Multiprise n°2 jun/jui/aoû 2006
Multiprise n°2 jun/jui/aoû 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de jun/jui/aoû 2006

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association TA

  • Format : (173 x 246) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,8 Mo

  • Dans ce numéro : Les Siestes Électroniques 5e édition.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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6 Marathon des mots Coupe du Monde Toulouse, 15|06|06 > 18|06|06 Rédiger un article sur le marathon des mots pour Multiprise. 3500 caractères. Un sprint. Trop court pour raconter Philippidés, trop long pour la simple promotion dont, qui plus est, je ne suis pas adepte. Gageons que la communication visuelle ornementant l’événement sera légion, vous saurez vous rendre chez vos habituels dépositaires et y trouver les informations nécessaires. Je ne m’y attarderai pas. 1 – Site web dédié, www.lemarathondesmots.com, click sur presse/servicedepresse/lien sur ma boîte mail/sollicite l’envoi du dossier de presse. 2 – Lecture 3 –... Chargé. Cette fin de semaine du mois de juin – du 15 au 18 - sera culturelle ou ne sera pas. Des personnalités : Bouquet, Ecco, Higelin entre autres, des tentatives culturelles, lectures et représentations diverses. Beau programme. Un événement plus particulier, sans doute mineur au demeurant, retient toute mon attention : La coupe du monde des mots. Conçue et élaborée à l’occasion de la coupe du monde de football, qui se déroulera au même moment en Allemagne et sur vos télévisions. Clin d’oeil ou pied de nez, au gré de l’interprétation, la formule, « qui sera l’occasion de venir écouter des textes forts et singuliers d’auteurs contemporains écrits spécialement pour le marathon des mots, pour certains très connus, pour d’autres à découvrir, et nous fera partir à la découverte Photomontage Ben SM. de 32 identités culturelles », sans doute inédite et jubilatoire dans le cerveau d’un chargé de communication, apparaît, suivant les humeurs, amusante, navrante voire audacieuse. Tout dépendra du spectacle. Dans le jeu ce qui est important, c’est le jeu précisément. Parlons-en du jeu. Rien n’est dit sur les règles et le cadre de la compétition : « au total 19 matchs de 40 minutes, 2 demi-finales, une finale, avec en exclusivité le vainqueur de la coupe du monde des mots ». Je dois pouvoir concevoir que dans le découpage organisé du temps libre, il existe un auditoire disputé entre un France/Brésil et la lecture de quelques proses par Carole Bouquet, mais cette précieuse corrélation, introduite par la grâce du précédemment cité chargé de communication, me laisse - comme souvent - perplexe. Doit-on réellement chercher à continuer de traduire l’objet culturel en objet de communication pour sous-tendre son existence médiatique ? La question est posée. La réponse du marathon est claire, la lecture du dossier de presse éclaire un fort potentiel de rayonnement médiatique, entretenu par la présence de nombreuses célébrités. Un événement sans doute à l’échelle des prétentions toulousaines, parallèle à l’envol d’un A380, à un printemps de septembre, ou à une victoire en coupe d’Europe, propre à nous laisser penser que la ville rose vise le statut de capitale culturelle européenne. Statut qui, éventuellement, pourrait conduire les équipes de Monsieur le Maire à multiplier les entreprises culturelles et permettre au staff du marathon d’assumer sa vocation en prospectant la jeune création. Les logiques et les volontés semblant rassemblées, reste plus qu’à virer le chargé de com. 7 - RIMBAUD 16 - SARTRES 3 - GAINSBOURG 15 - VIAN, 18 - BALZAC 9 - BOURDIEU 19 - DESPROGES 8 - CENDRAS 6 - COLUCHE 10 - LAUTRÉAMONT 17 - BRETON Ben Sm
AFIAC Plaisir d’offrir, joie de recevoir. fiac, 23|06|06 > 25|06|06 Fiac, dans le département du Tarn, 711 habitants pendant l’année et plus de 2000 pendant 3 jours en juin. 10 familles fiacoises ont reçu en résidence 10 artistes issus de la jeune scène artistique contemporaine. 10 œuvres d’art ont vu le jour suite à cet échange peu commun et ces familles d’accueil ouvrent donc, le temps d’un weekend forcément ensoleillé, la porte de leur maison au public qui est invité à découvrir autant les œuvres que les personnes ayant participé à l’aventure. Car tout se passe chez l’habitant et c’est cette collusion entre la sphère du privé et celle du public qui imprime la dynamique de ces 3 derniers jours de juin à tout un village. Cette forme de radicalité offre un parti pris intéressant : faire se cotoyer deux univers sociaux qui, a priori, ne sont pas faits pour être ensemble. Et pourtant, ça marche, comme dirait l’autre. Loin d’être le couple mal assorti, art très contemporain (rat des villes) et public non initié (rat des champs) se bécotent toute la journée, ce qui n’empêche pas (on imagine) quelques disputes, mais qui doivent se régler au café du village autour d’un verre… L’instigatrice du projet « plus si affinité » en est l’AFIAC 1, créée en 1999 à l’initiative de Patrick Tarrès et cette association multiplie depuis 7 ans avec succès l’expérience de l’artiste en résidence chez l’habitant. Cette année, Pascal Pique, commissaire de l’exposition, propose une thématique riche de sens, prolongeant les approches de l’édition 2005 : le fantasme, le rêve, l’étrange. Le décor est posé : tisser la trame de la fantasmagorie, créer un paysage mental onirique. Mais Fiac c’est avant tout l’espace de la rencontre : entre les artistes et les familles d’accueil, entre le public et les artistes, eux-mêmes dévoilés au public par leurs hôtes, entre le public et les familles… Le mot « hôte » signifie à la fois celui qui invite et celui qui est reçu et cette richesse sémantique prend toute sa signification… La dimension de l’hospitalité révèle le monde de Fiac. Retournons à l’éthymologie… « hospitalité : générosité de cœur, sociabilité qui dispose à ouvrir sa porte, à accueillir quelqu’un chez soi, étranger ou non » 2. On a l’impression que chaque édition supplémentaire de « plus si affinité » tente de renforcer cette création de lien social, ces effervescences de la communication pour tenter de faire naître toutes les épiphanies possibles. A ce propos, l’édition 2006 propose pour la seconde fois une « pièce repas », et c’est encore une occasion de réunir tout le monde de façon simple et conviviale autour d’un dîner 3. Rappelonsnous comme mise en bouche justement le repas de l’année dernière concocté par la cellule « Eat Design » et la déambulation nocturne dans les prés de Fiac en guise de dessert, une paille fluorescente à la main, légèrement ivres… Mais Fiac c’est aussi la place du village et son café, et c’est finalement l’endroit où tout le monde se retrouve pendant ces trois jours, après avoir visité les différents lieux d’expo. Le café, c’est vraiment l’endroit de la rencontre, on boit des coups, on discute de ce que l’on a vu… Et le lieu n’impose pas uniquement l’échange d’idées…Bien au contraire…Repensons au titre… « plus si affinité » … Car à Fiac, il y a aussi des endroits où l’on peut s’assoupir, propices à la rêverie, à l’abandon…Des prés d’herbes loin des murmures de la ville…Retrouver d’une certaine manière cette poétique de la rêverie que semble nous proposer l’édition 2006 de Fiac. Didi Marinesque 1 Association fiacoise d’initiatives artistiques contemporaines. 2 Extrait du laboratoire d’analyse de la langue française, version simplifiée. 3 « Les réussites de la bouche » proposé par Laurent Moriceau et Pierre Giquel. 7



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