Multiprise n°4 déc 06/jan-fév 2007
Multiprise n°4 déc 06/jan-fév 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de déc 06/jan-fév 2007

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association TA

  • Format : (173 x 246) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 20,5 Mo

  • Dans ce numéro : Enna Chaton.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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8 -o- Longue vie à l'espace des arts ! Voici maintenant dix-sept ans qu'existe l'Espace des arts de Colomiers ! Situé dans une des anciennes salles du cinéma privé racheté par la Ville, ce lieu a présenté les productions d'une soixantaine d'artistes. Jusqu'en 2000, le comité de sélection s'est efforcé avec le soutien de la DRAC et de la Région de montrer au public la diversité de la création contemporaine. Les artistes régionaux, français ou étrangers sont alors invités dans cette longue salle claire amarrée comme un bateau le long d'un quai où, par ailleurs, transitent les marchandises des commerces voisins. Tableaux, sculptures, mais aussi vidéos, installations et performances se succèdent sous le regard étonné et souvent conquis des riverains. Depuis 2001, la DRAC a établi un conventionnement triennal instaurant un partenariat étroit entre la Ville, l'Etat et la Région. La ville de Colomiers propose alors de s'ouvrir à des artistes confirmés sur le plan national et international. l'Espace des arts met en place une thématique, « Art et cité », qui constitue un fil conducteur. L'urbanisme de la ville né dans les années soixante, répond aux problématiques d'alors : axes de circulation et architecture aux accents parfois modernistes. Cette réflexion recentrée sur les questions complexes de l'urbain constitue une réelle ouverture. Les propositions des artistes invités trouvent ainsi un écho auprès des columérins. Les récents projets culturels, au coeur d'une ville de 30 000 habitants, dont un tiers a moins de 18 ans, profitent à l'Espace des arts qui va déménager sur la place de l'Hôtel de Ville. Le nouveau centre d'art contemporain d'environ 400 mètres carrés sera situé dans les murs de l'étonnant et superbe bâtiment galbé conçu par l'architecte français Rudy Ricciotti, aux côtés de la médiathèque et de l'accueil. Son ouverture est prévue pour 2008. Pour l'Espace des arts une nouvelle ère s'ouvre et l'histoire ne fait que commencer ! Anouck Durand-Gasselin déroule ses tapis à t'espace des arts Chaque semaine, depuis début octobre, des motifs lumineux (carré, cercle) ponctuent, le temps d'une photo, l'espace urbain de Colomiers. Anouck Durand-Gasselin, diplômée des Beaux-Arts de Toulouse en 1999 et qui a choisi la photographie comme mode d'expression, repère, accompagnée par des habitants, des lieux souvent liés à l'enfermement et que la lumière va creuser, trouer. Cette recherche liée au thème de l'impact de la lumière dans l'urbain résulte d'une collaboration avec les Maisons de quartiers de Colomiers. Elle s'inscrit parfaitement dans cette volonté d'impliquer les habitants au coeur des propositions artistiques et des significations qui en découlent. Alors que ces images seront exposées à l'Hôtel de Ville (du 5 décembre au 9 janvier) l'artiste propose également d'investir l'Espace des arts avec une installation constituée de sept à huit photos (120X160 cm pour chacune d'entre elles) fixées sur des supports rigides afin d'être présentées s'appuyant contre les murs. Elles représentent des tapis orientaux déroulés en toutes saisons, le temps de la prise de vue, dans des sous-bois, des champs ou dans la neige. A la riche symbolique ornementale d'un objet important de la vie personnelle, familiale et tribale, évoquant le jardin et le paradis, s'ajoute l'évocation dans un paysage occidental, d'un déjeuner sur l'herbe « impressionniste ». Souvent « marbré » et « troué » par la lumière du soleil qui filtre à travers les feuillages, le tapis joue avec l'espace ouvert de la nature et fait disparaître les antagonismes. Audelà de l'esthétique picturale générée par la sensualité de la matière, la douceur des couleurs et la richesse des ornements, Anouck mène une recherche poétique sur la présence de l'absence. Sur une des photos le « corps » du tapis est suggéré par l'herbe couchée qui délimite un espace particulier et appelle dans l'imaginaire
Anouck Durand-Gasselin « paeredeieza 5 », 2005 Impression jet d'encre contrecotée sur bidon (120x160cm) Anouck Durand-Gasselin notre propre corps ou celui d'autrui. Le poète Paul Valéry disait : « le plus profond c'est la peau ». Dans les photos de l'artiste, l'épiderme des choses, surface sensible, est constitué de fines couches de matières, de couleurs, de reflets... une réflexion sur la notion de surface qui, d'années en années s'approfondit. Le format des photos, le sol recouvert de moquette rouge arpentée par les pieds nus des visiteurs, tout est mis en œuvre pour goûter au repos, à la contemplation et à la réflexion. Occuper, habiter ces images et ces espaces est une bien belle expérience car l'art subtil d'Anouck Durand-Gasselin est un ravissement ! Eric Vidal. 9



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