Multiprise n°16 mar/avr/mai 2010
Multiprise n°16 mar/avr/mai 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°16 de mar/avr/mai 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association TA

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 39,0 Mo

  • Dans ce numéro : Da girly issue !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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10 -0- Pourriez-vous m'éclairer sur ce que vous nommez « « postes dédiés » » aux Abattoirs ? ? Aux Abattoirs, il y a des postes dédiés qui réclament que le Le spectateur prenne place et ré- choisisse une oeuvre. œuvre. Ce sont des films pour Lesquels lesquels j'ai souhaité une relation plus in- intime. A entrée, l'entrée, j'ai choisi un travail qui porte pour titre Etrange, j'espère qu'il incitera le Le spectateur à penser « tiens, que se passe-t-il ici ? Peut-être que ça vaut La la peine d'aller un peu plus Loin loin ! ». Il IL s'agit d'oiseaux étranges, d'animaux inventés... Il Il faut le percevoir comme un clin d'oeil d'œil amoureux. J'aime L'idée l'idée qu'une oeuvre œuvre soit le Le lancement Lancement d'autres, prêtes à réagir. Et les postes d'ordinateurs deviennent à leur tour des lieux de voyage en soi, plus que de simples écrans d'où l'on L'on se contenterait de voir. Voudriez-vous dire un mot sur l'écriture de ce festival et ses possibles respirations ? ? J'ai pensé l'organisation totale à l'image d'une grande phrase, d'une grande phrase presque proustienne, avec des films proje- projetés au plafond (àL.:Ostal LOstal d'Occitania), sur les murs aussi certains soirs, pour faire chan- chanter la brique et les Les lieux. Lieux. Je ne voulais pas de projections canoniques pour des travaux qui sont eux-mêmes des interstices poreux. Vous voyez ? Les paperolles qui se déroulent sur les Les fils de la construction d'un musée, du bonheur, de l'humain... parce que « « ça vaut la peine », enfin je crois Et il y aura des espaces vides, des lieux Lieux où L'on l'on pourra déambuler... c'est très Duras, en- enfin un peu Duras... » Vous êtes invités aux Abattoirs, au Goethe Institut, à 120stalL.:Ostal d'Occitania, à la Boutique Agnes B, 8, à l'ESAV, à la chapelle des Carmélites, au centre culturel Bellegarde, au Lycée des Arènes, au ClAM CIAM (université du Mirail] Mirail) ainsi qu'à la Maison Salvan Labège pour des performances, des projections, des installations et autres rendez-vous gratuits. Pensez à vous inscrire (bus) (bus] pour le Parcours philotopique proposé par CarlHurtin le 20 mars à la Maison Salvan... Car lorsque la dame au parapluie est descendue de l'escabeau, elle est venue à l'oreille me susurrer quelque chose : « : « ne choisissez pas, ça vaut la peine de tout voir ! ! » Propos recueillis lors d'une rencontre avec Simone Dompeyre au lycée des Arènes, quelques semaines avant le lancement du festival. Anaïs Delmas 4, -0- Ertb-tetien Bologne, Bologne. l'AERES et la réforme des écoles d'art Entretien avec Michel Métayer Directeur de l'École des Beaux-Arts de Toulouse 1 En 1999, une conférence ministérielle associant 29 pays membres de l'Union Européenne ou partenaires se tenait à Bologne et initiait un processus éponyme (enga- (engageant aujourd'hui 46 pays), pays], visant à créer « « un espace européen de l'enseignement supérieur ». Parmi ses grands principes, la déclaration de Bologne annonçait « l'adoption d'un système de diplômes aisé- aisément lisibles et comparables » (cela a donné lieu à la création du cursus Licence-Master-Doctorat) Licence-Master-Doctoratl ainsi que la « mise en place d'un système de crédits ECTS 2 », tout en engageant à surmonter « « les obstacles à la libre cir­ circulation des étudiants, des enseignants, des chercheurs et des personnels administratifs'3 ». Si les objectifs af­ affichés de ce processus - promouvoir l'enseignement supérieur, favoriser la mobilité, valoriser les diplômes te- -sont tout à fait positifs, sa mise en oeuvre œuvre implique des réformes d'harmonisation des systèmes nationaux dont les conséquences sont en revanche plus discutables. En effet, ces réformes initiées dans la lignée de Bologne ont souvent servi à introduire dans le domaine de l'enseignement supérieur une logique de concurrence et à désengager les États Ëtats de leurs responsabilités finan- financières tout en normalisant les modes de fonctionnement et de pensée, le tout sous couvert d'« autonomisation ». l'en- Au final, « l'économie de la connaissance », » , en laquelle l'Union Européenne voit désormais l'axe majeur de son développement, se traduit un peu trop souvent par la réalisation d'économies sur la connaissance, tant du point de vue financier que symbolique. C'est dans ce contexte qu'une importante réforme s'ap- s'applique aujourd'hui aux écoles d'art et suscite largement la méfiance, voire l'opposition, des principaux intéres- intéressés. Le problème central tient sans doute au fait qu'il est transposé aux écoles un modèle universitaire qui n'est pas du tout le leur. Au demeurant, les universités elles-mêmes se sont opposées ces dernières années à des réformes équivalentes et les prescriptions que les écoles d'art sont enjointes de prendre en compte ont été formulées, pour ce qui concerne la France, sur les bons conseils d'un organisme qui est loin c'est peu dire - de faire l'unanimité dans le monde universitaire, à sa- savoir l'AERES (Agence d'Ëvaluation d'Évaluation de la Recherche et de l'Enseignement Supérieur). Supérieur]. Pourtant, cette situation offre sans doute l'occasion aux écoles d'art de mieux réfléchir à ce qui fait leur spécifi- spécificité ou leur singularité en termes de pédagogie, d'objectifs, de fonctionnement, etc. La republication récente et augmentée d'un ouvrage tel que Faire école de Thierry de Duve (Presses du réel, 2008] 2008) montre qu'un tel effort de réflexion est possible et de nombreuses prises de po­ position des directeurs des écoles d'art et des enseignants d'objec- y concourent d'ailleurs.4 4
Il faut reconnaître cependant que le rythme et la méthode des réformes politiques laissent trop rarement le temps à la réflexion et à la concertation. Jérôme Dupeyrat : Alors que l'École des Beaux-Arts de Toulouse est aujourd'hui un établissement géré en régie municipale, elle va prochainement devenir un EPCC 5. Pourquoi ce changement de statut intervient-il et qu'implique-t-il pour le fonctionnement de récole ? Michel Métayer : Aujourd'hui, les écoles d'art sont placées sous la responsabilité du Ministère de la Culture et dépendent directement de celui-ci pour huit écoles nationales, ou sont en régie directe municipale dans le cas de 51 écoles d'art territoriales. C'est le cas à Toulouse, où l'État finance l'école à hauteur de 8%, l'essentiel des autres financements étant pris en charge par la ville. Le futur passage au statut d'EPCC intervient parce que le Ministère de la Culture, les écoles d'art et les villes dont elles dépendent ont souhaité une reconnaissance du DNSEP 6 au grade universitaire de Master. La non-équivalence actuelle des diplômes entre écoles d'art et universités résulte de la grande différence des études qui y sont proposées, les unes accordant plus de place à la théorie, et les autres faisant de la pratique le coeur de l'enseignement. La reconnaissance du DNSEP au grade de Master permettra une équivalence entre ces cursus. Or ce sont les chefs d'établissements qui délivrent les Masters, par délégation du Ministre, et pour être habilitées à le faire, alors qu'actuellement les DNSEP sont délivrés par les préfets de région, il faut que les écoles d'art deviennent des établissements autonomes, ce que sont les EPCC. C'est la forme juridique qui le permettra. J.D. : Dans cette perspective, le Ministère de la Culture et celui de l'Enseignement supérieur et de la Recherche ont demandé à l'AERES de rendre une « évaluation prescriptive » qui pose une série de conditions auxquelles les écoles d'art devraient selon elle se conformer pour être habilitées à délivrer des Masters. L'École des Beaux-Arts de Toulouse a d'ailleurs été l'une des sept écoles qui ont été évaluées dans ce but. Quelles ont été les conclusions de l'AERES ? M.M. : En effet, l'École des Beaux-Arts de Toulouse a fait l'objet de cette évaluation, aux côtés des écoles de Nantes, Bordeaux, Nice, Lyon, Annecy et Clermont-Ferrand, de sorte à constituer un panel assez représentatif. L'évaluation de l'AERES a reconnu que le DNSEP des écoles d'art pouvaient donner accès au grade de Master, en posant toutefois certaines conditions, au nombre de cinq : la première concerne la progressivité des enseignements. La deuxième a trait à la transparence des critères d'évaluation. La troisième touche l'adossement à la recherche. La quatrième concerne les compétences et la qualification des enseignants : les théoriciens devraient être docteurs et les praticiens devraient être des artistes de reconnaissance au moins nationale, et si possible internationale. La dernière enfin concerne le mémoire qui accompagne le travail plastique que l'étudiant présente lors de son diplôme. Ce mémoire devrait désormais être de type universitaire, et il est dit également que les jurys des diplômes devraient être constitués pour au moins la moitié de docteurs. J.D. : C'est sur cette question du mémoire et du jury en particulier que les changements seraient les plus radicaux par rapport au fonctionnement actuel des écoles d'art. M.M. : Tout à fait, mais les critiques pourraient s'adresser aussi aux autres conditions, en particulier pour ce qui concerne la progressivité des enseignements et leur évaluation. Certes, un étudiant de première année ne fera pas le même travail qu'un étudiant de cinquième année. Mais la progressivité suppose un apprentissage de connaissances et de savoirs prédéfinis, or dans une école d'art, il y a bien une transmission de connaissances historiques ou théoriques ainsi que de quelques savoir-faire, mais le plus important est la part accordée à l'expérimentation : du médium, de l'accrochage, d'une démarche, etc. Or c'est une chose qui s'acquiert de façon individuelle et singulière. On ne peut pas faire entrer le travail des étudiants 11



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