Multiprise n°4 déc 06/jan-fév 2007
Multiprise n°4 déc 06/jan-fév 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de déc 06/jan-fév 2007

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association TA

  • Format : (173 x 246) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 20,5 Mo

  • Dans ce numéro : Enna Chaton.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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12 -6- miturojedEirt La Déroute Empalot en haut de t'affiche. La gestation dure depuis plus d'un an et demi, environ six cents personnes ont directement participé à l'élaboration d'un catalogue, adaptation du célèbre catalogue La Redoute, deux kilos et 1236 pages. Tout y est : la typo, la mise en page, le graphisme, la qualité d'impression, on s'y croit. La Déroute, certainement pas ici. Ici on sait ou l'on va et d'où l'on vient, on sait surtout rester lucide. En détournant l'image et ses codes, l'artiste Nicolas Simarik s'attaque à la société de consommation. Coutumier du genre, il a déjà transformé le quotidien « Métro » en « Boulot » et rédigé deux « que sais-je » sur lui-même. « L'exercice du détournement établit une complicité immédiate, précise-t-il. Les gens reconnaissent le support d'origine. Le décalage éveille leur curiosité et les interroge avec humour (...) Je souhaite bousculer les idées reçues, poursuit l'artiste. Ces gens que l'on cache dans les cités, je les expose sur ces pages et sur les tours des immeubles. Regardez-les ! Voyez comme ils sont beaux. » Il n'y a presque plus que dans l'art que l'on voit des vrais gens. Les habitants d'Empalot s'approprient comme citoyens une légitimité dont aucun mannequin ne peut discuter. Les médias nous renvoient une image déformée, et même instrumentalisée de la réalité du quotidien. Le quotidien d'un quartier comme Empalot c'est des visages, des visages par centaines, et autant de rencontres, de cultures, d'échanges et de sourires. C'est tout cela que je sens en feuilletant le catalogue. La beauté n'est pas dans le vêtement mais dans celui qui le porte. De six mois à quatre-vingt-dix ans, de toutes les couleurs, et à toute heure ils rappellent que le terme habiter ne signifie pas uniquement se loger, manger, regarder la TV et dormir, mais aussi exister en tant qu'individus qui regardent, qui pensent, qui rêvent, qui parlent. Ici les jardins sont rares, ce que l'on cultive n'a rien à voir avec les pelouses de la Prairie des Filtres, c'est l'idée d'une conscience collective qui est en fleur. Une oeuvre collective, une plateforme démocratique m'explique Gérard Goël, président de l'association Entrez Sans Frapper : « toujours pour et avec les autres », il faut interpeller le regard des gens pour changer leur façon de regarder et de ce fait changer l'image qu'on a les uns des autres. L'art se présente aujourd'hui comme de la politique réelle, au sens noble du terme et n'a rien d'une supercherie ou d'une escroquerie. Paul Ferrer
-0- CEuit- jus Thomas Deudé, 2006 Dne_OB série (La surpopulation', extraits



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