Multiprise n°15 déc 09/jan-fév 2010
Multiprise n°15 déc 09/jan-fév 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°15 de déc 09/jan-fév 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association TA

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 41,4 Mo

  • Dans ce numéro : cas d'école... Estelle Vernay et Kirill Ukolov.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Espèces d'espaces Avertissement : ça ne parle pas de Georges Perec. Mieux vaut un avertissement qu'une déception. Ce titre évoque un roman, on s'attend donc à lire des propos littéraires et bien, non. Une petite illustration que notre champ référentiel peut nous conduire à espérer (le (Le fameux « « horizon d'attente ») autre chose que ce que l'on L'on trouve au final. « Espèces d'espaces » » ou La la diversité des espaces, de Leurs leurs fonctions, de Leurs leurs contenus, de ce qu'ils induisent et de ce qu'on attend d'eux. Des questions qui découlent du pro- pro­ esjet associant la Fondation Espace Écureuil pour l'Art L'Art Contemporain et le Le Muséum de la La ville de Toulouse pour l'exposition L'exposition Filico- Filicophytes, halogénures, échinodermes et autres artistes présentée du 8 janvier au 20 février 2010. Lieu d'art contemporain, la La Fondation a invité quatre artistes pratiquant le Le des- dessin (Gianni Burattoni, Eunji Peignard-Kim, Christian Poquet et Jürgen Schilling) à travailler depuis les Les collections du musée, lieu Lieu d'étude, de conservation et d'exposition d'ob­ d'ob- trajets scientifiques. Car oui, un muséum pratique la taxinomie et possède des visées pédagogiques et non, ce n'est pas un cabinet de curiosités, un avertissement que j'aurais dû recevoir avant de visi­ visi- avertister celui de Toulouse. Accoutumée à fréquenter des lieux Lieux du genre, à la La muséographie dix-neuviémiste quelque peu poussiéreuse, fréquen- j'avais pris pour habitude d'y pratiquer une observation fantaisiste : énigmatiques bes- bestioles aux couleurs incroyables, erreurs de la La nature conservées dans Le le formol Mon horizon d'attente (encore lui), Lui), de L'ordre l'ordre de la La contemplation esthétique et fantasque, fût ici ébranlé devant la La volonté didactique de sa récente scénographie interactive. Frustration passée, cette expérience illustre la La manière dont le Le cadre de présentation d'un objet induit la La nature du regard que l'on L'on ré- y porte. Des cadres clairement identifiés par les Les visiteurs au fil de leurs Leurs fréquentations. Dès Lors, lors, le Le moindre changement inattendu peut devenir une source de perturbation ou de friction. Ce rapport au contexte n'est pas nouveau et on ne compte plus ses applica- applications concernant l'oeuvre L'œuvre d'art depuis Du- Duchamp. Le projet de la La Fondation en don- donnera un exemple concret par un principe d'échange : que deviendra l'objet muséal, source de savoir objectif, dans la La galerie ? Et réciproquement, qu'en sera-t-il de l'ob- L'objet oeuvre, œuvre, invite à l'interprétation L'interprétation subjec- subjective, dans le Le musée d'histoire naturelle ? Comment réagiront Les les visiteurs ?... Entre les Les deux, Gianni Burattoni interrogera le Le cheminement d'un site à l'autre L'autre en ponc- ponctuant le Le parcours de points d'observation sur la La ville, une autre tentative de bousculer le Le regard porté tout en insistant sur le Le pas- passage d'un espace institutionnel à un autre. L'institutionL.:institution muséale fût (et est) souvent critiquée par Les les artistes contemporains (illusion d'immortalité, effet mortifère, supposée lé- Lé­ critigitimation...),.), cependant leurs Leurs interventions in situ sont légions Légions ainsi que les Les emprunts parmi ses dispositifs de monstration (vitrine, socle, cartel...). Plus particulièrement, le Le muséum offre une source d'inspiration non négligeable pour de nombreuses démarches notamment pour sa lointaine parenté avec le Le cabinet de curiosités (on y revient) revient ! et sa « subversion de L'ordre l'ordre naturel ». « Deux aspects fondamentaux du cabinet de curiosités se retrouvent dans la La pratique de certains artistes : l'assemblage L'assemblage d'objets collectionnés, Lectionnés, et L'exploration, l'exploration, grâce à La la mani- manipulation ou la La transformation des matériaux, des notions de naturel et d'artificiel. Le cabi- cabinet de curiosités reposait sur l'intime convic- conviction que L'art l'art et la La nature étaient liés. Liés. » * Produire de nouvelles formes, briser les Les classifications, abolir Les les frontières entre nature et culture. Des libertés Libertés qu'on trouve chez J. Schilling qui juxtapose Le le minéral et coll'animal L'animal dans ses planches, chez G. Burattoni qui appose des motifs de camouflage sur des éléments végétaux ou chezC. Poquet qui annule les Les distances chronologiques et géogra- géographiques entre cultures. Dans ce jeu de perturbation, Les les terminolo- terminologies endossent un rôle déterminant. D'au- D'aucuns jouent avec les Les appellations, d'autres an- les Les décrient lorsqu'elles Lorsqu'elles paraissent un peu absconses ou péremptoires, à L'image l'image de la La
Eunji Peignard-Kim, Au fond de la pièce, 210 x 125 cm, dessin à la pierre noire et sanguine sur contreplaqué peint. Courtesy de l'artiste et Fondation Espace Écureuil vive critique émise par Joan Fontcuberta : « L'institution scientifique dispose de l'immense pouvoir de nous convaincre de ce qui est vrai par l'apparat du langage et des méthodes scientifiques. » ** À ce propos, le titre de l'exposition (des noms savants de fougères, typologie d'ion et famille des oursins) souligne avec humour que l'emploi d'un vocabulaire pointu et spécifique, source de sentiment d'exclusion, n'est pas le seul fait de l'art contemporain, domaine qui se voit souvent reprocher son élitisme... Venons-en maintenant au dessin, médium privilégié de ces artistes qui le pratiquent tous de manière extrêmement précise, quasi académique. Un médium qui n'est pas réservé au seul domaine des arts plastiques. Support d'étude en architecture, outil de relevé en archéologie, moyen de représentation en biologie... le champ est vaste. Dans ces secteurs il est supposé précéder une réalité ou procéder de l'observation d'un objet référent. Ce désir de réalisme du dessin technique à représenter notre monde n'entre plus dans les préoccupations de la création actuelle. Alors, que représenter et comment ? Les artistes de l'exposition procèdent par association, jeu d'échelle, fragmentation, mise en espace... afin de livrer leurs visions du monde. La représentation réaliste est bousculée, doublée du trouble que produit la précision de leurs traits. Pour exemple, libéré du format réduit d'une page, le gigantesque rat écorché d'Eunji Peignard Kim qui accueillera les visiteurs à la Fondation suscitera sans doute d'autres réactions que des considérations biologiques... Et alors ? me direz-vous. Et bien maintenant il faut aller voir, on ne peut se contenter de parler d'un projet et de ses problématiques supposées, l'essentiel est le résultat. Les frontières sont floues, engouffrez-vous. HD * James Putnam, Le musée à !'oeuvre. Le musée comme médium dans l'art contemporain, Thames & Hudson, 2002,pp.8-9. ** lbid, p.75 Conférences de Jürgen Schilling et Gianni Burattoni, autour du thème du paysage, du jardin, du regard et de la déambulation... mercredi 10 février à 18h - entrée libre. 5



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