Multiprise n°15 déc 09/jan-fév 2010
Multiprise n°15 déc 09/jan-fév 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°15 de déc 09/jan-fév 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association TA

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 41,4 Mo

  • Dans ce numéro : cas d'école... Estelle Vernay et Kirill Ukolov.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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6... -0- Le petit Barcelô, Barcel6, Barcelô Barcelole le petit ? ? Cette exposition est intrigante. IL Il n'est pas commun en effet d'organiser une manifesta- manifestation qui rassemble des « oeuvres œuvres » produites par un artiste, réalisées a priori bien avant que celui-ci n'acquière une notoriété ou une reconnaissance, ou tout au moins avant qu'il n'ait commencé à se faire publiquement re- repérer avec des propositions qui Le « le « singularisent » » et Le le distinguent. C'est éventuellement un exercice de rattrapage Lorsqu'il lorsqu'il s'agit d'un artiste qui s'est fait connaître, disons, sur le Le singulari- tard, et qui mérite un « repêchage » pour ce qui est passé paradoxalement aux oubliettes d'une histoire consumériste bien qu'énon- qu'énonçant potentiellement des richesses tardive- tardivement épinglées. Mais on conviendra que c'est peu fréquent, sinon exceptionnel, lorsque Lorsque ce qui est « exposé » s'avère avoir été créé par un bonhomme encore adolescent et à peine affranchi du cocon familial... C'est pourtant ce à quoi nous invite l'exposition L'exposition actuelle- actuellement aux Abattoirs, qui affiche crânement qu'on pourra y voir des travaux courant de 1973 à 1982. Or, Barcel6 Barcelô est né en 1957, le Le même jour que Elvis Presley ou Joan Baez (un 8 janvier), mais cela reste un brin anec- anecdotique ici... En 1973, il avouait donc 16 ans si mes comptes sont bons, ce qui manifeste une précocité sans doute indiscutable, mais rares sont les élus atteignant le Le stade de ba- bachelier à cet âge ! ! En tout cas, on ne sait pas trop comment prendre la chose et le soup- soupçon d'une certaine hagiographie médiatique ne peut que s'immiscer dans nos neurones critiques, d'autant, si cela m'est permis, que l'on L'on sait la La chose fagotée depuis sa Mallorca natale avec l'imprimatur de la La Fondation Pilar Lar et Joan Mirô, Miré, ce qui représente tout de même un label imposant... Pi­ Soit, on va cependant visiter l'expo, L'expo, et on y va en quelque sorte doublement puisque l'on s'y rend le soir du vernissage, avec le plaisir non feint d'y rencontrer les impétrants des Baléares et leurs Leurs collègues et consoeurs consœurs de Barcelone de la Sala Santa Monica, où sera présentée la troisième étape de l'itinérance. Mais avant de passer aux échanges bienvenus en catalan dans le texte, on parcourt et scrute l'installation telle qu'elle est agencée. Elle oscille entre le chronologique et le thématique -je souhaite depuis longtemps trouver une traduction adéquate au génial « subject matter » anglais qui décrit si bien le « concept » qui a guidé la réalisation et la « matérialité » qui lui Lui a donné corps, mais je n'ai pas encore trouvé...-, c'est-à-dire entre thé- des épisodes temporels et des « sujets/motifs » jusqu'à un certain point répétés pen- pen­ sujets/modant ces tranches de temps... Une époque/épopée ici retracée qui s'avère en grande partie « estudiantine », comme cela semble logique Logique au fond. La répartition/déambulation proposée est malignement constituée de sé- séquences intitulées « bestiaire », « vanités », « poésie expérimentale », « Livres livres », « por- portraits et autoportraits », « éléments du pay- paysage »,s'agençant dans Les les salles du rez-dechaussée, enduites pour l'occasion de beaux parements rouge, jaune, bleu, vert et compa­ compa- rez-degnie, qui viennent assez subtilement nous « aspirer » » depuis la nef. Les deux espaces les plus au fond de l'édifice contiennent principa­ principalement Lement ces fameux travaux initiaux, lorsque Lorsque Barcelô BarceL6 se Lançait lançait dans la carrière artistique et ne s'embarrassait pas de faire feu de tout bois. On y trouve Là là des collages, des assemblages, des vidéos performances, beaucoup assem- de croquis et de cahiers illustrés, qui, stylistiquement nous rappellent nos chères années 70 où un certain art du bidouillage balayant une post abstraction et une machinerie plu­ plutôt conceptuelle, étaient de mise. Disons le tout net, c'est plutôt bien foutu, et on s'ima- s'ima­ stylistigine les Les délectations des professeurs face à de telles propositions, qui méritaient tous les suffrages et les Les satisfecit adéquats. Barcelô BarceL6 embrassait large, Large, ne se refusait aucune po- potentialité technique, et savait introduire son petit grain de sel personnel en côtoyant le journal de bord « intimiste » dans la La plupart de ses travaux. A La la fois très « prometteur » et singulièrement homogène donc. Mais estce pour autant des objets qui légitiment Légitiment le est- qualificatif, certes discutable, d'd'« « œuvres » ? oeuvres » Franchement, je ne suis pas super convain- convaincu, à quelques deux ou trois exceptions près. Des « travaux », oui certes, et convaincants, sans problème aucun ; mais l'accélération L'accélération
Sans-titre,1981, 167 x 397 cm, collection privée) à gauche) Pintor damunt el quadre,1982, 230 x 230 cm, collection Patio Herreriano, Valladolid) à droite) Pintor damunt el quadre,1982-83, 262,5 x 319 cm FRAC Midi-Pyrénées (à gauche) Affiche de l'exposition Axe Art Actuel, 1982-83 (à droite) Brega de cans,1981, 131 x 196 cm, Fondation Alorda-Derksen rétroactive d'une telle urgence qualitative me laisse quelque peu circonspect. L'intérêt d'une telle démonstration, et il y en a heureusement un, reste alors d'afficher clairement l'intelligence de cet artiste, qui, très vite et dans une foulée analytique « payante », a su « en apparence » changer son fusil expressif d'épaule et s'orienter vers l'attrait d'un revival de la peinture dans les années charnières fin seventies débuteighties... Et devenir ce que nous connaissons de lui, autrement dit ce que nous pouvons enregistrer entre des prolégomènes plutôt vernaculaires et îliens jusqu'au véritable démarrage insulaire qui n'a cessé de se développer ensuite. Oh, il aura suffit de peu, juste croiser un bras de mer et s'installer à Barcelône. De là, l'histoire est connue, des arpenteurs avides de nouveautés iront le solliciter dans son atelier près de Santa Monica, et dans la foulée, Barcelô sera « montré » dans l'exposition sur l'art espagnol très contemporain qu'organise Maria del Corral à la Fundacio La Caixa de Madrid, Rudi Fuchs l'embarque dans la Documenta 7, et, à peine plus tard, votre serviteur le présente à Toulouse dans la toute pimpante Galerie Axe Sud, tout ça dans la même année 1982, ouf ! C'est un peu là tout de même que l'affaire se corse et prend des airs davantage localistes. Dans la présentation qu'il fait de l'exposition, Alain Mousseigne met justement en avant la relation de Barcelô avec Toulouse, au-delà des vilenies qu'elle a pu entraîner. Sa première expo perso hors d'Espagne donc, avec Froment qui arrive dare-dare, du CAPC de Bordeaux, avant le vernissage pour faire ses emplettes et « réserver » quatre tableaux de la série des Pintagossos si mes souvenirs sont bons et mon hilarité du moment aussi ! ! L'un d'entre eux est exposé aux Abattoirs, et dans la salle juste en face, à droite en entrant (sic), on peut voir un ensemble d'affiches, quelques dessins et surtout une vitrine qui contient quelques reliques de cette aventure originelle, qui vaut son pesant de caouètes... On reverra Barcelô assez tôt à Toulouse dans l'exposition d'art espagnol contemporain que j'y ai organisé en 1984, et où figurait une toile de belle facture et justement couillue, El Pintor damunt del quadre, qui sera acquise par la collection/préfiguration d'un musée 7



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