Multiprise n°5 mar/avr/mai 2007
Multiprise n°5 mar/avr/mai 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de mar/avr/mai 2007

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association TA

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 15,2 Mo

  • Dans ce numéro : Rouge Jaune, nouveau label de qualité.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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24 Chad K. Ecrit sur une dernière lettre d'amour Un moment où notre cœur ne nous appartient plus. Donnant et attendant nous ne savons jamais trop quoi : une attente inexistante. Cela fait longtemps que nous ne nous sommes plus vus et depuis Le temps, qu'y a t-il qui a changé ? Moi ? Toi ? Ou cette compréhension qui nous unit ? J'aimerai trouver un argument qui justifie, qui vérifie ou au moins explique ces sentiments. La recherche de la raison : être sûr, être certain. Mais putain non ! Ce n'est pas de la politique, c'est un penchant personnel. Nous ne sommes pas face à un problème pour lequel il y a des solutions possibles. Trois coups de clope contre La table soit disant pour tasser le tabac, une bouchée de café et une allumette l'allume, c'est l'envie qui brûle dans la bouche.L.:envie du vide où nous prenons conscience du futur qui n'existe pas. Ce n'est qu'une excuse pour aujourd'hui. Ce choix facilement refoulé trouve sa forme finale quand l'artiste prend des moyens et donne forme à un futur. Ecrire, dessiner, peindre, photographier sont comme aimer, des verbes sans nom, des actions sans produit. Ecrit, dessin, peinture, photographie et amour ne sont que des souvenirs d'actions déjà passées.L.:art opposé à l'église comme processus d'incrédulité.L.:art opposé à L'état comme processus d'insécurité et d'incertitude. Ouvrant les portes de la subjectivité, donnant voie à L'inconscience, L'art nous permet de former des visions d'un autrement. Aujourd'hui, une société défranchie qui connaît plus Mickey Mousse que son propre père, où L'expression « trouver du boulot » est synonyme « de se faire enculer ». O ! dipe a été repris par Walt Disney et satirisé par Robert Crumb. Avant nous croyons que tout avait sa place et que cela ne fait que se répéter, mais quand l'individu a commencé à rêver pour Luimême il y avait l'idée de progrès. Aujourd'hui nous vivons L'âge des apocalypses. Nous sommes morts, n'attendant que de crever. « End of History », fin de L'histoire. IL ne reste que des appendices, une bibliographie et des critiques. IL n'y a plus de narration, Les conclusions sont déjà datées et il y a tellement de notes dans les marges que nous n'arrivons plus à savoir si cela a plu ou non. Que faire ? Peut-être cela se reprend comme Le « Wake ». Faire un appendice pour approfondir des propos déjà élaborés. Faire une critique ou une interprétation, réactualisant un débat de jadis. IL y a un peut-être imprévisible, une option sans demande, une production sans commande. Là ! Le rêve de L'art : passer à autre chose. Même si nous savons qu'au final ça nous ramène au même, il y aura un moment de doute sublime, où nous fermerons les yeux et nous entreverrons le vide. Ecrivant l'adresse et glissant la Lettre dans l'enveloppe, nous la fermons et y collons un timbre. Hésitant un tout petit peu, La lettre glisse hors de nos mains. Elle tombe dans l'urne. Là, avec ces autres lettres, elle est prise et triée. Encore du voyage et encore du triage. Un facteur La prend, la tient dans ses mains et la dépose dans la boîte de L'adresse inscrite. En espérant que la fille pour Laquelle nous l'avons écrite la reçoive. Qu'elle l'ouvre et elle la lise. Nous espérons qu'elle comprenne quelque chose qui la touche qui surgit dans La simplicité d'un sourire. Douter sans douter pour voir autre chose qui à vrai dire n'est pas là ; c'est le boulot d'un artiste. Ecrit sur une dernière lettre d'amour.
TA, TA. T'es à quoi ? Ca fait une paire de jours, une ex étudiante de Rennes m'a envoyé des photos de sa charmante bambine Elia, qui vient de fêter un an d'existence. Juste auparavant, je m'étais évertué à La « vieillir » d'un an de plus, et j'avais semé le doute auprès d'autres étudiantes de La même promo, qui m'ont accusé d'amollissement cérébral et autres turpitudes générationnelles.. Cette anecdote, à peine « intime », pourrait se rapporter, dans mes tendances d'accélération, à la vision que j'ai de l'association TA et de Leur fleuron ostensible qu'est La revue Multiprise... J_e ne d_ïrai a.s que j'ai l'impression que ça fa1t une etern1te, mais j'ai Le sentiment que ça fait un bon bout de temps. Ou plutôt, j'ai La conviction -ce qui revient au même au bout du compte- qu'il était temps ! Il était temps en effet que, dans le contexte de cette « molasse » toulousaine où la géologie n'est pas totalement La seule coupable, vienne s'afficher et se diffuser un bidule informatif de bon aloi, qui sache manier L'effet d'annonce d'événements à venir et L'effet de manche de commentaires sur des événements en l'état, et d'aller le vérifier dans un périmètre bizarrement délimité par Le tracé institutionnel d'un territoire baptisé, faute de mieux, Midi-Pyrénées.. (Je ne dirais pas ici tout le mal que je pense de ces Régions bâties à La hache des anciens départements volontairement sécateurs de réalités culturelles « vernaculaires », mais j'aimerais juste qu'on me susurre, en passant, qu'elle est La Légitimité d'avoir écarté La micro région de La Piège où je me suis installé, - elle-même ancrée dans le Lauragais versant chaurien-, de son attache économique et routilni)ère d'avec Le toulousain, alors qu'elle doit s'acquitter d'une filiation administrative montpelliéraine bien distante...). D'ailleurs, eux, ils ont depuis quelques années l'excellent Off Shore, où on Leur raconte Les aventures de l'art du coin, comme l'assure, depuis un certain bon temps déjà, L'impayable revue 02 chez les bretons et consorts, ou comme s'y prêtait Le nordique Sans Titre, et d'autres que j'omets plus que je ne Les oublie. IL était temps donc, parce qu 1L y a de qu01 faire, car des lieux dévoués à La défense et à La promotion de L'art d'aujourd'hui, il y en a à revendre, d'Albi au Mas d'Azil, en passant par Rodez, par Cahors et Cajarc, par Pu et par Ibos, Colomiers et Lectoure, et pu1s un peu beaucoup par Toulouse macarel... Que tout Logiquement on perçoive, dans cette floraison, du lard ou du cochon, ne vient que confirmer, depuis Le point de vue de mes neurones avachis, que c'est plutôt Le spectacle qui compte que ce qui s'y produit. Mais c'est Là une autre considération qui n'oblitère en rien La nécessité pesée de La première, et qui pourrait se décliner par cette formule adéquate arguant « qu'il faut Le faie ». Et bien ils l'ont fait, Les TA et compl1ces, et ma foi plutôt bien. Alors un ou deux ans, c'est pas Là L'essentiel, car ce qui importe c'est qu'on le sache, qu'on le voit et qu'on en mesure L'intérêt manifeste. Celui, a minima, de nous secouer un peu la main plus que de la tenir, et de pointer du doigt, ici ou là mais jamais bien loin, ce qui vaut le détour. Un cheminement que j'ai accueilli avec joie et que je me plais à poursuivre et à encourager, et que, très sincèrement, je vous invite à partager. Ramon Tio Bellido 25



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