Multiprise n°19 déc 10/jan/fév 2011
Multiprise n°19 déc 10/jan/fév 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°19 de déc 10/jan/fév 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association TA

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : galerie GHP, 4 ans et plus si affinités.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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28. -0- Eitt.ti.n Michel d’Herbois Entretien avec l’atelier deux-mille « Signe/Contre-signe », la dernière intervention du plasticien franco-luxembourgeois Michel D’Herbois, actuellement présentée dans le cadre du festival CrimeMagic à la Kunsthalle Domininikanerkirche de Osnabrück, se place dans le droit fil de ses précédentes propositions Objet_Je_Parle (Palais Royal - Bruxelles, 2003), et Krisis ! ! Pourquoi paraître ? (ArtKombo - Cologne, 2007). Son travail interroge notre relation à l’objet, la relation du signe à l’objet, et les configurations symboliques de notre relation à la relation, dans la perspective de la sémiotique piercienne, et dans la lignée des œuvres pionnières de Terence McCoy ou Solange Soupiac. Pour ce faire, il élabore un labyrinthe formel d’une grande rigueur sémantique, où la dissonance intervient en premier lieu comme simple révélateur de la logique interne du réseau de signifiants. atelier deux-mille : Michel d’Herbois, bonjour, notre rencontre s’est faite autour d’un galeriste Londonien à l’occasion d’un programme de mécénat chinois ; pensez-vous que votre travail soit « exotique » ? Michel d’Herbois : Eh bien oui dans un sens. Les objets et les actions de mes travaux se confrontent souvent aux lieux dans lesquels ils se trouvent. Ils témoignent aussi bien du désir d’un monde préservé que d’une ouverture sur l’extérieur. Est-ce la raison pour laquelle mon travail suscite un tel intérêt en Asie ? Je ne sais pas. a d-m : On perçoit dans l’aspect documentaire de vos photographies, une certaine urgence, une certaine envie d’en découdre avec le monde, êtes vous d’accord ? M d’H : Oui et non, vous savez je pense tout d’abord qu’être artiste aujourd’hui, c’est prendre des décisions qui s’imposent, littéralement « sauter à la gorge des choses » comme disait Bernanos. Avec la série Gymnopedia (2009) par exemple, je me suis attaqué au culte du sport, à cette culture de la victoire et du défi que je trouvais dangereuse. C’était là pour moi un point important sur lequel insister, comme une plaie ouverte à l’intérieur de laquelle on jette une poignée de sel... a d-m : Vous vivez désormais en Allemagne, comment est perçu votre travail là bas ? M d’H : Oh, bien je pense, les allemands sont assez curieux, c’est un pays très attachant, leur approche esthétique est différente de celle que l’on trouve dans notre cher hexagone, là-bas on part du principe qu’aucun geste artistique n’est anodin. C’est ce qui fait je crois leur force et leur réussite sur le plan international. J’apprécie également bon nombre de représentants de la jeune génération, je pense notamment à des gens comme Albert Oehlen ou Andreas Gursky... a d-m : Votre dernière série de photographies, day dream (photographies en noir et blanc de feux d’artifice) semble être un pied de nez au 14 juillet et aux célébrations en général. Vous considérez-vous comme un trouble fête de la scène artistique française ? M d’H : Lorsque j’étais enfant, j’allais admirer les feux d’artifice avec mes parents, j’ai gardé avec les années une certaine fascination pour ce spectacle populaire. Ils sont pour moi synonymes de joie, de rassemblement... En leur conférant ce que je nomme « une nature achromique », en leur otant leurs couleurs, je veux trouver une abstraction sûre comme une forme graphique à laquelle je pourrais rester fidèle, et ce, hors de tout propos phénoménologique. Trouble fête ? Je ne crois pas. a d-m : Michel d’Herbois, les élections présidentielles approchent. Quel avenir culturel pour la France ? M d’H : La réponse est floue, une chose est certaine, les problématiques devront à l’avenir être plus incisives, la création française ne doit pas démériter la place qui est la sienne sur la scène contemporaine mondiale. Nous verrons bien. a d-m : Michel d’Herbois merci. M d’H : C’est moi qui vous remercie. Entretien proposé par Eddy Chartier et Andrew Gupta.
... Tarped cars I, Courtesy Gallery A.Gupta Tarped cars II, Courtesy Gallery A.Gupta Tarped cars III, Courtesy Gallery A.Gupta 29.



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