Multiprise n°5 mar/avr/mai 2007
Multiprise n°5 mar/avr/mai 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de mar/avr/mai 2007

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association TA

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 15,2 Mo

  • Dans ce numéro : Rouge Jaune, nouveau label de qualité.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 20 - 21  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
20 21
20 questions 1 réponses à Delphine A. de la galerie Exprmntl Ouverte en 2004 rue de la bourse, la galerie Exprmntl accu pe un très bel espace de 250 m'dans un ancien atelier de confection de textile. Exigeants, Delphine André et Laurent Garde y présentent des artistes d"envergure internationale, dont le travail est souvent d"une indéniable qualité. Version d"un entretien remanié et épuré, entièrement écrit par fintéressée. Valérie Alingrin : Le travail qui est montré dans votre galerie est souvent Léché, bien fini, on ressent fortement une recherche d'esthétique, de poésie, parfois un Lien avec Le domaine de La mode comme Les photos de Chantal Michel, Maïder Fortuné ouL.A. Raven. Vous avez Le mérite de sortir des réseaux « classiques » pour faire un vrai travail de découverte. Quelle est L'orientation que vous donnez à votre programmation ? Delphine André : Malgré La difficulté d'exister en province et des critères de sélection bien définis, la galerie a fait le choix de présenter des artistes contemporains, jamais montrés à Toulouse, souvent internationaux (voire déjà inscrit dans l'histoire de l'art comme Jonas Mekas), relativement accessibles au public, mais dont La pertinence est toujours inscrite dans L'œuvre au regard du monde contemporain. Nous croyons profondément à nos artistes et nous nous félicitons de chaque exposition, tant d'un point de vue personnel que de celui du public toulousain ou d'ailleurs. Leur satisfaction, qu'il s'agisse de simples regardeurs ou d'amateurs éclairés, nous confirme a posteriori que nos choix sont les bons. Les expositions se font au gré des rencontres et desdécouvertesautravers d'expositions, de Livres jusqu'à Internet mais nous considérons aussi les artistes régionaux, qui fréquentent La galerie, avec Lesquels nous construions une relation sincère. Nous avons expose les œuvres de Jeanne Lacombe (artiste engagée et reconnue ici), Yvon Saillard (professeur agrégé d'histoire de l'art à l'université du Mirail), Hélène Angeletti et Cyril Hatt 1 Vue de la galerie premier étage. (artistes discrets et donc prometteurs) et prochainement le travail de Pol Perez (artiste à l'œuvre complexe croisant psychologie et technologie) La prochaine exposition qui va confronter Vincent Berge rat, Catherine Blanc et Laura Henno au travers de peintures, photographies, sculptures et vidéos, est aussi pour nous, prétexte à fêter Les trois ans de La galerie et prétexte au resserrement de notre expérience et des artistes présentés avec lesquels nous entretenons une complicité. Trois ans d'activité, c'est peu et presque inimaginable dans ce'pays sage'. C'est aussi le temps d'une histoire qui nous rend plus studieusement actif, nous oblige vérifier nos intentions, nous fa1t douter auss1. En 1936 déjà, Walter Benjamin énonçait qu'une des toutes premières tâches de l'art a(vait) toujours été La création d'une demande qui ne pouvait être pleinement satisfaite que plus tard. C'est pourquoi nous présentons aussi de l'art vidéo et du cinéma expérimental, médiums indissociables de la création contemporaine malgré leur faible présence sur Le marché de L'art français. On préfère prendre Le risque de ne pas en vendre que ne pas les défendre. Puis on multiplie Les possibilités, des artistes comme Maïder Fortuné, Chantal Michel ou Laura Henne qui ne se contentent pas d'installations visuelles. Elles sont vidéastes, photographes et ouvrent Le champs des possibles..,. Nous aimons les art1stes eclectiques, difficilement identifiables, qui se remettent
Geoffrey COTTENCEAU, Caribou, Photographie couleur contrecollée sur aluminium, 90 x 75cm sans cesse en question contrairement à la tendance du marché qui nécessite une identification facile pour une meilleure communication en vue de consécration facile. Nous aimons la subtilité et la sensibilité de l'art. Au regard de la ligne artistique d'exprmntl, on constate un choix d'artistes tournés vers la nature humaine, le paysage, la narrativité et l'humour.L.:esthétique existe encore, et l'aspect formel de l'art reste une valeur pour nous. Mais n'est-il pas dû au fait que l'on tient forcément compte des attentes du public toulousain. Je pense que si nous étions à Paris ou à New York, la programmation serait toute autre. Si l'on voulait vraiment montrer de l'art très contemporain, nous ne montrerions rien, rien de formel, mais plutôt des installations d'ordre perceptif ou sonore où il y a une notion intellectuelle et conceptuelle nécessitant une connaissance approfondie de l'art pour comprendre, des clés que le public est loin d'avoir acquis. C'est pourquoi, nous ne pouvons travailler d'après un choix purement subjectif. N'oublions pas que nous sommes une galerie privée et avons ce souci de rentabilité. On ne peut s'aventurer à montrer des œuvres trop immatérielles ou déconcertantes, l'échec serait couru d'avance. V.A. : Justement, en tant que galerie privée, vous survivez uniquement des ventes d'œuvres, d'ouvrages, de vidéos, et de la restauration du salon de thé. Est-ce suffisant ? Comment travaillez-vous avec les coLLectionneurs, les institutions et Les entreprises ? Comment définiriez-vous Le milieu des collectionneurs de La région ? D.A. : IL y a peu de collectionneurs d'art contemporain à Toulouse. Il s'agit d'une part de marché à créer qui s'établit à Long terme.L.:art est un placement financier qui peut s'avérer très fructueux selon La pertinence de ses choix. Comme nous équilibrons La programmation entre le Local et rinternational, nous développons à l'identique cette part de marché. Nous venons par exemple de vendre un triptyque photographique de Maïder Fortuné au Fonds National d'Art Contemporain. Cela montre par ailleurs qu'à défaut de L'intérêt des institutions régionales et des Abattoirs en particulier pour les galeries d'art, d'autres s'intéressent à ce qu'on tait. Nous développons aussi des relations avec Les entreprises en leur proposant des services Liés à l'art mais ceLLes-ci sont encore très réticentes. C'est un travail de longue haleine à tout point de vue où La patience et Le professionnalisme sont de rigueur. Toutefois malgré cette difficulté d'existence, Toulouse est une ville que nous apprécions et l'implantation dans cet espace reste une chance pour Les artistes, qu'ils viennent d'ici ou d'ailleurs. Même si c'est une angoisse permanente de savoir si on sera encore là dans 3 mois, cela fait partie du jeu autrement nous n'aurions pas choisi Le métier de galeriste.L.:une des plus grandes satisfactions reste l'échange que nous développons avec les artistes et qui nous poussent à continuer. 21



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :