x 287) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 2,8 Mo

  • Dans ce numéro : le cloud computing, encore du chemin à faire en Algérie...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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DOSSIER expert en TIC et Président de l’Association des Opérateurs Télécoms Alternatifs (AOTA) fustige cette procédure bureaucratique qui consiste « à fournir un dossier papier alors que le secteur de l’économie numérique devrait être l’exemple de la numérisation, de la transformation digitale et la tendance du zéro papier. De plus, « cette autorisation demande 11 étapes auxquelles il faut rajouter une autre procédure pour l’importation et l’utilisation des équipements sensibles avec autant d’étapes », a-t-il énuméré. Il estime par ailleurs que ce cahier des charges omet grossièrement une autre infrastructure du cloud. Il s’agit, selon lui, du « CaaS » (Communication as a Service), « qui fonctionne pourtant depuis une décennie en Algérie ». Il n’existe qu’un seul fournisseur de services cloud aux normes internationales qui est ISSAL. Il fournit une plateforme PaaS pour une messagerie hébergée en Algérie couplée à un autre service du cloud, le Communication as a Service ». Cette infrastructure « regroupe deux dimensions. La première concerne la Communication ; ce sont tous les services qui peuvent être mis à la disposition des particuliers ou des employés d’une entreprise en mode collaboratif. Ils utilisent les moyens classiques tels que les téléphones fixes et mobiles pour communiquer ainsi que les mails, la messagerie instantanée, les audio/vidéo/Web conférences. La deuxième dimension est la partie « as a service ». Dans ce cas, les outils de communication sont fournis par un prestataire de services en mode cloud computing, ce qui est un usage pure de la technologie du cloud computing », fait remarquer M. Kahlane. Pourtant, le « CaaS n’est ni adressé ni évoqué par ce cahier des charges. Alors que 97% des Algériens possédant un mobile connecté à ce services cloud et, beaucoup sans le savoir » a-t-il souligné. Le même expert estime que la période de démarrage d’exploitation du service, énoncée par l’article 9 du cahier de charges, n’est pas réaliste, confirmant ainsi l’avis de M. Belbachir. « Les délais d’une année renouvelable une fois, pour mettre en place ses infrastructures ne sont pas réalistes. Nous savons tous que cela est intenable à tout point de vue. Il faut au moins trois autorisations pour lancer ce projet  : l’autorisation de l’ARPCE elle-même, l’autorisation d’importation des équipements sensibles et celle des services de sécurité », fait-il savoir. M. Kahlane revient également sur l’article 21 du cahier des charges qui énonce les modalités de renouvellement de l’autorisation. « Ce renouvellement n’est pas en mode « tacite reconduction ». Il faut refaire une autre demande qui peut être refusée. Un investissement de 20 à 50 millions DA, pour un data center en cloud computing moyen, peut être stoppé net par une décision administrative. Imaginer ce que deviendraient les clients une fois le DC arrêté ? », fait-t-il encore remarquer. LE MAILLON DATACENTER Contrairement aux fournisseurs d’accès à Internet et aux experts, circonspects par rapport à ce cahier des charges, les clients, notamment les entreprises sont « de plus en plus nombreuses à recourir aux services du cloud ». Selon Imane Rahali, Business Account Manager des solutions cloud chez ISSAL, l’entrée en vigueur de ce cahier des charges a « conforté » pas mal de sociétés, en ce sens qu’elles ont réalisé la nécessité de recourir aux services du cloud. « Ce n’est plus une tendance mais un besoin réel pour toute société », affirme-t-elle. M. Boulahbal, lui, fait savoir que ce cahier des charges peut jouer un rôle déterminant dans l’émergence d’une économie numérique. Il estime que l’obligation du Cloud Services Provider d’implanter ses infrastructures en Algérie boostera le développement de l’industrie des datacenters, un maillon important dans l’écosystème numérique algérien. La Ministre de la Poste, des Télécommunications, des Technologies et du Numérique avait annoncé fin 2017, quelques semaines avant l’entrée en vigueur de ce cahier des charges, le projet de son département de réaliser un datacenter de « dimension internationale » à Bouira. Imane- Houda Feraoun espérait même par cet investissement séduire les géants du web, qui hébergeraient leurs données en Algérie. La nouvelle a été bien accueillie par plusieurs professionnels du secteur. « C’est un besoin grandissant depuis des années », rappelle M. Boulahbal. Toutefois, averti M. Seghier, « acquérir un datacenter clé en main type conteneur est simple. Garantir l’intégrité des machines et surtout de l’information qui y se trouve, est une autre paire de manches ». Pour Imane Rahali, « il ne s’agit pas d’un jeu. Il existe des normes à prévoir. Il faudrait améliorer la bande passante, revoir la sécurité et élaborer un business plan capable de séduire ces compagnies ». P.22 N’TIC Magazine Novembre/Decembre 2018
N’TIC Magazine Novembre/Decembre 2018 Zine Seghier, DG d’ISSAL « Le cloud n’est pas une technologie en soit, c’est un modèle économique intelligent » Zine Seghier DG d’ISSAL N’TIC Magazine  : Presque une année après l’entrée en vigueur du cahier des charges de l’ARPCE, pensez-vous que le cloud computing a gagné en popularité en Algérie ? Zine Seghier  : Le cloud computing est un terme générique qui englobe pléthore de services accessibles aussi bien aux entreprises, qu’aux particuliers. La raison étant que le cloud n’est pas une technologie en soit, c’est plutôt un modèle économique intelligent et qui est là pour rester. Pour l’entreprise c’est la garantie d’avoir accès à des services qui nécessitent beaucoup d’agilité, sans qu’elle n’ait à se soucier de maintenir des équipements et des logiciels, qui très vite deviennent obsolètes. Passer sur le cloud est également la meilleure manière pour l’entreprise, pour se défendre et pour lutter contre la délinquance informatique, à savoir l’introduction de logiciels pirates dans ses machines ou pis encore, les attaques virales qui peuvent paralyser l’IT et asphyxier l’entreprise. Contrairement à l’évolution du marché des Télécoms, le cloud étant un service accessible via Internet et donc universel, le pays ne pâtit pas d’un retard. Le problème de l’accessibilité aux services cloud, réside plus dans la difficulté pour payer ces services. Le cloud est indissociable des modes de paiements modernes et à leur tête le paiement en ligne. S’il y a un secteur qui pénalise la popularisation du cloud dans le pays, c’est bien celui-là. N’TIC  : Bien avant l’entrée en vigueur de ce cahier des charges, le cloud computing était déjà très courant en Algérie... A qui s’adresse exactement cette réglementation ? ZS  : Tout le monde utilise le cloud dans sa vie quotidienne. Gmail, Facebook, Twitter et même Spotify ou Netflix en sont les exemples les plus courants. Les opérateurs mobiles offrent Facebook par exemple et font du cloud naturellement. Android qui représente plus de 90% du marché embarque automatiquement Gmail et les données des utilisateurs sont automatiquement sauvegardées dans le cloud. La régulation parle d’exploitation de services d’hébergement et de stockage de contenus. Même si le scope parait un peu vaste, il s’adresse bien aux entreprises qui vendent des services de hosting ou de stockage d’ailleurs. Cela dit, nombre d’intégrateurs et autres hébergeurs offrent des services de ce type sans être sous le coup de cette régulation. Ceci provoque une distorsion dans le marché. Cela étant posé, nous en tant que pionnier dans ce segment, nous nous conformons aux lois et même si nous avons notre opinion sur le sujet, nous la partageons avec le régulateur dans un cadre professionnel et nous ne commentons pas ces décisions en public. N’TIC  : Quels sont les enjeux de ce cahier des charges ? ZS  : Une régulation tant qu’elle ne devient pas « progrèsophobe », ne pose pas de problèmes. Si elle permet d’établir un cadre concurrentiel sain et loyal entre les différents acteurs présents sur ce créneau ou souhaitant y jouer un rôle, c’est une bonne chose. Comme je le disais précédemment, le problème est que nombre de sociétés offrant des services d’hébergement ou même de backup, ne se soucient pas de la réglementation. P.23 MI



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