Multiprise n°4 déc 06/jan-fév 2007
Multiprise n°4 déc 06/jan-fév 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de déc 06/jan-fév 2007

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association TA

  • Format : (173 x 246) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 20,5 Mo

  • Dans ce numéro : Enna Chaton.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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-6- peturojenbizi MI RADA, ou comment montrer l'impalpable. Le spectacle Mirada, mis en place par un collectif d'artistes chorégraphes, scénographes et créateurs musicaux, a comme ambition de donner une vision de la guerre civile espagnole. C'est un beau projet, c'est un projet forcément grave, difficile, complexe pour le moins. La guerre civile espagnole a déjà fait l'objet de maints ouvrages, de maintes propositions artistiques, d'innombrables études et commentaires. Et cependant, elle est toujours là, présente, comme une immense friche dont il reste de nombreux arpents à exploiter. Mirada se focalise logiquement sur un territoire particulier, celui de cette terre aragonaise cramponnée aux Pyrénées et plus précisément vers cet axe toulousain qui fait de la capitale de la région celle également de l'exil républicain. Le spectacle se décline dans une transversalité esthétique sensible et intelligente : à des documents vidéographiques narrant l'historicité de ce conflit meurtrier, se surimposent des rythmiques sonores -musicales- et l'investissement spatial d'une chorégraphie explicite. Les corps se tordent, s'affrontent, ils chutent, se relèvent et se crispent dans des efforts désespérés de survie, jusqu'à finalement s'effondrer, rendus exsangues, balayés par la décharge irrépressible d'une haine carnivore. Dans son déroulement, ce spectacle réussit à illustrer la fatalité d'une douleur qui se vide jusqu'à tressaillir et se voir déportée de son enveloppe propre, exclue en quelque sorte, rejetée, rendue exote. C'est alors un « beau » spectacle, et on se prend à l'apprécier pour ce qu'il montre, pour ce qu'il restitue, pour ce qu'il révèle dans la durée de son accomplissement métaphorique. Là, on ne vous parle pas que de la guerre, on vous convie à mesurer les cruautés d'une absurdité singulière, et partant exécrable : celle de votre indescriptible schizophrénie, qui vous voit vous partager en deux, déraciné et dans le même temps identifié comme l'abomination d'une fraternité dédoublée. Ici -chez soi peut-être- n'est guère loin d'ailleurs, très proche d'une frontière aussi diffuse que précise ; celle capable de délimiter l'exclusion. Et pourtant, cette perception de l'indicible, malheureusement liée à tous les conflits intégristes, pourrait-elle fonctionner dans sa reconnaissance inédite si ne s'affichaient pas en exergue les références citationnelles des images défilant sur l'écran en toile de fond de scène ? Ce cadrage nourri d'informations pertinentes se dévoile alors comme l'appareillage indispensable à la compréhension d'une chorégraphie au bout du compte (in)dissociable dans la narration qu'elle décline. Paradoxe : un lieu -celui du crime assurément doit s'insinuer dans nos rétinespour que le spectacle prenne sens dans la globalité de son interaction. Ramon Tio Bellido 23.11.2006 MIRADA le spectacle. Danseurs : Merise BORRAZ et Anyka ASIN AINOZA, 07.04.2006 Crédit photo Simon LE LAGADEC 17



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