Multiprise n°15 déc 09/jan-fév 2010
Multiprise n°15 déc 09/jan-fév 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°15 de déc 09/jan-fév 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association TA

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 41,4 Mo

  • Dans ce numéro : cas d'école... Estelle Vernay et Kirill Ukolov.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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10 l'effervescence de la scène française des années 90. En 2000 Patrick Mellet et Yves Caro nous an- proposent un workshop avec les étudiants en troisième année art, clôturé par l'expo- l'exposition Kitafabriker. Ce retour sur l'école, as- assez bénéfique pour nous, permet de renouer avec un contexte quitté dans la rancoeur rancœur et quelque peu délaissé... Enfin en 2008, Final Fight est l'occasion de retrouver l'école : quelques étudiants pro- proposent à Lieu-Commun d'accueillir l'expo- exposition d'octobre rassemblant les travaux des diplômés. Suite aux précédentes éditions à l'école et à la maison éclusière leur souhait est d'intégrer un espace identifié pour sa programmation. Notre volonté de rester in- intimement liés aux propositions émergentes nous engage à prendre le pari. Leur projet de précéder l'exposition par un workshop nous séduit même si nous en mesurons toute la difficulté. Depuis ses débuts en 2000 l'exposition d'octobre est une initiative de l'association des d'oc- étudiants, traditionnellement elle réunit les 3 options art, communication et design. Sa proximité avec le diplôme, 3 mois après, rend l'entreprise complexe. Les diplômés n'ont pas encore réellement temps et opportunités pour enclencher leur parcours professionnel, les travaux présentés sont souvent ceux montrés en juin lors Lors des passages. Tous les diplômés participant, cette exposition au caractère hé- hétéroclite ne permet pas une lecture Lecture évidente des productions. Projets de design, rendus de communication et productions artistiques, élaborés ou non pour l'exposition, donnent à ce raout d'honneur une apparence disparate. La volonté de L'équipe l'équipe de Final nat Fight a été d'atténuer au maximum ces aspérités en tentant de croiser les travaux dans une confrontation in vivo. Dès l'entrée du Lieu, lieu, où la La pièce Assis­ Assis- d'attance respiratoire d'Alexandre de Crombrugghe double l'escalier par un échafaudage qui Crombrug- en reprend la ligne, jusqu'à ses tréfonds, où Estelle Vernay aménage La la cave en une sorte de bunker, dernier refuge d'un monde en proie à la folie, le signal qu'émet Final Fight est de l'ordre de l'angoisse et de l'état d'alerte. Une sorte de pléonasme inhérent au trouble de La la sortie de l'école L'école et de l'entrée dans le monde professionnel. Bien sûr ce climat n'est pas uniquement imputable à cette réa- réalité commune, les oeuvres œuvres ici présentées sont l'aboutissement de multiples démarches personnelles variées nourries par un monde à l'éclat L'éclat souvent terni. Cette expérience a permis à Lieu-Commun de rencontrer des artistes avec Lesquels lesquels nous retravaillerons sûrement. Amélie Bouvier et Ghislaine Chortey par exemple participent à l'exposition L'exposition collective de dessins Le bureau des ouragans, nous programmons aussi Ma- Marie Sirgue S)rgue et Lucie Laflorentie en janvier 2010 à l'École l'Ecole Nationale d'Aviation Civile. Lieu- Lieu­ Commun se doit d'être connecté aux Beaux- Beaux­ Arts, à la faculté d'arts plastiques et à la rue pour rencontrer les artistes qui seront peut- peutêtre la La scène de demain. Cette année de la même façon, Édith Bo- Bories, Pauline Payen et Nicolas Puyjalon sont venus à notre rencontre pour réitérer l'opé- l'opération. Cette fois nous avons émis quelques réticences car l'expérience ayant déjà eu lieu et il était important de mettre en place un nouveau protocole pour éviter d'instau- d'instaurer une habitude : les diplômés exposent à Lieu-Commun ! Notre objectif a été de sortir du schéma classique. de l'exposition compte rendu des passages. A À force de réflexion s'est précisée l'idée d'un investissement de l'étage L'étage qui éviterait à tout prix l'accrochage au mur, les Les oeuvres œuvres devant donc trouver une autre surface de monstration. Pièce Montée, titre de l'exposition, L'exposition, a tout naturellement amené l'idée de la table dressée, un banquet en l'honneur d'une nouvelle vie qui se profile avec ses joies et ses peines. Les IKEmmAüs de Sophie Da Cunha, dont le travail consiste en la ré- récupération de meubles d'occasion qu'elle hybride savamment pour en faire un mobilier nouveau à l'aspect hétérogène mais néan- néanmoins fonctionnel ont eu ici une importance cruciale. Ils sont devenus le support du reste des oeuvres. œuvres. Une grande table composite à la pâle blancheur partage l'espace L'espace de l'étage en 2 parties permettant telle une plateforme d'y insérer volumes, pièces sonores et vidéos. La l'hon- tonalité générale est donnée par une semi obscurité qui donne à la douce dérive de ce radeau une ambiance surannée et nostal- nostalgique. La visite est Lente lente et calme, il faut prê-
Estelle Vernay, séquence 02, 2008 Crédit photographique : Morvan Guenier, eçe A1A C ; ? AniSle A LA LIAGE i=> I Pascal Marzo pour ALP le collectif, canon à artistes, 2000 - „• Collectif, vue d'ensemble de l'exposition Pièce Montée à Lieu-Commun, 2009 Crédit photographique YannGachet. ter attention pour découvrir les pièces qui se fondent dans la table, se pencher pour découvrir les dessins érotiques de Nadia Hermman, plonger sa tête au fond d'un trou tel une autruche pour parcourir les animations politiques et grinçantes de Nathalie Charrié. Deux pièces radicalement différentes viennent encadrer la table. Le seul mur investi l'est de façon fantomatique. Édith Bories l'a poncé jusqu'à révéler les traces des expositions précédentes. Elle donne à voir une surface usée où, çà et là, apparaissent quelques touches de couleur provenant de wall-paintings antérieurs. En face sur un écran, virevoltent les animations proliférantes d'Annabelle Bédard. Cette zone a aussi été le théâtre le soir du vernissage de la performance de Pauline Payen et Nicolas Puyjalon qui, sous le nom générique de Pipi'NPee records, proposent une performance foutraque où la participation des spectateurs à un karaoké nostalgique a autant d'importance que la mise en place des divers outils et objets qui en permettent l'existence. Cette Pièce Montée n'a pas été des plus évidentes à confectionner. Devoir penser une nouvelle version de son travail pour l'adapter à un contexte particulier en acceptant de se fondre dans une oeuvre collective, est un exercice de haute voltige. Ce processus est un moyen de signifier une des nouvelles orientations possibles pour octobre 2010, l'ouverture d'un chantier de réflexion autour d'une restitution des travaux des diplômés. Il serait passionnant que le réseau PinkPong, l'école et ses étudiants tentent d'apporter des réponses à un format d'exposition complexe mais nécessaire. Finalement, en presque 20 ans, de 1990 à 2009, mes relations avec l'école des Beaux- Arts de Toulouse sont de plus en plus constructives, tout comme l'évolution en marche au sein d'une scène artistique toulousaine est plus variée et entreprenante. La mutation prospective bénéfique est en route. Manuel Pomar co-directeur de Lieu-Commun et co-président de PinkPong 11



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