Multiprise n°4 déc 06/jan-fév 2007
Multiprise n°4 déc 06/jan-fév 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de déc 06/jan-fév 2007

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association TA

  • Format : (173 x 246) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 20,5 Mo

  • Dans ce numéro : Enna Chaton.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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20 -o- Enblelien. Comment treigarder la Ligne ? une interview de Mirjam Varadinis Certains rédacteurs de cette revue semblent confondre Multiprise, la revue des courants artistiques, avec Multiméprises (voire Multicrises), la revue qui casse à tout va. Pour palier à cette injustice à propos du Printemps de septembre', écoutons Mirjam Varadinis, commissaire sensible et déterminée de Lignes brisées/Broken Unes. A trente-trois ans, elle est conservatrice du Kusnthaus de Zurich et seule femme dans l'équipe de programmation artistique constituée cette année avec Jean-Marc Bustamante et Pascal Pique. Flash back donc, sur le festival qui comme on le dit souvent, prolonge un peu l'été à Toulouse. Valérie Alingrin : Comment est née l'idée de faire une exposition sur le thème du chaos, de l'ordre et du désordre ? La thématique estelle apparue en amont du choix des oeuvres ou résulte-t-elle au contraire de ce choix ? Mirjam Varadinis : Je dirai que les deux sont apparus en même temps. Jean-Marc, Pascal et moi avons discuté, proposé des artistes qui nous intéressaient et c'est venu assez rapidement. Cette idée est peut-être venue parce que je ne suis pas française et que j'ai été troublée par les manifestations extrêmement violentes qu'il y a eu dans les banlieues l'année passée. Et puis je m'intéresse à la jeune génération qui traite des problématiques socio-politiques dans notre vie quotidienne, et pour moi, c'était important d'intégrer la dimension politique à cette édition. Je pense que cela intéresse aussi Jean-Marc en tant qu'artiste : amener le désordre dans l'ordre et l'ordre dans le désordre. Mais les artistes ont également été choisis par rapport aux lieux, car il fallait qu'ils soient capables de s'adapter à des espaces qui sont, mis à part les Abattoirs, très marqués architecturalement. Broken Lines est la fusion entre la thématique, le choix des artistes et des lieux, tout s'est fait en parallèle. Nous avons voulu parler du moment où tout système d'ordre que l'on connaît bien est en train de se dissoudre. Un moment effrayant dans un certain sens, mais qui peut aussi être libérateur parce qu'il peut donner place au chaos complet comme à un nouvel ordre. L'année précédente, Vertiges parlait d'une perte de contrôle, mais d'un point de vue subjectif : la traduction de ce que l'on ressent lorsque l'on a le vertige, que l'on tombe en état d'ivresse, que l'on perd ses repères sensitifs... Avec Broken Lines, c'est le monde qu'il y a autour qui s'écroule et brouille les repères. V.A. : Les artistes que vous avez invités'sont généralement les plus jeunes de la programmation, situés dans une fourchette d'âge allant de 29 ans pour AndroWekua, à 49 ans pour Nedko Solakov. Est-ce parce que la jeune génération parle davantage de la désorganisation, de la déroute, ou une volonté de votre part de soutenir ceux qui sont peu exposés ? M.V. : C'est simplement parce que les artistes que je comprends le mieux sont ceux qui sont de la même génération que moi, à plus ou moins dix ans... J'ai amené des artistes que je connaissais'parce que je n'avais pas vraiment le temps pour la découverte. On a commencé à travailler ensemble en novembre pour septembre, et on devait avoir fini le programme en avril. J'ai donc amené des artistes dont j'étais proche, allemands, autrichiens, britanniques, suisses, hollandais, belges, italiens... qui ne sont pas beaucoup montrés en France. Et puis c'était important pour moi, en tant que femme, de montrer des artistes femmes [5 sur les 9 programmées]. Le thème de la politique est quelque chose de très important en art aujourd'hui, et j'ai l'impression que l'on assiste à un phénomène ambitieux et international. Dans les années 90, tout était fun, coloré, hédoniste, puis cela a changé. Les attentats terroristes de 2001 ont certainement modifié notre perception du monde et cette atmosphère se traduit dans la création contemporaine.
L'équipe de programmation : Pascal PIQUE, Jean-Marc BUSTAMANTE, Mirjam VARADINIS Crédit photo : Didi Marineque Démontage de l'oeuvre d'Anish KAPOOR My red home land, 2003 (25 tonnes de vaseline) Crédit photo Didi Marineque'Voir articles de Ramon Tio Bellido dans Multiprise n°0 et de BenSM dans le n°3. 2 Olivier Blanckart, John Bock, Monica Bonvicini, Christoph Büchei, Runa Islam, Erik van Lieshout, Sarah Lucas, Julian Rosefeldt, Markus Schinwald, Dana Schutz, Nedko Sotakov, Jules Spinatsch, Tatiana Trouvé, AndroWekua et Cathy Wilkes. V.A. : Y a-t-il des choses que vous auriez aimé faire et que vous n'avez pas pu réaliser ? Avez-vous des regrets ou est-ce que ces expositions répondent parfaitement à vos espérances ? M.V. : Je suis ravie du résultat. J'ai amené beaucoup d'artistes, alors j'apprécie bien sûr la programmation, la réalisation desceuvres et la muséographie. Par exemple aux Abattoirs, Schinwald en face de Wekua correspond parfaitement. Egalement entre les peintures de Dana Schutz et la pièce d'Anish Kapoor, cela crée quelque chose, et Kapoor avec le son étrange et un peu angoissant de Schinwald... Aux Jacobins, je trouve que la vidéo d'Erik Van Lieshout fonctionne très bien avec les oeuvres de Sarah Lucas, mais il se passe aussi quelque chose entre Bonvicini et Büchel. Et puis il y a les surprises, comme lorsque l'on marche au milieu des fleurs de Scanlan et que l'on entend le chant des oiseaux d'Hanimann. C'est un effet auquel je ne m'attendais pas. Je suis aussi contente que l'on ait pu créer des pièces qui aient un lien étroit avec le lieu et la région, comme John Bock avec son film réalisé dans le château où Toulouse-Lautrec a passé son enfance, près d'Albi, et Jules Spinatsch qui a fait sa photo au Conseil Municipal de Toulouse. Il y a également la volonté de Jean-Marc de donner beaucoup d'espace aux artistes pour présenter leur travail et cela est très important. On voit tellement d'expositions de groupe, des biennales, où les pièces sont coincées parmi d'autres et ne respirent plus... J'aime aussi cette combinaison entre les différentes générations qui amène un nouveau regard sur les oeuvres, celles d'Art & Language, d'Anish Kapoor, de Lawrence Weiner par exemple. J'espère que le nouveau directeur artistique [Jan Debbaut] continuera à développer cela, pour que le festival ait plus d'écho internationalement, parce que de l'étranger on ne le connaît pas vraiment. Jean-Marc a déjà changé beaucoup de choses, il lui a donné plus d'ampleur en invitant de nombreux artistes étrangers, et ce serait bien si cela pouvait continuer. Je pense qu'il y a vraiment du potentiel pour une ville comme Toulouse. On est arrivé cette année à un niveau très haut internationalement. 21



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