Multiprise n°3 sep/oct/nov 2006
Multiprise n°3 sep/oct/nov 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3 de sep/oct/nov 2006

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association TA

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 12,3 Mo

  • Dans ce numéro : Philippe Fangeaux... « Mêmepamal ».

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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10 -e- Ramorairetart Et si tu n'existais pas Et si tu n'existais pas A La Plage ALaPlage L'invitation de Multiprise qui m'est faite, de dresser un état des lieux de l'association ALaPlage, est l'occasion d'analyser un parcours de dix ans, d'aventures artistiques, sociales et politiques. Lorsqu'en 95 je sors de l'école des Beaux Arts de Toulouse, se pose immédiatement la question de l'avenir de ma pratique plastique dans cette ville. Le paysage artistique n'y est pas des plus excitants en termes de nouveautés ou plus simplement de connexion avec son temps. Les modes d'exposition sont classiques. Des noms étalés au Centre d'art de Labège, aux initiatives festives et néanmoins productives, des Curieux dans leurs ateliers, cet écart de modèles se retrouve ailleurs en France. Même si le Bond de la Baleine à Bosse privilégie un travail de réinsertion en développant les expositions d'artistes locaux. Et dans un registre plus indépendant, sans aide, Laurent Redoulès, peintre, invite chez lui des artistes une fois par mois, le 22. Des positions simples où l'artiste expose d'autres artistes comme celle de RLBQ à Marseille ou la Station à Nice, n'ont pas encore vu le jour ici.L.:invitation de Multiprise qui m'est faite de dresser un état des lieux de l'association ALaPlage, est l'occasion d'analyser un parcours de dix ans, d'aventures artistiques sociales et politiques.'Lorsqu'en 95 je sors de l'école des Beaux Arts de Toulouse, se pose immédiatement la question de l'avenir de ma pratique plastique dans cette ville. Le.paysage artistique n'y est pas des plus ec1tants en termes de nouveautés ou plus Simplement de connexion avec son temps. Les modes d'exposition sont classiques. Des n"':l éalés au Centre d'art de Labège, aux m1t1at1ves festives et néanmoins productives, des Curieux dans leurs ateliers cet écart de modèles se retrouve ailleur en France. Même si le Bond de la Baleine à Bosse privilégie un travail de réinsertion en développant les expositions d'artistes locaux. E dans un registre plus indépendant, sans a1de, Laurent Redoulès, peintre invite chez lui des artistes une fois par moi, le 22. Des poitions simples où l'artiste expose d'autres art1stes comme celle de RLBQ à Marseille ou a. Station à Nice, n'ont pas encore vu le jour ICI. Un mouvement général était en train de naître, en Angleterre, avec des structures comme City Racing, Bank et d'autres lieux alternatifs de Londres, Manchester ou Glasgow, qui bouleversent le paysage artistique local. Cette scène dévoilée au musée d'art moderne de la ville de Paris, dans l'exposition Live/Life en 96, montrait la nécessité de passer à l'action. Le grand écart de ces structures, réside dans la distorsion entre le côté « ma petite entreprise » du versant communicationnel (enseignes, papier en tête) et l'énergie et la spontanéité de leurs propositions curatoriales. Il a fallu patienter 3 longues années pour voir une proposition équivalente dans le même musée, au sujet de la scène française, avec la bien nommée ZAC 99. Un mouvement général était en train de naître, en Angleterre, avec des structures comme City Racing, Bank et d'autres lieux alternatifs de Londres, Manchester ou. Gasgow, qui bouleversent le paysage art1st1que local. Cette scène dévoilée au musée d'art moderne de la ville de Paris dans l'exposition Live/Lite en 96 montrait l nécessité de passer à l'action.'Le grand écart de ces structures, réside dans la. distorsion entre le côté « ma petite entrepnse » du versant communicationnel (enseignes, pa.ie ; en tête) et l'énergie et la pontane1te de leurs propositions curatonales. Il a fallu patienter 3 longues années pour voir une proposition équivalente dans le même musée, au sujet de la scène française, avec la bien nommée ZAC 99. parisiens ont été conviés au raout d'honneur, point de salut pour la province. Sur place la diversité des propositions, rendue par des journées aux programmes chargés de conférences, concerts et autres rendez-vous actifs, dévoile la spontanéité de ces lieux, révélant un vivier en train d'éclore. L'émergence de nouveaux courants se fait grâce à cette nouvelle génération de lieux gérés par les artistes, des espaces laboratoires où apparaissent de nouvelles pratiques de production et de diffusion. Acteurs, producteurs et opérateurs, les artistes inventent et créent de nouveaux champs et de nouvelles postures face aux publics en signifiant leur inscription active dans la vie de la cité. Avec d'autres artistes issus d'écoles d'art françaises nous choisissons de nous rassembler pour mettre en place un type de structure encore inexistante où production (travail vers l'artiste) et diffusion (travail vers les publics) sont étroitement liées. Avec en prime la mise en réseau d'une scène vivifiante qui est en train de se constituer partout en France. L'inscription dans ce paysage nous a motivé à fantasmer un lieu idéal où l'art en cours serait privilégié par l'expérimentation de processus d'exposition et de mise en contact avec les publics, en appuyant la programmation sur de fortes transversalités, vers la musique par exemple. Un lieu vivant et réactif où les artistes trouveraient l'écoute nécessaire à leur travail, ainsi que les moyens et la flexibilité nécessaires au processus créatif. Un lieu fonctionnant dans la ville toute l'année serait un lien constant avec ses habitants. Une position sédentaire en réaction aux politiques culturelles événementielles qui allouent la quasi-totalité de leurs budgets aux festivals. parisiens ont été conviés au raout d'honneur point de salut pour la province.'Sur place la diversité des propositions rendue par des journées aux programme chargés de conférences, concerts et autres rendez-vous actifs, dévoile la spontanéité de ces lieux, révélant un vivier en train d'éclore.L.:émergence de nouveaux courants se fait grâce à cette nouvelle génération de lieux gérés par les artistes, des espaces laboratoires où appraissent de nouvelles pratiques de production et de diffusion. Acteurs, producteurs et opérateurs, les artistes inventent et créent de nouveaux champs et duvelles postures face aux publics en s1gn1f1ant leur inscription active dans la vie de la cité. Avec d'autres artistes issus d'écoles d'art françaises nous choisissons de nous rassembler pour mettre en place un type de structure encore inexistante où production (travail vers l'artiste) et diffusion (travail vers les publics) sont étroitement liées. Avec en prime la mise en réseau d'une scène vivifiante qui est en train de se constituer partout en Frac. _L.:inscription dans ce paysage nous a mot1ve a fantasmer un lieu idéal où l'art en cours serait privilégié par l'expérimentation de processus d'exposition et de mise en contact avec les publics, en appuyant la programmation sur de fortes transversalités vers la musique par exemple. Un lieu vivant et réactif où les artistes trouveraient l'écoute nécessaire à leur travail, ainsi que les moyens et, laflexibil_ité nécessaires au processus creatif. Un l1eu fonctionnant dans la ville toute l'année serait un lien constant avec ses habitants. Une position sédentaire en réaction aux politiques culturelles événementielles qui allouent la quasi-totalité de leurs budgets aux festivals. Ce sont 7 artistes qui passent à l'action pour créer ALaPlage en 1996. Un an plus tard les statuts de l'association sont déposés et en juin 98 a lieu l'inauguration de notre premier espace. Ce sont 7 artistes qui passent à l'action pour créer ALa Plage en 1996. Un an plus tard les ttuts d l'aociation sont déposés et en JUin 98 a l1eu lmauguration de notre premier espace. Mes années d'apprenti curator trouvèrent là un terrain ludique mais ancré dans le pragmatisme. Nos préoccupations se sont aiguisées dans cette démarche empirique. Mes années d'apprenti curator trouvèrent là un terrain ludique mais ancré dans le pragmatisme. Nos préoccupations se sont aiguisées dans cette démarche empirique.
1 Cart HURTIN, 2005, UMPJ, performance place de la Bourse I Cari HURTIN, 2005, UMPJ, performance place de la Bourse ALP le coUectlf, 2005, « Vivons Groupés,. ALP le collectif, 2005, « Vivons Groupés » résidence itinérante au Québec ri.sidence itinirante au Quibec Jean•Bapti&ta Fartœs. 2004, I Jean-Baptiste Farkas, 2004, « IKHEA@ SERVICE N°4 » l'annulation d'espaces « IKHEAt:l SERV1CE N°4,. l'annulation d'espaces L'objectif était d'explorer Le plus de tentatives d'expositions possibles. Nous prenons alors place dans nos murs, une ancienne boutique de fleurs du boulevard des Minimes. Les membres de ALaPLage, sans subventions, avec l'aide de Leur maigre RMI L'objectif était d'explorer le plus de tentatives d'expositions possibles. Nous prenons alors place dans nos murs, une ancienne boutique de fleurs du boulevard des Minimes. Les membres de ALaPlage, sans subventions, avec l'aide de leur maigre RMI et quelques adhérents, commencent à inviter des artistes de tous horizons, en finançant séjours et déplacements. Aux vues de nos faibles moyens, l'invention était l'attitude la plus réaliste. Une exposition comme « Imagine un aveugle qui rêve » en est l'exemple le plus évident. « À la plage » nouvelle de Bret Easton Ellis exposant l'agonie d'une jeune fille atteinte de mucoviscidose, sur la plage de Malibu, est envoyée aux artistes. La consigne : proposer une pièce en réaction au texte, avec pour contrainte de ne pas la réaliser euxmêmes. À nous la mise en oeuvre à l'aide de leurs instructions énoncées sur différents supports. Nous retiendrons l'infortuné canari de Francesco Finizio contraint d'écouter les airs chantés par le public dans le répondeur laissé à cet effet. Au terme de 2 ans de programmation autofinancée nous avons tenu à affirmer notre position en demandant des subventions. Les premiers à nous soutenir ont été le Conseil Régional vite suivi par la Drac. La Mairie s'engagera seulement en 2002. Notre déménagement rue Roquelaine, dans un espace plus grand, plus central et surtout à la forte identité architecturale (baie vitrée et plafonds à seulement 2 mètres) nous a permis de faire évoluer notre politique d'exposition. Changement accentué par les moyens qui nous étaient alors attribués, ainsi que les emplois que nous venions de créer, aidés par la Région. Jusqu'en 2005, nous enchaînons expositions, concerts et performances côté plage, et de nombreuses productions et manifestations côté collectif, 5 ans qui nous ont forgés et épuisés. La suite logique aux expositions collectives bâties sur des procédés ou des scénarios était d'approfondir le rapport à chaque artiste. Il s'agissait de s'attaquer à l'exposition personnelle sans toutefois abandonner nos premières amours, juste une étape, une prise et quelques adnérents, commencent à inviter des artistes de tous horizons, en finançant séjours et déplacements. Aux vues de nos faibles moyens, l'invention était l'attitude la plus réaliste. Une exposition comme « Imagine un aveugle qui rêve » en est L'exemple le plus évident. « À la plage » nouvelle de Bret Easton Ellis exposant l'agonie d'une jeune fille atteinte de mucoviscidose, sur la plage de Malibu, est envoyée aux artistes. La consigne : proposer une pièce en réaction au texte, avec pour contrainte de ne pas la réaliser euxmêmes. À nous la mise en œuvre à l'aide de leurs instructions énoncées sur différents supports. Nous retiendrons l'infortuné canari de Francesco Finizio contraint d'écouter les airs chantés par le public dans le répondeur laissé à cet effet. Au terme de 2 ans de programmation autofinancée nous avons tenu à affirmer notre position en demandant des subventions. Les premiers à nous soutenir ont été Le Conseil Régional vite suivi par la Drac. La Mairie s'engagera seulement en 2002. Notre déménagement rue Roquelaine, dans un espace plus grand, plus central et surtout à La forte identité architecturale ! baie vitrée et plafonds à seulement 2 mètres] nous a permis de faire évoluer notre politique d'exposition. Changement accentué par les moyens qui nous étaient alors attribués, ainsi que Les emplois que nous venions de créer, aidés par la Région. Jusqu'en 2005, nous enchaînons expositions, concerts et performances côté plage, et de nombreuses productions et manifestations côté collectif, 5 ans qui nous ont forgés et épuisés. La suite logique aux expositions collectives bâties sur des procédés ou des scénarios était d'approfondir le rapport à chaque artiste. Il s'agissait de s'attaquer à L'exposition personnelle sans toutefois abandonner nos premières amours, juste une étape, une prise 11



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