Multiprise n°3 sep/oct/nov 2006
Multiprise n°3 sep/oct/nov 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3 de sep/oct/nov 2006

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association TA

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 12,3 Mo

  • Dans ce numéro : Philippe Fangeaux... « Mêmepamal ».

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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4 Reriletcue Philippe Fangeaux Philippe Fangeaux Chapelle Saint-Jacques, Chapelle Saint-Jacques, Centre d'art contemporain/Saint-Gaudens 07/07/06 s 28/10/06 Centre d'art contemporain 1 Saint-Gaudens 07/07/06... 28/10/06 « Mêmepamal », oeuvre éponyme de l'exposition, renvoie à des « tarte ta gueule à la récré » dans une figuration enfantine et colorée. Un souvenir des sports d'hiver tout de même un peu cruel et curieux, avec en arrière fond une partie de paint-bail ? Les oeuvres de Philippe Fangeaux éclaboussent les murs blancs de la Chapelle Saint-Jacques en de grands et petits formats super colorés mais somme toute bien répartis et circonscrits telles les bribes de fresque sur la voûte. Fausse douceur, fausse violence, fausse ironie, faux kitch ? Difficile de percevoir un fil conducteur dans ces oeuvres où les compositions complexes côtoient des rapports d'échelle incongrus, où la violence est traitée par l'ébauche, où les couleurs lumineuses, réalistes ou non, convoquent une sorte de monde parallèle assez inquiétant, où la réalité flagrante devient floue et instable. Après tout, les apparences ne sont peut-être pas si trompeuses : la peinture est là, avec toute la liberté qu'elle peut offrir à l'artiste : « tous les coups sont permis » dit Fangeaux. Il a toujours peint tout en refusant de s'enfermer dans un genre. Il aime « mettre de la peinture », peindre sur le motif, « à l'huile, dans le frais, en une seule fois » pour mieux sans doute ancrer ses perceptions ; il a peint des paysages filmographiques, puis des animaux, des jouets, des humains et plus récemment des Télésouvenirs. Les oeuvres exposées, bouts de récit éparpillés surgissent de manière aussi intempestive que des images de journaux TV, s'imposent avec les même incohérences qu'un album photo feuilleté. S'il affirme n'être ni ironique', ni pessimiste, ni postmoderne, il revendique en revanche sa subjectivité et son implication avant tout autobiographique, avec une pointe de cruauté. Des attentats de Londres il retient l'image étonnante des bâches bleues dressées par Scotland Yard pour cacher « l'inregardable ». Il retient aussi des points de vue plus parta- Mêmepamal.., œuvre éponyme de l'exposition, renvoie à des « tarte ta gueule à la récré » dans une figuration enfantine et colorée. Un souvenir des sports d'hiver tout de même un peu cruel et curieux, avec en arrière fond une partie de paint-ball ? Les œuvres de Philippe Fangeaux éclaboussent les murs blancs de la Chapelle Saint-Jacques en de grands et petits formats super colorés mais somme toute bien répartis et circonscrits telles les bribes de fresque sur la voûte. Fausse douceur, fausse violence, fausse ironie, faux kitch ? Difficile de percevoir un fil conducteur dans ces œuvres où les compositions complexes côtoient des rapports d'échelle incongrus, où la violence est traitée par L'ébauche, où les couleurs lumineuses, réalistes ou non, convoquent une sorte de monde parallèle assez inquiétant, où la réalité flagrante devient floue et instable. Après tout, les apparences ne sont peut-être pas si trompeuses : la peinture est là, avec toute la liberté qu'elle peut offrir à l'artiste : « tous les coups sont permis » dit Fangeaux. Il a toujours peint tout en refusant de s'enfermer dans un genre. Il aime « mettre de la peinture », peindre sur le motif, « à l'huile, dans le frais, en une seule fois » pour mieux sans doute ancrer ses perceptions ; il a peint des paysages filmographiques, puis des animaux, des jouets, des humains et plus récemment des Télésouvenirs. Les œuvres exposées, bouts de récit éparpillés surgissent de manière aussi intempestive que des images de journaux TV, s'imposent avec les même incohérences qu'un album photo feuilleté. S'il affirme n'être ni ironique', ni pessimiste, ni postmoderne, il revendique en revanche sa subjectivité et son implication avant tout autobiographique, avec une pointe de cruauté. Des attentats de Londres il retient l'image étonnante des bâches bleues dressées par Scotland Yard pour cacher « l'in regardable ». Il retient aussi des points de vue plus parta- Série des tllsonirs - J.D, Série des télésouvenirs — J.0, 2001, huile sur toile, 16 x 22 cm photographique DRAC Midi- Pyrénées. 2001, huile sur toile, 16 x 22 tm Clphotographlque DRAC Mfdf­ Pyn ! nes. gés comme l'ombre d'un corps irréel suspendu dans sa chute le long des parois lisses du World Trade Center. Et à côté, une cascade rose, une vieille mutante, un corps, une explosion, une porte de ski rouge, des irruptions d'aplats colorés, une mouette à la montagne, du mobilier pop, une Vénus presque aussi lascive que celle de Cabanel, des enfants seuls qui cachent quelque chose... A l'étage, une série de visages effrayants ou drôles ou juste mal en point qui ont une « gueule » comme dirait Gombrowicz2, qui appartiennent à la nature, à un archaïsme oublié, qui ont su préserver la liberté de l'animal, l'impunité du sauvage. Le malaise naît de la tension entre le bizarre et l'identifiable, de la confidence ébauchée et tue mais surtout, de la petite indécence latente de tout mélanger : la religion, (le petit Saint Sébastien à la neige), les vacances, les drames mondiaux, les faits divers... Telles des miniatures persanes, les tableaux-pièges de Fangeaux absorbent les complexités, brouillent les cartes, rendent compatible l'incompatible, « minent secrètement la syntaxe ». Ce collage contemporain parvient peu à peu à être léger, invite un imaginaire à l'imprécision assumée ; le sien, le nôtre, peu importe. La télévision fabrique des images et l'image s'arrête quand il y a la peinture. Comme tout langage la peinture a du sens si le doute n'envahit pas tout instinct de vie. Uceuvre de Fangeaux, fondatrice parce que déstabilisante, est dans ce raisonnement de Wittgenstein mais aussi dans le cinéma de Godard : « Dans le cinéma comme dans la vie, il n'y a rien de secret, rien à élucider, il n'y a qu'à vivre - et à filmer ». gés comme l'ombre d'un corps Irréel suspendu dans sa chute le long des parois lisses du World Trade Center. Et à côté, une cascade rose, une vieille mutante, un corps, une explosion, une porte de ski rouge, des irruptions d'aplats colorés, une mouette à la montagne, du mobilier pop, une Vénus presque aussi lascive que celle de Cabanel, des enfants seuls qui cachent quelque chose... A l'étage, une série de visages effrayants ou drôles ou j uste mal en po int qui ont une « gueule » comme dirait Gombrowicz2, qui appartiennent à la nature, à un archaïsme oublié, qui ont su préserver la liberté de l'animal, l'impunité du sauvage. Le malaise naît de la tension entre le bizarre et l'identifiable, de la confidence ébauchée et tue mais surtout, de la petite indécence latente de tout mélanger : la religion, (le petit Saint Sébastien à La neige), les vacances, les drames mondiaux, les faits divers... Telles des miniatures persanes, les tableaux-pièges de Fangeaux absorbent les complexités, brouillent les cartes, rendent compatible l'incompatible, « minent secrètement la syntaxe ». Ce collage contemporain parvient peu à peu à être léger, invite un imaginaire à l'imprécision assumée ; le sien, le nôtre, peu importe. La télévision fabrique des images et l'image s'arrête quand il y a la peinture. Comme tout langage la peinture a du sens si le doute n'envahit pas tout instinct de vie.L.:œuvre de Fangeaux, fondatrice parce que déstabilisante, est dans ce ra isonnement de Wittgenstein mais aussi dans le cinéma de Godard : « Dans le cinéma comme dans la vie, il n'y a rien de secret, rien à élucider, il n'y a qu'à vivre - et à filmer >. Bernadette Morales Bernadette Morales
Baptême Baptime du feu, f6u, 2()05, 2005, huile &ur sur toile, toil6, 200 2()0 x 258 cm. « photographiqua photographique DRAC MidiPynlnées. Midi-Pyrénées. « Mêmepamal », « Miimepamal », 2004, huile sur toile, 170 x 160, Collec:tion Collection du Fond Communal de la Ville



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