N’TIC Magazine n°139 octobre 2018
N’TIC Magazine n°139 octobre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°139 de octobre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Med&Com

  • Format : (210 x 287) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : ces nouvelles figures d'influence qui émergent du web.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 20 - 21  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
20 21
DOSSIER « Rifka », de son vrai nom Farouk, un jeune de 21 ans connu sur le réseau social Snapchat pour ses vidéosdéfis à caractère humoristique, avait lancé une invitation à ses fans pour fêter son anniversaire. Résultat, des milliers de jeunes, adolescents pour la plupart, se sont déplacés à Riadh El Feth qui n’a pas pu tous les contenir. Les forces de l’ordre débordées par ce soudain rassemblement de jeunes, ont dû embarquer le jeune « Rifka » pour maitriser la situation. Il faut dire que des personnes comme « Rifka » ont pullulé sur le web social algérien ces trois dernières années. Sur Instagram, Youtube, Twitter, Snapchat, Facebook et autres réseaux sociaux, les Algériens qui rassemblent de grandes communautés virtuelles se comptent par milliers. Ils viennent d’horizons différents, mais partagent la particularité de s’imposer sur les réseaux sociaux comme des références dans leurs domaines respectifs. La gastronomie, la mode, le bien-être, les voyages et l’humour sont les domaines les plus investis par ces nouvelles figures qui émergent du web social algérien. NOUVEAUX LEADERS D’OPINION ET CRÉATEURS DE CONTENUS On les appelle influenceurs. Ces nouveaux leaders d’opinion et créateurs de contenus cumulent les réseaux. Youtube, Instagram et Facebook sont les plus populaires. Leur émergence a accompagné l’évolution de l’internet mobile en Algérie, avec le lancement de la 3G en décembre 2013. Sur Youtube, c’est Oum Walid qui est incontestablement à la tête du podium avec ses 3,5 millions de fans, suivie de DZ Joker et Anes Tina. « Il est difficile de déterminer le nombre d’Algériens qui suivent effectivement ses chaînes, contrairement à Facebook où il est possible de déterminer l’audience « algérienne » d’un influenceur », explique Younès Saadi, journaliste, administrateur du site Fanzone DZ, spécialisé dans le monitoring des réseaux sociaux en Algérie. Pour lui, Facebook demeure le réseau social le plus populaire en Algérie et le plus indiqué pour les influenceurs en ce sens qu’il permet plus d’interactivité, suivi d’Instagram qui a fait une percée fulgurante ces deux dernières années. En Algérie, il y a 34,5 millions d’abonnés internet dont 31,46 millions d’abonnés à l’internet mobile. Selon une récente étude de Hootsuit et We Are Social, Facebook compte 21 millions d’utilisateurs actifs par mois (dont 90% sur mobile) et Instagram 3,4 millions. UNE COMMUNAUTÉ QUI S’ACCROÎT À GRANDE VITESSE En Algérie comme partout dans le monde, il y a deux types d’influenceurs  : les macroinfluenceurs qui ont une forte communauté, comme Amira Riaa et Ryma Beauty Addict dans la catégorie beauté, Mourad Ouadia et DZ Joker dans l’humour et bien d’autres dans différentes catégories. Les microinfluenceurs, encore plus nombreux, ont une proximité souvent plus importante avec leurs abonnés, car la communauté et encore jeune et regroupée. A quand remonte l’émergence des influenceurs web en Algérie ? Selon Sonya Akli, Responsable du pôle influence de Pi-Relations, une agence de relations publiques, la première bloggueuse à s’être lancée comme influenceuse est Femme Algérienne sur Facebook. C’était en 2011. La première youtubeuse est Imène Magherbi Shetae, en 2013. Les autres se sont lancés plus tard. A présent, l’activité des influenceurs est en plein « boom ». Tous les jours on découvre de nouvelles têtes de gondoles pour les marques. Il est difficile de quantifier leur nombre et de mesurer leur audience sur les réseaux sociaux, de l’avis même des professionnels en matière de marketing d’influence. « La communauté d’influenceurs en Algérie s’accroît à vitesse grand V. Tous les jours, nous constatons l’émergence de nouveaux profils, parfois des copies conformes des grandes réussites du web algérien, parfois des profils vraiment très atypiques. Nous manquons de chiffres sur le sujet, même nous, professionnels », avoue Sonya Akli. L’INFLUENCEUR ET LES MARQUES Le « grossissement » de la communauté des influenceurs n’a pas échappé aux marques qui s’arrachent les pépites les plus en vue du moment. Le but pour elles, est de tirer bénéfice de l’aura que dégage l’influenceur-censé être source d’information et d’inspiration-, auprès de sa communauté, et à petit budget. Mais pas souvent. « Un grand équipementier sportif a dû annuler sa campagne d’influence en Algérie parce qu’il considère que ce demandaient les influenceurs algériens était ‘’hors » du budget consacré à la région MENA (Moyen Orient- Afrique du Nord) », admet sous couvert d’anonymat une responsable marketing digital au sein d’une agence de communication, en charge de démarcher les influenceurs algériens. Rémunérer une campagne pour un influenceur dépend de plusieurs facteurs  : Le type de campagne, sa durée, le volume et la charge de travail, le nombre de contenus à créer… et surtout de la qualité de l’influenceur, son audience P.20 N’TIC Magazine Septembre/Octobre 2018
et sa relation avec ses abonnés. « Il n’existe pas de contrats-type dans le partenariat influenceur-marque. La rémunération d’un influenceur prend en compte plusieurs facteurs. Ainsi, la fourchette de rémunération d’une campagne d’influence peut osciller entre 100.000 DA et 1 million DA, voire plus. Mais, il faut savoir qu’une campagne d’influence ne donne pas forcément lieu à une compensation financière. Selon les marques, la contrepartie de l’information relayée peut prendre la forme de cadeaux ou de prestations gratuites », explique Fahima Lakhdari PR Manager à Sense Conseil qui a piloté plusieurs opérations de marketing d’influence dans les domaines du Bien-être/santé, hôtellerie/restauration et téléphonie mobile. Il ne faut pas croire aussi que les marques ne cherchent que les personnes qui ont une forte N’TIC Magazine Septembre/Octobre 2018 communauté. L’authenticité de l’influenceur joue un rôle très important, en plus de l’interactivité avec sa communauté. « Certaines marques préfèrent avoir un influenceur qui rassemble un millier d’abonnés engagés qu’un million d’abonnés aux profils hétéroclites et sans interactions », insiste Fahima Lakhdari. Très sollicités par les marques, certains influenceurs recourent même aux services de managers pour prendre en charge la gestion de leurs notoriétés. Ce sont pour la plupart des jeunes qui ne comprennent pas forcément les enjeux des contrats qu’ils ont à signer. L’INFLUENCEUR ET SES FANS Les influenceurs sont aussi exigeants vis-à-vis des marques. Ils n’acceptent pas facilement de travailler avec n’importe quelle enseigne. Pour Sonya Akli, « la pertinence du contenu de la marque et les valeurs véhiculées par celle-ci sont très importants aux yeux des influenceurs avec qui nous travaillons. Ils font très attention à leur image, et par ricochet, à leur communauté, parce qu’ils savent très bien que si leurs abonnés ressentent trop l’aspect publicitaire, ils vont critiquer le contenu et ça tourne vite au bad buzz ». Mais la « publicité déguisée » distillée dans les posts et autres contenus de l’influenceur rend la relation qui le lie à sa communauté si fragile. Pour rester viable à long terme, le marketing d’influence « a besoin d’une dose de transparence et de respect des règles », selon Laurent Vibert, expert en e-réputation (voir entretien). P.21



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :