Multiprise n°2 jun/jui/aoû 2006
Multiprise n°2 jun/jui/aoû 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de jun/jui/aoû 2006

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association TA

  • Format : (173 x 246) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,8 Mo

  • Dans ce numéro : Les Siestes Électroniques 5e édition.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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22 Paloma Navares Almas heridas C’est à Paloma Navares, artiste espagnole de renommée internationale que l’Institut Cervantes de Toulouse (31/05 > 07/07/06) et le Château-musée du Cayla d’Andillac dans le Tarn (03/06 > 15/08/06) consacrent leur exposition estivale. Artiste mais femme avant tout, Paloma Navares place la question du féminin au centre de ses interrogations. Ainsi le corps fonctionnel, fragmenté, dissocié, disséqué, se distingue du corps ressenti, sensible tel qu’elle l’a vécu. La fiction médicale jouxte la réalité plastique, sonore et sculpturale de son travail. « Cobaye » de la science suite à sa connaissance du monde hospitalier, l’artiste sujette à de nombreux maux, laisse ici la place maîtresse aux mots mélancoliques d’auteurs romantiques vers lesquels tend son inspiration. Avec « Almas heridas » ou « âmes blessées », l’artiste instaure le dialogue entre ces poètes disparus, et son mal bien vivant, comme pour le dépasser, le transcender, peut-être le vaincre ? L’art et la littérature relèvent ici les barrières, flouent les frontières, emménagent ensemble sans ménager nos sens, et prennent la parole en chœur ; aussi ne dit-on pas que le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point ? L‘écriture prend corps accouchant d’un rapport nouveau entre installations et phrases désenchantées. A l’allure transparente, percée par la lumière, fragile comme le verre, le « troisième oeil intérieur » qu’est son œuvre, fait éclore la liaison intime qui coordonne presque « ombilicalement » la carnation, la chaire, le corps éprouvé, et nos sens meurtris, l’âme blessée. Aude Fournié Paloma NAVARES : A ALejandra Pizarnik, 2002 Sculpture (198 x 20 x 30 cm.)
Les BozArts « Études cool ! Études cool ! Et tu te coules dans un moule ! » Un ancien élève des Beaux-Arts qui retourne dans son école est partagé entre curiosité et nostalgie. Un peu d’espionnage industriel dans le regard, un peu de tendresse aussi pour des jeunes fiers d’être artistes. Rien de neuf en apparence, je commence par la salle 02 au rez-de-chaussée on y trouve le plus lourd le volume la sculpture qu’elle soit organique ou mécanique le rapport au corps est constant, des installations s’entassent. Elles s’occupent de l’espace, le changent en utilisant le plus souvent des matériaux pauvres. Maintenant direction les étages, l’escalier sert souvent d’espace d’accrochage. Je retourne dans mon atelier, il est occupé par des inconnus, mais chaque détail m’est familier : les pots de peinture, le tabouret bariolé, les châssis vides, le gobelet de café froid qui sert de cendrier. L’artiste isolé ici cela n’existe pas, l’espace est décloisonné, les pratiques et les travaux grandissent ensemble, ils s’observent, s’affrontent ou s’associent. L’atelier c’est la liberté. L’atelier ce n’est pas uniquement un lieu de pratique et de technique c’est aussi un lieu de rencontre où l’on peut parler de son travail et du travail des autres. On voudrait croire à une guerre entre la peinture et la photographie qui s’est largement démocratisée depuis l’arrivée du numérique, empreinte de la réalité, du quotidien banal et figé, enfin on trouve encore de la peinture et même de plus en plus, des grands formats où le geste s’affiche comme un plaisir. La 5 éme année c’est aussi la dernière année. L’aboutissement d’un apprentissage de l’Art, validé par un examen où l’on doit faire la preuve de sa maîtrise du fait artistique. Une demie-heure pour séduire un jury de 5 personnes, on ne demande pas que ça soit beau, ce qu’il faut c’est être cohérent de la pratique aux propos. Et puis après…Sortir, Dehors, Entrée libre (titre de l’exposition post–Diplôme). Il va être temps enfin de se jeter à l’eau, continuer à travailler, continuer à produire des œuvres. « Je ne m’intéresse pas uniquement à l’art. Je m’intéresse aussi à la société dont l’art n’est qu’un aspect, je m’intéresse au monde en tant que tout, dont la société n’est qu’une partie. Je m’intéresse à l’univers dont le monde n’est qu’un fragment. Je m’intéresse en premier lieu à la création permanente dont l’univers n’est qu’un produit. Les artistes devraient prendre part activement aux rêves collectifs pour qu’on en finisse avec les aberrations dans lesquelles nous vivons. Ce sont là, les principes de mon économie poétique…,Laquelle s’oppose à l’économie de prostitution qui à mon avis domine le monde. Le seul problème qui se pose est d’ordre pratique : comment payer mon loyer. » Robert Filiou La sculpture ou la peinture dans un studio de vingt mètres carré c’est du tétris. Envoyer des dossiers pour faire des résidences d’artistes permet de la meilleure manière de continuer sa démarche grâce au soutien d’une structure, c’est aussi un bon moyen pour rencontrer du monde, c’est comme un cdd, une fois l’exposition montée il faut se remettre à la recherche d’un espace de travail. Pour certain il est déjà difficile de payer son loyer tous les mois, alors pour louer un atelier c’est impossible, la collocation est une solution généralement répandue. Demander l’aide à la création, c’est demander de l’argent pour travailler pour produire et pas pour acheter de la dope et sortir les nanas. Ce qu’il faut surtout c’est faire les bonnes rencontres et suivre son instinct. Les chances de devenir l’artiste contemporain qui subvient à ses besoins uniquement grâce à sa pratique sont minces. Mais tout ce que l’on a appris, c’est la débrouille, la mobilité. Quels que soient les petits boulots par lesquels il faut passer, la curiosité, le goût de la rencontre nous aident, dans des expériences qui sont souvent la base des nouvelles problématiques qui nourrissent la démarche artistique. Paul Ferrer 23



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