Multiprise n°5 mar/avr/mai 2007
Multiprise n°5 mar/avr/mai 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de mar/avr/mai 2007

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association TA

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 15,2 Mo

  • Dans ce numéro : Rouge Jaune, nouveau label de qualité.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Syndicat d'Initiatives n'est pas un collectif, mais un espace-temps particulier ouvert par [et àl des gens autour de questions mises en commun, afin de faire émerger des projets partagés immédiatement mis en œuvre. Des gens qui viennent de l'art, du paysage, de la rue, et partagent des préoccupations liées à La transformation de leur environnement quotidien et à La difficulté qu'ils éprouvent à garder prise sur Leur réel. Cela nous amène à produire des situations et des objets-outilsactivables en différents contextes : manuels de jeux, bases de données et cartographies collaboratives, réseaux d'échange de savoirs, explorations urbaines, actions dans l'espace public, programmations de rencontres, de discussions... Ces outils, diffusés Librement, peuvent être agencés ailleurs, avec ou sans nous111. Le Syndicat de mai, Bordeaux, mai 2006 Nous voulions réfléchir aux Logiques de transformation du paysage bordelais qui, sur le modèle de nombreuses villes européennes, subit depuis Les années 2000 une restructuration agressive mettant à mal Les tissus sociaux en placel 2 1. Nous avons interrogé, à La manière de Michel de Certeau1 3 1, ce qui fait résistance à La normalisation des espaces : les pratiques urbaines qui usent des failles juridiques et des creux de la ville. Saint-Michel est Le dernier quartier populaire du centre ville où coexiste une multiplicité de cultures et d'usages, de réseaux de débrouilles et d'entraides. Nous avons travaillé à l'échelle de La rue Sanche de Pamiers, où vivent certains d'entre nous et y avons ouvert un Syndicat d'Initiatives autogérél'l. Avec la collaboration des habitants, nous avons mis en place des propositions poétiques prenant ancrage dans des pratiques banales [le jeu, le bavardage, La cuisine, Le troc, la balade]l 5 1. Nous les avons installées ponctuellement dans des espaces ouverts [la rue, les réseaux relationnels et associatifs]. Avec les Volubiles, nous avons proposé aux habitants de la rue de tendre des fils portant des volubilis entre Leurs fenêtres, afin de rendre visibles les - _.réseaux de relations existant entre voisins U et susciter Le bavardage autour de ce jardinage singulier. voisin, nous a raconté que cette ue existe depuis longtemps en Espagne. Dans La maison andalouse, la cour intérieure ombragée est Le lieu premier de la palabre. La parole est , rnnuite vers l'extérieur et transmise au voisinage par ces réseaux de fils, la plante symbolisant sa circulation. La rue est conçue de sorte que la maison d'en face ne soit jamais plus loin que la portée de la À Séville, il existe encore des quartiers entiers où les rues sont ainsi surmontées de fils reliant les maisons et recouverts de plantes volubiles. La destruction de ces liens végétaux est le premier signe d'implantation des promoteurs immobiliers dans un quartier ancien.
Le Bureau du thé et des conversations quant à lui, est un simple salon de bavardage, improvisé avec Mina, Ania et Fatima. Elles sont venues avec des gâteaux qu'elles avaient préparés et Mina nous a montré comment faire le thé à la manière marocaine. Nous nous sommes installées dans la rue et avons décrété ouvert le « Bureau du thé et des conversations ». Le simple fait de nommer ainsi cette situation permet d'ouvrir un espace-temps singulier : réfléchir à ce que veut dire discuter, à la valeur de l'échange, au temps pris ensemble, au temps perdu. Lorsque nous installons le Bureau du thé et des conversations ou le Jardin mobile dans la rue, nous décidons de nous approprier des espaces dans lesquels on se contente habituellement de circuler. Là où d'énormes pans de sociabilité se sont effondrés pour laisser le monopole à la circulation et à la consommation, nous réhabilitons le bavardage comme fabrique de lien social. Syndicat d'initiatives est un nom composé, que nous aimons pour les possibles qu'il évoque. Ses auteurs sont changeants, fluctuants. Tout dépend de la situation ou du problème soulevé. Les niveaux d'implication peuvent être différents. A ce titre on peut considérer qu'il s'agit plutôt d'une compilation d'auteurs anonymes, sur le mode collaboratif du logiciel libre. Peu importe que ces propositions soient prises à des moments comme de l'art, un acte de la vie quotidienne ou un morceau d'espace, ou même qu'elles soient tout cela à la fois, parce que le point de vue de chaque individu n'est jamais concordant. Il s'agit de trouver le compromis du moment pour agir, fabriquer du collectif... John Deweyl 6 1 dit qu'un public se constitue quand un problème apparaît. Ce point de vue nous intéresse davantage que de penser le public comme consommateur. Nous avons envisagé les transformations de l'écosystème Saint-Michel comme un problème potentiellement commun à beaucoup d'habitants du quartier. A partir de cette hypothèse, nous avons tenté différents dispositifs permettant de parler à plusieurs voix et susciter, même maladroitement, l'émergence d'un public d'usagers. A Bordeaux, 30 janvier 2006 Alise, Fred, Stéphanie, correspondants temporaires du Syndicat d'Initiatives. Merci à Claire pour les dessins. (1) Quelques exemples : Base de données sur les protocoles de débats, Cartographie des luttes urbaines, Troc de langues, Fourmobil, Canyoning pllriurbain, Syndicat de mai, Jardin Mobile, Assises Mobiles, Système D, à retrouver sur www.synd icatinitiatives.org. (2) Spéculation immobilière, déplacement des populations précaires vers la périphérie, marketing urbain, muséification du centre-ville pour le développement touristique... (3) Michel de Cerleau 11925-1986), L'invention du quotidien, 1. arts de faire, Folio, 1990 (4) Le Local a été mis à notre disposition par laC.N.T. et Coopéquita (une coopérative d'agriculteurs bio qui vendent leur production en vente directe les jours de marché). Ce projet a été mené avec La collaboration de récole des Beaux-Arts de Bordeaux. (5) Zone de gratuité, zone de documentation, mur de petites annonces, Jardin Mobile, Volubiles, Bureau du thé et des conversations, réunions d'habitants, projections de films et débats... (6) John Dewey [1859-1952), Le public et ses problèmes, Université de Pau, 2003.



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