N’TIC Magazine n°139 octobre 2018
N’TIC Magazine n°139 octobre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°139 de octobre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Med&Com

  • Format : (210 x 287) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : ces nouvelles figures d'influence qui émergent du web.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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DOSSIER Laurent Vibert, expert en e-réputation  : « Il faut une éthique à même de réguler les pratiques du marketing d’influence » Laurent VIBERT CEO Nitidis N’TIC  : Qu’est-ce qu’un influenceur ? Laurent Vibert  : Ceux qu’on appelle influenceurs disposent d’une notoriété ; soit globale comme les people ou les stars soit sur une thématique spécifique, notamment sur le web et les réseaux sociaux. Ceux que l’on pourrait appeler des experts ou des spécialistes, parfois et souvent des passionnés qui sont tous très suivis, lus, regardés et écoutés ! Les paroles du people et du spécialiste par thématique font autorité auprès du public, de par sa notoriété pour le premier et l’expertise pour le second. Ensuite, de nouvelles figures sont apparues. Nous avons aujourd’hui de vrais blogueurs, devenus des blogueurs-influenceurs, qui créent des contenus sur des thématiques qui vont être de véritables relais et leviers pour les marques. Ces dernières années, on s’est rendu compte que ce n’est pas toujours la star, ou une personne médiatique, qui peut traduire la communication vers l’achat. Aujourd’hui, la tendance s’inverse et ce sont les spécialistes par thématique qui vont recommander un produit, qui ont gagné leurs galons auprès des marqueteurs. Il y a une part de crédibilité qui se porte sur la personne qui porte cette recommandation-là plutôt que la star. Comment a évolué ce concept à l’ère des réseaux sociaux ? L.V  : Je l’évoque et le rappelle avec insistance auprès de mes étudiants en communication au CELSA- Sorbonne à Paris, que l’e-influence n’est qu’une déclinaison moderne de ce qu’on appelait et qu’on appelle encore les PR, les Relations Presse traditionnelles. Il faut donc bien connaitre les métiers de RP avant de vouloir les décliner vers l’e-influence. Le travail des Relations Presse est de faire connaitre un produit auprès de certains journalistes, notamment ceux spécialisés dans certains domaines, comme le tourisme, la mode et l’automobile, l’art de vivre, l’IT et qui vont ensuite relayer le message. Maintenant on l’a décliné sous une forme plus partagée et accessible grâce aux réseaux sociaux et aux nouvelles plateformes de communication et d’information. Cette interface humaine à laquelle les gens vont s’identifier a augmenté le pouvoir de contact de prospects pour les marques. Un pouvoir beaucoup plus important qu’avec les seules Relations Presse traditionnelles et une grande surface de diffusion. Les influenceurs sont-ils réellement influents ? L.V  : Des statistiques montrent qu’ils ont un réel pouvoir d’audience et donc d’influence. C’est pour cette raison d’ailleurs qu’ils sont très sollicités par les marques. En tout cas, il est prouvé qu’un message a plus d’impact sur les prospects ou clients lorsqu’il est relayé par un tiers de confiance, et de surcroît une interface humaine à laquelle on P.24 N’TIC Magazine Septembre/Octobre 2018
peut s’identifier. S’il est vrai que certains influenceurs ou marques n’hésitent pas à recourir à certaines pratiques malsaines pour faire grossir leur communauté de followers, il n’en demeure pas moins que des technologies existent pour démasquer ces pratiques à l’aide d’algorithmes et ainsi démasquer les faux followers. C’est quoi pour vous un influenceur crédible ? L.V  : Il faut toujours privilégier dans une stratégie de marketing d’influence les influenceurs qui sont crédibles. Par exemple, le message d’un sportif de haut niveau qui va recommander une chaussure de sport qu’il considère exceptionnelle pour courir un marathon en donnant un argumentaire est plus crédible et aura plus d’impact qu’une recommandation d’une star de cinéma qui dira simplement  : « j’adore ces baskets ». Je ne cesse de le rappeler auprès de nos clients  : une stratégie de marketing d’influence doit participer d’une analyse en amont. Qui doit prendre en compte un SWOT (Avantages et inconvénient) de la stratégie d’e-influence, coût, durée, format, cibles, médias, coassociée à une campagne offline, Pub traditionnelle, etc. Cela peut être lourd à mettre en place puisqu’il y a un vrai travail de monitoring à faire, en prenant le pool de la campagne d’e-influence en amont, pendant et en aval, étudier le rapport sur investissement (ROI), etc. Comment l’influenceur vat-il maintenir une certaine forme d’authenticité dans sa relation avec le consommateur ? N’TIC Magazine Septembre/Octobre 2018L.V  : Il y a toujours un contrat, une rétrocession ou une facture derrière la relation marquesinfluenceurs. Et l’e-influenceur peut également souffrir d’une campagne mal appréhendée et analysée. Le choix et l’engagement des parties sont donc déterminants. Après, peut-être que dans quelques années on assistera à l’émergence d’une certaine déontologie qui va régir les pratiques du marketing d’influence. Le minimum serait de s’inspirer de ce qui se fait dans la presse traditionnelle. On verra peut-être marqué « contenu sponsorisé » un peu comme dans la presse traditionnelle pour le publi-reportage, une pub sous forme rédactionnelle en sorte. C’est une piste de réflexion. Peut-être qu’on y parviendra. Mais pour l’instant, ce n’est pas d’actualité et les contrats pour les influenceurs et la marque restent encore du domaine privé. La montée en puissance du marketing d’influence dans les médias sociaux n’estelle pas qu’une bulle qui va éclater ? L.V  : Cela reste dans le champ des possibles. On n’a pas encore de certitudes, mais on a tendance à dire dans notre métier que le « vu » à la télé est encore quelque chose de plus marquant que ce qu’on appelle la publicité digitale. Des études ont montré que le taux d’attention numérique (sur smartphone) est passé à 7 secondes l’année dernière. Sur le digital, les gens zappent très rapidement au regard de la sur-abondance de contenus de communication. L’e-influence pourrait perde de son côté novateur dans quelques années. Mais je pense que d’ici là, les publicitaires-marketeurs viendront essayer d’autres produits encore plus novateurs. De toute façon, cela ne remplacera pas la qualité du produit et le respect des valeurs et slogans qui y sont engagés. Donc le travail traditionnel restera fondamental. Après, ce sont les outils qui vont changer et la communication et le marketing s’adapter. Voulez-vous dire que les influenceurs ont encore de beaux jours devant eux ? Oui, il y a encore de beaux jours devant le marketing d’influence, encore plus dans les pays du Maghreb, notamment en Algérie où on a assisté à une augmentation assez rapide du digital avec la démocratisation de l’internet mobile (3G/4G). Mais le marketing d’influence a besoin d’une dose de transparence et de respect des règles pour rester viable à long terme. Il faut une éthique à même de réguler les pratiques du marketing d’influence. Récemment des magazines à grand tirage ont adopté la transparence pour les photos retouchées avec une indication spécifique. Les marques comme les influenceurs ont intérêt à suivre cet exemple et jouer la carte de la transparence. P.25 MI



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