Multiprise n°14 sep/oct/nov 2009
Multiprise n°14 sep/oct/nov 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°14 de sep/oct/nov 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association TA

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 16,6 Mo

  • Dans ce numéro : bande dessinée, un art contemporain.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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8 ... -0- Le labyrinthe de plan La vie s'achèvera~ s'achèvera, La vie demeure. De même joue L'enfant l'enfant Parmi trop de rêves.* Avec l'exposition « point de fuite » les commissaires Valentine Boé et Elodie Stroecken inaugurent un nou- nouveau lieu de résidence, de production et de diffusion de l'art contemporain à Toulouse, Permis de construire. Les artistes plasticiennes Florine Léoni et Eva Nielsen essuient donc les plâtres (à partir du 24 septembre 2009( 2009) de ce batiment à l'identité architecturale affirmée. Histoire de rien 1 I Près du« « broc posé sur Les les dalles sonores»", »*, un chat attire mon attention. Dans mon oisiveté, je me surprends à Le le suivre. Et les yeux cherchent à écrire pour se souve­ souvenir du parfum de L'absurde l'absurde... Histoire de rien Il II Un lieu Lieu original et imprévisible. Je m'ap- m'approche. Près de La la sonnette des mots sem­ semblent le Le désigner : « Permis de construire ». La porte est entrouverte. J'entre. Ici quelque chose semble avoir explosé. Seuls demeurent de Larges larges rayons pointus dont le Le oisi- comportement face à La la Loi loi de gravité ferait sourire Einstein. Est-ce Le le soleil intérieur qui aidé par la La lumière Lumière d'automne et par la La main cérébrale de La la terre aurait ainsi éclaté, faisant désormais se confondre architecture primitive et architecture inventée ? Je me penche et prends Le le pli d'une marche contorsionnée. L'observation L:observation étire le Le temps à mesure du déploiement de l'espace. L'espace. Je me projette au loin. Vais-je bientôt m'atteindre ? Inconsciemment, je me suis accoutumée à une respiration nouvelle, Lente lente et nouvelle, au fond plus dense. In ln situ, une pensée lue Lue me revient : « L'objectif l'objectif de L'art l'art n'est pas le Le déclenchement d'une sécrétion momentanée d'adrénaline mais La la construction, sur la La du- durée d'une vie, d'un état d'émerveillement et de sérénité. » (Glenn Gould) Zoom. Je comprends que rien n'est vrai- vraiment en lévitation. Lévitation. Des tasseaux offrent des points d'ancrages à des planches fuyantes. Et de point d'appui en point de fuite, j'intègre la La logique Logique de La la structure qui permet de j'in- conserver en son coeur cœur un regard extérieur. extérieur: Là-bas, là-bas, Le le corps a pensé « Là là où je suis » existe. là-bas Là-bas Le le corps a su voir, constater et recevoir Les les informations alentour. IL Il a su prendre possession d'espaces de réflexion. Le chaos n'a finalement rien d'effrayant. Encore faut-il savoir comment assouplir le Le soi profond pour apprendre à mouvoir sa propre matière d'homme. Le temps vide devient un désert irrégulier qui double Le le réel d'une organisation spatiale parallèle. De loin Loin en Loin, loin, or- les Les pétales rectangulaires composent une partition neumatique dont chaque note se concentrant silencieusement sur elle-même s'efforcerait de Lutter lutter contre un invisible magnétique. Le trouble semé par l'installation L'installation renvoie aux chemins qu'il est heureux de ma- bâtir pour soi, au moyen d'éléments hétéro- hétérogènes et, peut-être se plaît-il aussi à raviver le Le feu d'une certaine urgence à vivre. Main- Maintenant je vous demande :: Le le bonheur n'est-il pas proche de L'absurde l'absurde ? Florine Leoni est un fou d'architecture qui ne se suffit pas de montrer ce qu'elle peint mais souhaite Le le faire toucher: toucher. Il IL appartient à chacun de dessiner de planches en plans son avancée propre. Et une chose est sûre, « nous n'aurons jamais de repos : le Le présent est perpétuel » (G. Braque). Alors, osons espérer que les Les oeuvres œuvres picturales d'Eva Niel­ Niel- essen agiront sur nous comme des points de repère, des oasis en attente de quelques as­ assoiffés... Cet événement est un Point de fuite à ne pas manquer, un rêve qui commence au 1 rue Paneboeuf jusqu'au 22 octobre Pa- ! '"Y. *Y. Bonnefoy, Les Planches courbes I photo Yohann Gozard, vue du lieu Permis de construire Anaïs Delmas
Bande dessinée : un art contemporain Entretien avec Philippe Marcelé La bande dessinée et l'art contemporain ont toujours entretenu des liens forts, bien que souvent souterrains, ce qui est peut-être encore plus visible aujourd'hui avec des auteurs de BD dite « contemporaine », « indépendante » ou encore « alternative ». En réalité, il est tout à fait possible de considérer que la BD s'inscrit dans le vaste champ de l'art contemporain au même titre que d'autres pratiques artistiques, parmi lesquelles le dessin qui fait actuellement l'objet d'une actualité événementielle en région toulousaine, mais aussi la photographie, les arts multi-médiatiques, etc. La BD, dans sa grande diversité et avec ses spécificités intrinsèques, nourrit l'art contemporain autant qu'elle se nourrit en son sein, de même qu'elle entretient des échanges réciproques avec le cinéma ou la littérature. Philippe Marcelé, auteur de BD et enseignant en arts plastiques à ['Université Rennes 2, nous éclaire sur ce sujet dans un entretien ici très abrégé. Jérôme Dupeyrat : Quelle est aujourd'hui la place de la bande dessinée parmi les arts visuels, des arts plastiques à la vidéo ou au cinéma en passant par le graphisme ? Philippe Marcelé : Ce qui importe c'est de comprendre la manière dont la bande dessinée s'inscrit dans le champ artistique et dont elle l'alimente tout en étant alimentée par lui. La bande dessinée est née dans la première moitié du XIX' siècle, vers 1830, inventée par Tôpffer. Elle est donc exactement contemporaine de la photographie avec laquelle elle a beaucoup d'affinités (par exemple, le concept de cadrage). Cela n'a pas empêché pourtant les deux médiums de s'ignorer, ce qui prouve que les convergences artistiques dépassent largement l'idée que leurs propres protagonistes s'en font et répondent à des mouvements souterrains qui prennent du temps pour parvenir à la conscience. Répondre à la question « Pourquoi la BD estelle née vers 1830 ? » pourrait, à mon avis, nous en apprendre beaucoup sur la « place » qu'elle occupe ou occupera dans l'art du XX' et XXI' siècle. Y répondre c'est tenter de comprendre à quelles nécessités profondes de notre « modernité » elle répond sous une forme spécifique, à côté d'autres formes spécifiques avec lesquelles s'établissent des dialogues, des échanges, la plupart du temps implicites. La bande dessinée a introduit une relation à la fois exemplaire et originale entre le texte et l'image, entre le fixe et le mouvant, entre le visible et le non visible et surtout peut-être, entre le simultané et le successif qui donne une approche symbolique et paradigmatique du Temps et de l'Espace. Que l'on ait retrouvé ce paradigme dans le cinéma me semble une évidence. Mais on pourrait montrer qu'il est actif dans bien d'autres dispositifs sans rapports immédiats avec la BD, dans certains montages « Pop » ou dans des installations, des performances, etc. Qu'on en soit conscient ou non, la bande dessinée a distillé dans nos représentations toute une sémiotique complexe, un ensemble symbolique de formes qui imprègnent non seulement notre culture mais notre quotidien. Une chose est certaine par contre : sa « place » n'a rien à voir avec le fait qu'elle soit citée par tel ou tel artiste, Lichtenstein ou Érro... Ceci concerne l'oeuvre de ces artistes, oeuvre importante d'ailleurs, mais qui se situe sur un tout autre plan. JD : Peut-on parler d'une BD « contemporaine » et quels en seraient les traits particuliers ? PM : Le terme « contemporain » est encore plus ambigu que celui de « place ». Au sens strict, il désigne ce qui se fait « maintenant ». Bien sûr, nous savons que le concept a pris un sens spécifique dans le « monde artistique ». Le vocable « art contemporain » désigne un art spécifique dans une période spécifique. Concernant la BD notamment, quelques années plus tôt il aurait été incongru de s'interroger sur sa place dans l'art contemporain et encore plus de l'y faire entrer. Aujourd'hui, Art Press lui a consacré plusieurs numéros et plusieurs articles, ce dont je me réjouis. Cependant, si je ne sais pas ce qu'est exactement « l'art contemporain », il m'est bien difficile de savoir ce que serait une « bande dessinée contemporaine » qui répondrait au même concept. On pourrait être tenté de dire, tant du point de vue des thématiques que du graphisme, que le courant incarné 9



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