Multiprise n°16 mar/avr/mai 2010
Multiprise n°16 mar/avr/mai 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°16 de mar/avr/mai 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association TA

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 39,0 Mo

  • Dans ce numéro : Da girly issue !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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20 DMC-12 DMC-12 RerllebBE Attention ce qui suit dévoile des moments clés de l'intrigue ! Attention ce qui suit dévoile des moments clés de l'intrigue ! Tout comme la DeLorean, de Marty et du Doc dans le film Retour vers le futur, l'exposition du même titre organisée par Buy-Sellf au Tout comme la DeLorean, de Marty et du Doc dans le film Retour vers te futur, l'exposition du même titre organisée par Buy-Sellf au CAPC à Bordeaux, a cet aspect à la fois racé et rugueux que profère à la voiture sa carrosserie d'acier brossé. Frédéric Lathérade, commissaire de l'exposition, joue ici une scénographie efficace qui jongle avec les codes d'un genre littéraire et cinématographique, la science-fiction. L'ensemble de l'exposition est plongée dans une pénombre qui génère une atmosphère étrange et trompeuse. Tony Matelli accueille le public avec une vanité, qui enfin n'est pas le sempiternel crâne, mais un bureau sur lequel est posée une pile de livres au sommet de laquelle un portrait photographique noir et blanc de l'artiste brûle à jamais sans jamais se consumer. Connu pour sa série Weed, des mauvaises herbes en bronze polychrome, Matelli est un artiste prestidigitateur, un de ceux qui comme Duane Hanson, ont choisi de se coltiner une représentation fidèle du monde, usant des artifices les plus complexes pour y parvenir. Cette première surprise passée, la visite continue naturellement par l'aile gauche. L'imposante muraille d'Anita Molinero bâtie avec l'un de ses matériaux de prédilection : le polystyrène jaune, nous capte immédiatement. La surface est parsemée de brûlures noirâtres, lui conférant l'aspect d'une peau de mutant ou d'un sol lunaire ponctué par les cratères de cendres d'un territoire de l'art pas aussi paisible qu'il n'y parait. Cette oeuvre est une de celles produite par Buy-Sellf, mission qu'ils ont endossée depuis 2003, suite à leur travail déjà remarquable de diffusion, via l'Objet Éditorial Non Identifié que sont les quatre volumes de leur catalogue de vente par correspondance et les nombreuses expositions qu'ils ont organisées des 2 côtés de l'atlantique, sans oublier le Buy-Sellf Art Club, antenne marseillaise gérée par l'artiste Laurent Perbos. L'association Zébra 3 a presque tout d'une société omnipotente et tentaculaire comme on en voit souvent dans CAPC à Bordeaux, a cet aspect à la fois racé et rugueux que profère à la voiture sa carrosserie d'acier brossé. Frédéric Lathérade, commissaire de l'exposition, joue ici une scénographie efficace qui jongle avec les codes d'un genre littéraire et cinématographique, la science-fiction.L.:ensemble de l'exposition est plongée dans une pénombre qui génère une atmosphère étrange et trompeuse. Tony Matelli accueille le public avec une vanité, qui enfin n'est pas le sempiternel crâne, mais un bureau sur lequel est posée une pile de livres au sommet de laquelle un portrait photographique noir et blanc de l'artiste brûle à jamais sans jamais se consumer. Connu pour sa série Weed, des mauvaises herbes en bronze polychrome, Matelli est un artiste prestidigitateur, un de ceux qui comme Duane Hansen, ont choisi de se coltiner une représentation fidèle du monde, usant des artifices les plus complexes pour y parvenir. Cette première surprise passée, la visite continue naturellement par l'aile gauche.L.:imposante muraille d'Anita Molinero bâtie avec l'un de ses matériaux de prédilection : le polystyrène jaune, nous capte immédiatement. La surface est parsemée de brûlures noirâtres, lui conférant l'aspect d'une peau de mutant ou d'un sol lunaire ponctué par les cratères de cendres d'un territoire de l'art pas aussi paisible qu'il n'y parait. Cette œuvre est une de celles produite par Buy-Sellf, mission qu'ils ont endossée depuis 2003, suite à leur travil déjà remarquable de diffusion, via l'Objet Editorial Non Identifié que sont les quatre volumes de leur catalogue de vente par correspondance et les nombreuses expositions qu'ils ont organisées des 2 côtés de l'atlantique, sans oublier le Buy-Sellf Art Club, antenne marseillaise gérée par l'artiste Laurent Perbos.L.:association Zébra 3 a presque tout d'une société omnipotente et tentaculaire comme on en voit souvent dans 1 Vue de l'exposition. 1" plan : Stéphanie Cherpin, Vue de l'exposition.rr plan : Stéphanie Cherpin, Daddy's Little Girl ain't a Girl no more, 2009 2e plan : Litian Bourgeat, objets extraordinaires, 2006 arrière plan : Anita Molinero, Sans titre, 2010. Daddy"s Little Girl ain'ta Girl no more, 2009 2• plan : lilian Bourgeat, objets extraordinaires, 2006 arrière plan : Anita Molinero, Sans titre, 201 O. les romans d'anticipation (dans la réalité aussi), si ce n'est leur engagement avisé et partisan en direction des artistes émergents et reconnus, qui fait de leur structure un modèle de prospection artistique, alliant savamment monstration et soutien technique. Sous les arches voûtées des salles rustiques aux pierres jadis blanches des anciens entrepôts Lainé, les œuvres émergent doucement les romans d'anticipation (dans la réalité aussi), si ce n'est leur engagement avisé et partisan en direction des artistes émergents et reconnus, qui fait de leur structure un modèle de prospection artistique, alliant savamment monstration et soutien technique. Sous les arches voûtées des salles rustiques aux pierres jadis blanches des anciens entrepôts Lainé, les oeuvres émergent doucement de la semi obscurité ambiante. Grand Opus, sculpture hybride de Wilfrid Almendra, offre un agave surgissant au sommet d'une pente en parement d'ardoise, portion de sol comme prélevée des pourtours d'une villa seventies d'un suburb douteux de la Costa Brava, ayant subi un tremblement de terre sélectif. Cet aspect post-apocalyptique est accentué abruptement avec le lynchage que fait subir Stéphanie Cherpin aux restes assemblés, façon Frankenstein, des éléments d'une cabane jouet dont la silhouette pend du plafond de toute sa domesticité éclatée. Dans la dernière pièce, les saccades aveuglantes des stroboscopes, irradient les cristaux géants de Bruno Peinado taillés dans du polystyrène. Un radeau de planches et de bidons noirs supporte cette érection pathétique, au mur le message au néon antipur, nous rappelle qu'il de la semi obscurité ambiante. Grand Opus, sculpture hybride de Wilfrid Almendra, offre un agave surgissant au sommet d'une pente en parement d'ardoise, portion de sol comme prélevée des pourtours d'une villa seventies d'un suburb douteux de la Costa Brava, ayant subi un tremblement de terre sélectif. Cet aspect post-apocalyptique est accentué abruptement avec le lynchage que fait subir Stéphanie Cherpin aux restes assemblés, tacon Frankenstein, des éléments d'une caba.ne jouet dont la silhouette pend du plafond de toute sa domesticité éclatée. Dans la dernière pièce, les saccades aveuglantes des stroboscopes, irradient les cristaux géants de Bruno Peina do taillés dans du polystyrène. Un radeau de planches et de bidons noirs supporte cette érection pathétique, au mur le message au néon antipur, nous rappelle qu'il
est toujours bienvenu de croire au grand mix ! Dans l'aile droite, la façade est impeccable, et des pièces conséquentes, lisses et luisantes, alternent avec de petits dessins aux sujets plutôt sombres. Cette zone apparemment apaisée est elle aussi cernée par le rempart irradié d'Anita Molinero. Ici le malaise, plus diffus mais tout aussi inquiétant provient de la fameuse vidéo de Fayçal Baghriche, Le sens de la marche. L'artiste y est filmé marchant à reculons au milieu de la foule, le sens de l'image est ensuite inversé, l'incongruité change de camp. La rêverie troublante est vite interrompue par les dessins apocalyptiques de Jérémy Profit, sa vision de banlieues cossues penchant dangereusement au bord d'un gouffre existentiel béant, laisse dans la bouche un arrière goût métallique. Ces visons futuristes alarmistes ou oniriques sont perturbées par la bande son répétitive à l'envi de la vidéo sans pitié de Nicolas Milhé. Le montage d'extraits d'émission Le maillon faible nous présente dans une boucle hypnotique une série de 31 candidats brandissant l'écriteau sur lequel est inscrit, selon le principe du jeu, le prénom de la personne à exclure. L'artiste a visionné un an d'émissions et remarqué que Sylvie était le prénom le plus souvent cité, et interminablement Sylvie résonne de salle en salle. Ce n'est plus la peine de tenter de se réchauffer autour du foyer tremblotant de Briac Leprêtre, au creux de ses rochers de polystyrène, de maigres branchages et quelques charbons diffusent une lueur précaire qui ne dégage aucune chaleur, simulacre habile qui ne renvoie de l'âtre que sa lueur vacillante, nous laissant dans l'impossibilité d'en éprouver la chaleur. Cette scène frustrante fait sourire Woody, oiseau hurluberlu, qui nous toise du haut de ses deux mètres et demi. Ce bibelot géant en résine reproduit à la perfection un aspect bois du plus bel effet. Vincent Kohler érige ici un fétiche toc, messie d'une religion gadget dérivée de nos angoisses, clichés de ce nouveau siècle hésitant. Cette exposition est vraisemblablement comme son titre l'indique, un film, ou du moins ce qu'il en reste sur les plateaux de tournage abandonnés où gisent le travelling, les décors et quelques accessoires aux veilleuses encore actives. Cette mélancolie est interrompue de Wilfrid Almendro, Grand Opus, 2009 arrière plan : Anita Molinero, Sans titre, 2010. temps à autre par l'irruption de quelques pièces légères, de l'ordre d'un second degré ironique, registre là est déjà bien consommé, l'époque du tout fun semble révolue. Même si cette exposition, au sein d'une institution, a des parfums de célébration, Buy-Sellf hébergé par la mairie de Bordeaux à la Fabrique Pola, reste dans des perspectives précaires. Étape transitoire, ces milliers de mètres carrés mutualisés ne permettent pas encore à l'association de disposer d'un lieu de diffusion, les efforts restent concentrés sur la production et d'ici 2 ans il faudra se reloger... Ma petite virée Bordelaise m'a fait imaginer mon retour dans un Toulouse du futur où un voyage dans le passé m'aurait permis de mettre en oeuvre un magnifique paradoxe temporel : un Lieu-Commun logé par la municipalité, des voyages de presse communs entre musées et structures associatives et une carte blanche curatoriale offerte à ALa- Plage par les Abattoirs. Apparemment, dans le passé, je n'ai pas du écraser les insectes qu'il fallait pour engendrer de telles modifications de la trame spatio-temporelle de l'univers. Manuel Pomar Buy-Sellf « Retour vers le futur », jusqu'au 16 mai, CAPC musée d'art contemporain de Bordeaux. www.buy-seilf.com 21



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