Multiprise n°14 sep/oct/nov 2009
Multiprise n°14 sep/oct/nov 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°14 de sep/oct/nov 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association TA

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 16,6 Mo

  • Dans ce numéro : bande dessinée, un art contemporain.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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12 Le fil des âges farouches Cet été j'ai été arraché à la pesanteur terrestre, paradoxalement c'était au fond de la ter- grotte de Pech Merle. La confrontation avec Le le bestiaire dessiné et gravé sur les parois m'a simplement bouleversé. Nul besoin d'interprétation mystique pour être troublé par d'in- ce face à face. La fulgurance plastique des oeuvres et le vertige du temps suffisent. Les Lignes lignes frêles mais précises, tracées dans la rigueur de cet univers humide et obscur, imposent la puissance du dessin. Comment ne im- pas imaginer ces ateliers à ciel ouvert comme dans le massif du Tassili, toutes ces fresques hypothétiquement inscrites sur les rochers à L'extérieur l'extérieur des cavités, tous ces croquis, cet apprentissage, à jamais effacés par le temps. Cette supposition légitime provoquée par L'intensité évocatrice des peintures rupestres, souligne l'habileté probablement acquise par une pratique l'in- intensive. Le dessin est expression directe, langage universel aux codes de représentations connus, à l'économie de moyens que seules L'écriture, l'écriture, uni- l'oralité et le mouvement des corps parta- partagent. C'est un art qui nous anime tous du désir de passage à L'acte, l'acte, celui de prendre le Le crayon et d'esquisser sur la feuille quelques émanations de notre monde. Au cours des années 90, le dessin s'impose à nouveau sur la scène de l'art. L'essor de ce médium élémentaire et économe est proba- probablement concomitant avec La la crise du marché. Au même moment, une certaine décon- décontraction critique accompagne l'émergence mar- d'artistes revendiquant haut et et fort leur in- intérêt marqué pour les cultures populaires de masse. Cette confluence assure au dessin une autonomie qui Lui lui imprime une dimen- dimension frondeuse adoucie parfois par un rassurant savoir faire. ~- Océane Oc:éane Mousset, Pisseuse d'avril, 2009, 2009. 21 x 15 cm, encre noire sur papier. C'est à cette période qu'apparaissent de nombreux espaces alternatifs autogérés, ainsi qu'une scène française, faisant La la part belle au dessin. Hippolyte Hentgen, L'ouverture des chagrins, 2009, 65 x 50 cm, encre sur papier. 65 x 50 cm, encre sur papier.
Il est alors évident pour moi de souligner cette simultanéité en exposant des artistes comme Petra Mrzick et Jean-François Moriceau,Virginie Barré ou Guillaume Pinard. Ces artistes aux pratiques radicalement différentes conférent à cette période le sentiment paradoxal de liberté et de retour au faire. Aujourd'hui encore, dans le maelstrbm d'expositions toujours plus nombreuses et monumentales, ce vocabulaire simple raffermit toute la dimension d'absolu de l'art et maintient cette capacité éternellement renouvelée de mettre en avant plastiquement une pensée à l'aide des outils les plus accessibles. La figure du plasticien entrepreneur s'atténue, l'industrie culturelle se fait moins pressante et nous laisse en tête à tête avec la discrète jouissance du plaisir des yeux et de l'esprit. Cette hardiesse décontractée génère parfois des excès qui pourraient lui être opposés. La monstration devient soirée corporate de marques textiles où le dj et la boisson sponsor sont aussi importants que les oeuvres présentées. C'est pour tout cela qu'aujourd'hui, je reviens avec conviction à mes premières amours : l'exposition fleuve et le dessin, en proposant à Lieu-Commun, "Le bureau des ouragans", exposition collective, d'une cinquantaine d'artistes, qui s'appuie sur le plaisir de l'élaboration d'un récit abstrait, teinté de fragilité et de précarité, tout en essayant d'éviter les travers fétichisant du médium convoqué. La sensation d'une ronde éperdue provoquée par la magie de dizaines de dessins, chaotiquement accrochés dans un labyrinthe qui perdrait temporairement ses attributs de white cube. Comme une ode au pouvoir tectonique des images dessinées ... Manuel Pomar co-directeur de Lieu-Commun Emmanuel Duffaut, sans titre (extrait 061, 2009, 56 x 76 cm, graphite sur papier. Valparess, En route mauvaise troupe, 2007, 28 x 39 cm, stylo bic, feutres et encres sur papier collé sur bois. 13



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