Multiprise n°15 déc 09/jan-fév 2010
Multiprise n°15 déc 09/jan-fév 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°15 de déc 09/jan-fév 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association TA

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 41,4 Mo

  • Dans ce numéro : cas d'école... Estelle Vernay et Kirill Ukolov.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 20 - 21  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
20 21
20 Anders Petersen De Café Lehmitz à City Diary du 28 octobre au 13 décembre 2009 Galerie du Château d'Eau, Toulouse Chevelure ébouriffée, comme électrisée, aussi blanche que certaines de ses nuits, les yeux grand ouverts en mode « radar », Anders Petersen ne perd rien de ce qu'il se passe autour de lui. Il est de ces personnes qui se retournent dans la rue sur un passant, accroché par un détail, une attitude, un re- regard, à la différence qu'Anders sort parfois son appareil photo pour saisir cet instant, aussi fragile qu'une bulle de savon. « Photography is not about photography ». Cet homme carbure à la chaleur humaine. Chacune de ses photographies est la ponc- ponctuation d'une rencontre, point d'interroga- d'interrogation, virgule, point d'exclamation, points de suspension... rencontre, parfois provoquée, avec des personnes dont il croise le chemin au cours de ses errances. Des gens ordi- ordinaires, pas comme les autres, qui nourris- nourrissent son insatiable curiosité. Chacune de ses photographies est une parenthèse, un moment suspendu, privilégié, entre son sujet et lui, tous deux intimement liés par l'appa- l'appareil photographique. Non, la photographie ne traite pas de la photographie. Elle n'est qu'un prétexte pour percer à jour les méandres de l'âme humaine, sonder sa complexité. De près, toujours plus près. Au petit matin ou bien la nuit, à une heure qui n'a plus d'importance, Anders est le témoin du subtil mouvement d'une étreinte amoureuse, d'un baiser échangé, d'un visage caressé, d'u d'un drame, d'un désespoir, d'un éclat de joie... Il photographie comme il vit, ce qu'il vit. Des mains qui fouillent une entrecuisse, des langues qui s'entrelacent, des yeux qui se révul­ révulsent de plaisir, de dérive... Lhomme nomme dans son état brut, animal parfois, sans concession souvent. lan- L'homme Lhomme dans toute sa tendresse et son be- besoin d'aimer. On pourrait presque sentir les odeurs de sueur, de sexe, de cigarette et d'alcool, percevoir le froissement des draps, en- entendre la musique ou même le silence, res- ressentir la chaleur du soleil entre les d'al- ombres d'une branche ou le froid glacial d'un pay- paysage enneigé... Des photographies comme des fenêtres ou- ouvertes sur le monde, son monde, des photo- photographies comme le manifeste de sa vie. Tel un chat habile et discret, il il s'immisce dans les secrets les plus enfouis, se fait le confident d'histoires, écrites en noir et blanc, comme extraites de son journal intime, car ces histoires sont aussi les siennes. Finalement, peu importe la langue, le pays, la ville, Anders ouvre les yeux sur le monde comme si c'était la première fois, à chaque fois, et plonge dedans au point de risquer parfois de boire la tasse, voire de s'y noyer. Pourtant, il reste toujours assoiffé. Et c'est bien cela qui fait la force de ses pho- photographies. Car Anders va jusqu'au bout des choses, des gens, pour en extraire l'essen- l'essentiel, la particularité. Un hommage à la vie. Et comme on dit en suédois, « « skal skàl » ! Sandy Prolhac
Anders Petersen, Octobre 2009 Prolhac Sandy Page précédente : Anders Petersen, Paris, 2006. C Anders Petersen 21



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :