Multiprise n°16 mar/avr/mai 2010
Multiprise n°16 mar/avr/mai 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°16 de mar/avr/mai 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association TA

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 39,0 Mo

  • Dans ce numéro : Da girly issue !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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12 -o- dans des catégories pré-établies ni appli- appliquer à tous des critères uniques d'évaluation. De plus, derrière cette demande, il y a aussi l'idée que les enseignements des écoles d'art devraient être professionnalisants. Le risque sous-jacent à cette idée de professionnalisation est que les enseignements soient revus professionnalisa- pour répondre à des besoins du marché de l'emploi. Or une pratique artistique n'a pas vocation à se positionner sur un tel marché (on notera que certains- - eux-mêmes artistes -parlent aujourd'hui de l'artiste comme « « ex- expert », comme « « consultant », donc parfaitement intégré à l'entreprise, à l'économie, et en manient les principes et les moyens). Pour en revenir au mémoire, il est vrai que parfaite- c'est un gros problème. Cela fait quelques années qu'un mémoire est réalisé pour le Le DNSEP. Mais je je considère qu'un travail artistique qui a de la tenue doit se suffire à lui­ lui- artismême. Cela pose plus largement la La question de l'adossement à la recherche. 12AERESL.:AERES le le pense en en fonction de critères qui sont ceux de l'université. Or cela ne correspond pas à notre façon de penser et de tra­ tra- corresvaillervailler. J.O. J.D. : On demande bien aux étudiants, pourtant, pour leur jury de diplôme, de parler de pour- Leur leur travail. M.M. : IL Il leur Leur est demandé, oui, de présenter Leur leur travail. Mais cela ne signifie pas néces- nécessairement l'expliquer. Il est évidemment important qu'un étudiant puisse réfléchir à son travail, voire écrire dessus, mais les étudiants ne pourront plus élaborer leur démarche et im- produire leurs oeuvres œuvres comme ils le font aujourd'hui s'ils doivent rédiger un mémoire de 100 000 signes, comme le Le préconise l'AERES. Par ailleurs, cet écrit qui peut accompagner au- le travail plastique ne doit en aucun cas être considéré et évalué indépendamment de ce- celui-ci. Non pas que l'écrit pose en soi un problème (beaucoup d'étudiants ont d'ailleurs un travail d'écriture, mais une écriture créative tra- plutôt que réflexive). Je crains seulement que L'écrit l'écrit ne devienne trop présent car cela consisterait à dire que la forme ne peut pas penser. Or j'estime qu'une forme pense, que cette pensée doit rester du côté de la forme, et non, ce qui est un risque, qu'elle se réfugie du côté de l'écrit au détriment de la qualité de Uceuvre. l'œuvre. J.D. J.O. : Compte tenu de cela, que peut signi- signifier selon vous l'adossement à la recherche pour une école d'art ? Il est devenu fréquent aujourd'hui de souligner la dimension de recherche que comporterait la création artistique elle-même. Cela signifie-t-il que les Les ar- écoles d'art peuvent défendre un modèle spécifique de la recherche (qui [qui ne serait pas forcément fondé sur des critères universi- universitaires), ou bien les écoles devront-elles de toute façon envisager l'adossement à la recherche par le biais de rapprochements et re- de collaborations avec les universités ? ? M.M. : Il IL y a là en fait deux questions. Le terme de recherche mériterait tout d'abord d'être défini. Lorsqu'un artiste travaille, il y a un processus d'élaboration qui se met en place, et on peut parler dans cette mesure d'un travail de recherche, mais ce n'est pas une recherche sur un objet d'étude. C'est une recherche-création, et c'est Uceuvre, l'œuvre, la forme elle-même, qui va produire de la pensée. Sans doute derrière ce débat y a-til des enjeux qui touchent à la définition de l'art. Je ne souhaite pas que l'art devienne une activité de documentation d'un travail de recherche, sans présenter de carac- caractère plastique pertinent. Cela étant dit, des partenariats sont bien sûr possibles avec l'université. Pour confronter des modes de pensée, de réflexion. Nous avons d'ailleurs travaillé pendant trois ans avec le Le départe- département de philosophie de l'université Paris 8. a-t- Il IL ne s'agissait pas de faire des artistes des philosophes et vice-versa, mais de provo- provoquer des frottements, des déplacements. J.D. J.O. Cette réforme n'est pas une spécificité française puisqu'elle s'inscrit dans un pro- processus européen, souvent désigné sous le nom de « processus de Bologne », qui vise à construire un espace européen de l'enseignement supérieur. C'est dans ce contexte l'ensei- que diverses réformes agitent depuis ces dernières années le monde universitaire et concernent donc maintenant les écoles d'art. Dans les autres pays européens,
comment les écoles réagissent-elles ? M.M. : Le cas de l'Allemagne est intéressant. Il y a une vingtaine d'écoles dans ce pays. Vers 2004-2005, elles se sont inquiétées au sujet du processus de Bologne, et souvent s'y sont opposées très nettement. Il faut préciser que les écoles d'art allemandes ont rang d'université, que les enseignants y ont le grade et le traitement de professeur d'université, même s'ils ne sont pas docteurs (les professeurs d'écoles d'art françaises sont rémunérés selon la grille des capétiens, c'est-à-dire des enseignants de collège et lycée). Dans ce système allemand, les départements d'architecture, de design, de communication, ont dû s'aligner sur le processus de Bologne. Mais dans le domaine de l'art (des Beaux-Arts), un fort refus a été opposé. Et les ministères de l'enseignement supérieur des Lânder ont finalement accepté d'accorder aux établissements d'enseignement artistique un traitement différent, à l'exception de quelques-uns qui ont exercé une pression politique sur leurs écoles. En Rhénanie-du-Nord-Westphalie, une loi affirmant très clairement qu'exception est faite pour ces cursus a été promulguée, tout en spécifiant qu'avec le diplôme de cinquième année des écoles d'art il est possible d'entrer à l'université pour faire une thèse. Ce qui revient à conférer à ce diplôme le grade de Master, en tout cas à lui en donner l'équivalence, sans avoir eu à aligner l'apprentissage sur des critères universitaires. Nous pourrions très bien faire cela en France. Cela revient tout simplement à reconnaître la durée des études. J.D. : À quoi tiennent ces différences de modèles entre la France et l'Allemagne ? M.M. : Sans doute au fait que l'Allemagne est un état fédéral et non centralisé, au fait que les écoles d'art y ont une place importante dans le monde de l'enseignement. Et sans doute la société allemande ne portet-elle pas sur l'art le même regard que la société française. C'est donc un ensemble de raisons politiques et culturelles. J.D. : Quel va être le calendrier de la réforme pour l'École des Beaux-Arts de Toulouse ? M.M : Aucune échéance n'a été déterminée pour l'instant. Le conseil municipal a seulement voté une délibération qui énonce son intention de créer pour l'école d'art un EPCC, mais sans préciser de date. Cette modification de statut implique un changement de fonctionnement administratif, avec la mise en place d'un conseil d'administration, une concertation avec les partenaires, une autonomie de gestion qui peut s'étendre jusqu'au personnel et aux bâtiments, etc., alors que nous sommes actuellement pour tout cela intégrés au fonctionnement de la ville de Toulouse. Une réflexion juridique et des décisions sur le partage des compétences entre l'EPCC et la ville sont donc nécessaires, ce dont nous nous occupons en ce moment.'Une version plus longue de cet entretien est consultable en ligne sur le site web de Multiprise. 2 Le système ECTS (European Credits Transfer System) permet de comptabiliser la progression des études. Chaque cours donne lieu à une évaluation permettant d'obtenir un nombre prédéfini de crédits, dont il faut totaliser un certain nombre pour obtenir un diplôme.'Cf. le site web du Conseil de l'Europe : www.coeintnidg4/highereducation/EHEA2010/BotognaPedestrians_fnasp Cf. les sites web de l'Association Nationale des Directeurs d'Ecoles d'Art http://www.andea.fr/et de la Coordination Nationale des Enseignants d'Ecoles d'Art http://blog.cneea.fr/Créés par une loi de 2002, les Etablissements Publics de Coopération Culturelle sont une nouvelle catégorie d'établissements publics, destinée à organiser la coopération entre les collectivités territoriales et éventuellement d'autres organismes pour la gestion des services publics culturels. Diplôme National Supérieur d'Expression Plastique. Il s'agit du diplôme final délivré après 5 années d'étude en école d'art. Un premier diplôme, le DNAP, est délivré à bac + 3. 13



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