Multiprise n°13 jun/jui/aoû 2009
Multiprise n°13 jun/jui/aoû 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°13 de jun/jui/aoû 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association TA

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 42,3 Mo

  • Dans ce numéro : Pink Pong, 1er round.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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10 112Pet-92 À force d- e'rop en faire... Retour sur La Force De l'Art 02 Je n'aurai pas la prétention de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas... mais si vous désirez encore lire un article complaisant passez votre chemin ! Car si je veux bien rejoindre l'opinion générale d'un constat positif par rapport à l'édition précédente, je ne peux dignement pas partager les polémiques débiles et décalées autour de cette triennale et encore moins l'euphorie concernant la géologie blanche de Mr Rahm dans laquelle étaient cachées les oeuvres. « Produire un espace non-thématique, terrain d'une déambulation libre dans l'univers de l'art, sans se contenter de faire admirer les oeuvres »' nous dit-il... et les commissaires de rajouter que toute cette tectonique a été créée en fonction des oeuvres et en concertation avec les artistes ! Pour ma part je dirai plutôt que c'est l'une des plus lamentables mise en espace qu'il m'a été donné de voir. Tout d'abord pourquoi, dans un espace aussi immense que le Grand Palais, avoir tout serré sur une portion ? Il n'y a dans cette construction aucun recul indispensable à l'appréciation d'un bon nombre d'ceuvres, surtout celles monumentales. De plus, quelle bonne idée d'avoir conçu cette architecture blanche sous une verrière printanière éblouissante... Lors de ma seconde visite, comme tous les autres regardeurs, j'ai donc joué, jonglé, avec mes lunettes de soleil pour essayer d'y voir quelque chose... Retour au White Cube, la géologie blanche est glacée, inhumaine, aveuglante et oppressante. Bien sûr j'ai pu discerner sur cette banquise quelques bonnes pièces et installations comme le simulateur de Fabien Giraud et Raphaël Siboni : « Conçu pour l'armée mais utilisé dans un contexte de fêtes foraines [...] ce simulateur recrée artificiellement la violence sourde des mouvements d'une attraction hystérique»'. Cette installation a le mérite d'être à la fois ludique et conceptuelle, sculpture minimaliste et expérience sensible. On pouvait aussi se confronter aux derricks de Damien Deroubaix, qui détournés de leurs fonctions servaient de socles monumentaux à des « sculptures, monstrueuses et effrayantes, comme le monde des puissants auxquels elles font allusion »1. D'autres s'en sortaient bien aussi, comme Nicolas Fenouillat et sa matérialisation 3D (en bois) d'une séquence sonore, la griffure de Ptérosaure de Virginie Yassef à la croisée de nombreuses références visuelles et culturelles et aussi les installations de Gilles Barbier, du Gentil Garçon ou encore d'Alain Bublex... Mais que dire du mauvais état de la pièce de Bruno Peinado ? On ne va pas me chanter qu'avec le budget colossal de L.F.D.A. il ne pouvait pas offrir un lifting à cette belle boule miroitante et respirante qui a bien tourné depuis sa première monstration en 2004... Que dire (pardonnez moi l'expression) du tas de merde posé par Daniel Dewar et Grégory Gicquel ? Véritable pied de nez à La Force De l'Art et dont ON invente l'histoire : puisque ce n'est pas du tout la pièce que devaient montrer les artistes ! En effet, ON s'est aperçu un peu tard que la nef du Grand Palais ne résisterait pas au poids de rceuvre ! Pourtant ce n'était pas un concert trop heavy de Metallica mais leurs sculptures monumentales. Dommage. Que dire du choix de Butz & Fougue ? Le dernier refuge de l'art nul, c'est la pornographie. Ça choquera peut-être les derniers bourgeois momifiés du XVIème, et encore... Mais les jeunes et moins jeunes d'aujourd'hui, saturés de gonzos qui feraient passer les pornos de papa pour d'aimables documentaires pédagogiques, regarderont tout cela d'un oeil éteint. Que dire (aussi) des pseudos scandales, pseudos polémiques sur la parité/le sexisme ? Sur le nombre d'artistes issu de l'immigration ? Sur le trop plein d'artistes homosexuels ? Sur la plastique des médiatrices ?! Les chieurs d'encre qui consignent cela n'ont sans doute pas les compétences pour parler de création : « Les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnait » 2. Enfin, on ne peut que regretter pour les publics -et c'est un comble- le trop. Trop d'invités, trop d'événementiels, impossible de participer à tout : performances, concerts,
les 25 galeries associées à la manifestation, les invités, etc. Il était malheureusement plus simple pour le visiteur d'aller faire une heure de queue juste à côté pour la grande messe du dandy Warhol et la fréquentation s'en est ressentie ! Pourtant, La Force De l'Art c'est bien. L'événement doit être respecté pour un certain nombre de ses initiatives, toutefois cette manifestation -qui a pour but non Fabien Giraud et Raphaël Siboni, NUMB (simulateur fermé), 2008-2009. photo Multiprise dissimulé de mettre Paris au rang des autres grandes capitales- ne doit pas masquer les difficultés et craintes actuelles qui secouent le milieu artistique, des écoles d'art aux associations et centres en région. Elle ne doit pas donner renaissance à une centralisation. L'art en France ce n'est pas seulement tout les trois ans. Frédéric Sallaz ' Dans te dossier de presse de L.F.D.A. 02. 2 Michel Audiard (par Lino Ventura) dans Les Tontons Flingueurs. 11



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