Multiprise n°3 sep/oct/nov 2006
Multiprise n°3 sep/oct/nov 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3 de sep/oct/nov 2006

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association TA

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 12,3 Mo

  • Dans ce numéro : Philippe Fangeaux... « Mêmepamal ».

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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8 -o- Pesp_au « Prends tes tongs, on va voir une expo. » Prends tes tongs, on va voir une expo. » A L'aube de l'automne, précisément du 22 septembre au 15 octobre, « le Printemps de Septembre » (ndlr : PSI, reviendra se poser A l'aube de l'automne, précisément du 22 septembre au 15 octobre, « le Printemps de Septembre » (ndlr : PS), reviendra se poser sur l'indécrottable hiver culturel toulousain. Ce dernier tome de la trilogie Bustamante, qui préfère parler de triptyque, s'intitulera « lignes brisées » et s'inscrira dans la continuité des deux précédents, « In Extremis » et « Vertiges ». Autant vendre la mèche immédiatement, je n'ai assisté à aucune de ces deux éditions et je ne pourrai pas assister à celle qui occupe mon propos, je sévirai en d'autres lieux. Néanmoins, le fantasme d'une obligation contractuelle envers Multiprise m'astreint à la rédaction de cet article. Sans ces considérations météorologiques et paysannes, glanées au sortir de la bouche burinée par le soleil d'un agriculteur occupant le tiers gauche de mon téléviseur (13h13, première chaîne) : « — Millediou, y a plus de saisons, plus de flotte, on va tout perdre ! », j'aurais sans doute fait page blanche. Mentalement, la collision de cette citation avec le dossier de presse du PS, lâchement abandonné sur mon bureau et auréolé de café, suscite mon interrogation. L'homme de la terre tient-il raison ? Si c'était le cas, que penser de ce printemps qui vient nous foutre le bordel en septembre ? sur l'indécrottable hiver culturel toulousain. Ce dernier tome de La trilogie Bustamante qui préfère parler de triptyque, s'intitule « lignes brisées » et s'inscrira dans la continuité des deux précédents, « ln Extremis » et « Vertiges ». Autant vendre la mèche immédiatement, je n'ai assisté à aucune de ces deux éditions et je ne pourrai pas assister à celle qui occupe mon propos, je sévirai en d'autres lieux. Néanmoins, le fantasme d'une obligation contractuelle envers Multiprise m'astreint à la rédaction de cet article. Sans ces considérations météorologiques et paysannes, glanées au sortir de la bouche burinée parle soleil d'un agriculteur occupant le tiers gauche de mon téléviseur (13h13, première chaîne) : 41- Millediou, y a plus de saisons, plus de flotte, on va tout perdre ! », j'aurais sans doute fait page blanche. Mentalement, la collision de cette citation avec Le dossier de presse du PS, lâchement abandonné sur mon bureau et auréolé de café, suscite mon interrogation. !.:homme de la terre tient-il raison ? Si c'était le cas, que penser de ce printemps qui vient nous foutre le bordel en septembre ? Restons pragmatiques, pensons positifs. Du point de vue de la pénurie de liquide, soyons sûrs que la flotte Bustamante (Isabelle Gaudefroy, Pascal Pique, Mirjam Varadinis) saura garantir son absence. Pour les saisons, c'est un peu plus compliqué. Le PS n'a pas toujours été le PS. D'abord, il fut le PC (printemps de Cahors) puis déplacé à Toulouse, probablement mu par un phénomène physique franco-français appelé centralisation, à moins que ce ne soit pour quelconque autre raison, il fut rebaptisé Printemps de Septembre. Pourquoi Printemps de Septembre et pas Printemps Toulousain ou Printemps de Toulouse ? Restons pragmatiques, pensons positifs. Du pint de vue de la pénurie de liquide, soyons surs que la flotte Bustamante (Isabelle Gaudefroy, Pascal Pique, Mirjam Varadinisl saura garantir son absence. Pour les saisons, c'est un peu plus compliqué. Le PS n'a pas toujours été le PS. D'abord il fut le PC (printemps de Cahors) pui déplacé à Toulouse, probablement mu par un phénomène physique franco-français appelé centralisation, à moins que ce ne soit pour quelconque autre raison, il fut rebaptisé Printemps de Septembre. Pourquoi Printemps de Septembre et pas Printemps Toulousain ou Printemps de Toulouse ? Les abattoin ; Les abattoirs Nedko SOLAKOV, « Bad », 2006 Feutre sur différents supports (détail) Vue de l'exposition à la galerie Gagosian, Berlin, e— Biennale de Berlin Courtesy de l'artiste et galerie Arndt & Partner, Berlin/Zurich Crédit photo : Nedko Solakov Nedko SOLAKOV, « Bad•, 2006 Feutre sur différents supports [détail) Vue de exposition à la galerie Gago&ian, Berlin, 4""'Biennale de Berlin CGurtesy d rartisle galerie Arndt&. Partner, Benin/Zurich Crédphoto : Nedko Solakcw Sans doute était-il nécessaire de rompre avec l'appellation précédente pour marquer la mutation. Des données géographiques auraient, sans doute encore, bridé le symbole d'un changement d'échelle, la suggestion d'un passage à l'adulte et l'expression des ambitions du festival. Sans doute était-il nécessaire de rompre avec l'appellation précédente pour marquer la mutation. Des données géographiques auraient, sans doute encore, bridé le symbole d'un changement d'échelle, la suggestion d'un passage à l'adulte et l'expression des ambitions du festival. Pour autant, le choix de conserver un clin d'oeil saisonnier fait aux coeurs gris de la rentrée s'est, je suppute, imposé. Ils ont gardé Printemps. D'une part parce qu'il fallait bien conserver une trace de cet historique lotois, d'autre part, parce que c'est, au départ, une idée assez bonne, mignonne et pleine de bonnes intentions. Pour autant, le choix de conserver un clin d'oeil saisonnier fait aux coeurs gris de la rentrée s'est, je suppute, imposé. Ils ont gard Printemps. D'une part parce qu'il fallait b1en conserver une trace de cet historique lotois•. du tre part, parce que c'est, au départ, une 1dee assez bonne, mignonne et ple ine de bonnes intentions.
Mais, Printemps tout seul ça ne suffit pas, ils ajout eront de Septembre. Là, de deux choses l'une, ou ce sont des gens adeptes du simple, Mais, Printemps tout seul ça ne suffit pas, ils ajouteront de Septembre. Là, de deux choses l'une, ou ce sont des gens adeptes du simple, ou ce sont des communicants. Sans crainte de trop me tromper, je choisis la deuxième option et considère qu'il s'agit de techniciens affûtés et rompus aux stratégies de merchandising pour qui le nom n'est pas un nom, mais une dénomination, une identité textuelle dont le but est d'animer, entre les lignes, un pataquès de champs sémantiques et lexicaux pour marquer son produit, se définir. Clairement, cela signifie que, quand les budgets sont suffisamment élevés, on se déchire pour pondre des chevaux de Troie à vocation commerciale, des formules, avec des messages dedans. Dans l'affaire qui nous concerne, des sous, y en a. Si, si, je vous assure. Yen a et, puisque le thème de cette année est « lignes brisées », profitons-en pour aller y faire un tour entre (les lignes) et voir ce que promet la formule. Printemps de Septembre, ça sonne bien. Ça résonne de contradictions en traduisant un état anormal qui est, par définition, le propre de l'événement. Bien vu, judicieux. Au niveau du positionnement culturel, ça l'est, à mon sens, beaucoup moins. Je m'explique : ça laisserait sous-entendre que ce mois de septembre, traditionnellement gris et studieux, serait éclairé et réchauffé par le potentiel solaire d'un événement culturel, un artifice de douceur printanière. Question rayonnement, pas de problème, le dossier de presse promet « d'en mettre plein la tronche » *. Le bat blesse ailleurs. Dans cette interprétation, aujourd'hui standardisée de l'entreprise culturelle qui, inexorablement a priori, la rapproche de l'industrie touristique. Ça sent le pâté, le pique-nique du dimanche et les oreilles de Mickey. Conjuguant le concept de culture avec celui de villégiature, ça impulse encore une fois un populisme ambiant, généralisé et désastreux. En ces temps estivants, je qualifierai cette mécanique qui mute l'objet culturel en une espèce de destination touristique, semblable à n'importe quelle station balnéaire, par un mot de mon invention, « balnérisation ». Attention, c'est une formule, y a un message ou ce sont des communicants. Sans crainte de trop me tromper, je choisis la deuxième option et considère qu'il s'agit de techniciens affûtés et rompus aux stratégies de merchandising pour qui le nom n'est pas un nom, mais une dénomination, une identité textuelle dont le but est d'animer, entre les lignes, un pataquès de champs sémantiques et lexicaux pour marquer son produit, se définir. Clairement, cela signifie que, quand les budgets sont suffisamment élevés, on se déchire pour pondre des chevaux de Troie à vocation commerciale, des formules, avec des messages dedans. Dans l'affaire qui nous concerne, des sous, y en a. Si, si, je vous assure. Y en a et, puisque le thème de cette année est « lignes brisées », profitons-en pour aller y faire un tour entre (les lignes) et voir ce que promet la formule. Printemps de Septembre, ça sonne bien. Ça résonne de contradictions en traduisant un état anormal qui est, par définition, le propre de l'événement. Bien vu, judicieux. Au niveau du positionnement culturel, ça l'est, à mon sens, beaucoup moins. Je m'explique : ça laisserait sous-entendre que ce mois de septembre, traditionnellement gris et studieux, serait éclairé et réchauffé par Le potentiel solaire d'un événement culturel, un artifice de douceur printanière. Question rayonnement, pas de problème, le dossier de presse promet « d'en mettre plein La tronche » *. Le bat blesse ailleurs. Dans cette interprétation, aujourd'hui standardisée de l'entreprise culturelle qui, inexorablement a priori, la rapproche de l'industrie touristique. Ça sent le pâté, le pique-nique du dimanche et les oreilles de Mickey. Conjuguant le concept de culture avec celui de villégiature, ça impulse encore une fo is un populisme ambiant, généralisé et désastreux. En ces temps estivants, je qualifierai cette mécanique qui mut e l'objet culturel en une espèce de destination touristique, semblable à n'importe quelle station balnéaire, par un mot de mon invention, « balnérisation ». Attention, c'est une formule, y a un message 1 H6telDieu Hôtel Dieu Julian ROSEFELDT, asylum, 2001 Julian ROSEFELDT, asylum, 2001 dedans. Balnérisation pour balnéaire, on nous prend pour des plagistes en quête de glace italienne et formés aux joies du camping ordinaire, ensuite, pour la proximité phonétique entre balnérisation et balkanisation. Je sais, c'est dur. Mais, au final, cette politique pousse à la fragmentation d'une unité culturelle qui bien qu'utopique reste l'idéal vers lequel nous devrions tendre. Un gros événement n'en draine pas une foison de petits. Pour l'instant, il en dispense ceux qui sont en charge de La gestion des affaires culturelles. Je rejoins ici l'éloquence paysanne, y a plus de saisons, un petit printemps puis l'hiver, quasiment plus rien. Dans ces conditions, dans cette logique de fête foraine, Le réchauffement culturel n'est pas différent de celui de dedans. Balnérisation pour balnéaire, on nous prend pour des plagistes en quête de glace italienne et formés aux joies du camping ordinaire, ensuite, pour la proximité phonétique entre balnérisation et balkanisation. Je sais, c'est dur. Mais, au final, cette politique pousse à la fragmentation d'une unité culturelle qui bien qu'utopique reste l'idéal vers lequel nous devrions tendre. Un gros événement n'en draine pas une foison de petits. Pour l'instant, il en dispense ceux qui sont en charge de la gestion des affaires culturelles. Je rejoins ici l'éloquence paysanne, y a plus de saisons, un petit printemps puis l'hiver, quasiment plus rien. Dans ces conditions, dans cette logique de fête foraine, le réchauffement culturel n'est pas différent de celui de la planète. Lui aussi, il appauvrit les récoltes et fait des trous dans la zone. Amis touristes, profitez bien du printemps, c'est l'hiver qui nous attend. la planète. Lui aussi, il appauvrit les récoltes et fait des trous dans la zone. Amis touristes, profitez bien du printemps, c'est l'hiver qui nous attend. BenSM BenSM *Ramon Tio Bellido, « mieux vaut tôt que jamais. *Ramon Tio Bellido, « mieux vaut tôt que jamais », Multiprise 00. Multiprise 00. 9



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