Multiprise n°12 mar/avr/mai 2009
Multiprise n°12 mar/avr/mai 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°12 de mar/avr/mai 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association TA

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 16 Mo

  • Dans ce numéro : Carmen Blaix, le collectif.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 6 - 7  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
6 7
6 BAD LIEUTENANTES, performance construite autour d'un extrait du manifeste King Kong Théorie de Virginie Despente, est le deuxième projet du collectif. À travers ce texte puissant et énergique, c'est de toutes les femmes dont il est question mais c'est avant tout le constat d'une société bloquée sur des principes archaïques tant qu'elle n'osera pas faire sa révolution des genres. L'actrice devient toutes ces femmes, figure universelle, figure symbolique féminine hors cliché ou à l'inverse usant à l'extrême de ces mêmes clichés. Il ne s'agit pas ici encore de construire des personnages mais d'incarner, par la voix, des univers différents. Le texte est utilisé comme matière que l'on va chauffer à blanc puis tordre et distendre. La musique électronique soutient la voix, la devance, la transforme ou fait corps avec elle. Photos prises sur la Générale de la présentation des SCRAPS TV 6, au Hangar et à Lieu-Commun. Crédit photos David Brunner La vidéo, univers plastique abstrait ou très réaliste, brouille les pistes et questionne sur le morcellement, la figure parfaite, la prison esthétique préfabriquée. Dans un univers où la machine a de plus en plus d'emprise sur l'humain, où l'humain devient l'objet de cette machine, où l'artifice (l'artificiel) est valorisé, nous avons choisi dans BAD LIEUTENANTES, de nous laisser envahir par les machines, pour nous en détacher progressivement et revenir à l'essence même de l'être : sa voix, sa chaire. Un face à face troublant entre l'abondance de prouesses techniques (la machine) et les déficiences de l'humain. BAD LIEUTENANTES sera présenté le 25 avril 2009 dans le cadre du festival Empreintes Numériques à Toulouse. Collectif Carmen Blaix Le collectif Carmen Blaix est soutenu par l'espace d'art contemporain Lieu-Commun et par radio FMR à Toulouse. Photos prises sur la Générale de la présentation des SCRAPS TV 7, au Hangar et à Lieu-Commun. Crédit photos David Brunner
Etrangers au paradis « Et quand je mourrai, j'irai au paradis parce que c'est en enfer que j'ai passé ma vie » Depuis 2002 Le musée des « arts et traditions populaires » Calbet situé à Grisolles dans le Tarn et Garonne s'ouvre à la création contemporaine sous l'impulsion de son conservateur Yvan Poulain. Jusqu'au 29 mars 2009 l'artiste Françoise Quardon a installé son univers baroque, présentant une exposition intitulée « Etrangers au paradis '». Françoise Quardon a tout d'abord imaginé au rez-de-chaussée de cette maison du 1 rine un mausolée élégant et sombre, empreint d'un romantisme noir, et dédié à deux icônes aux destins tragiques: la poétesse Emilie Dickinson et le punk rocker Johnny Thunders. Lune a passé sa vie recluse et totalement inconnue dans la maison de ses parents, composant des poèmes devenus de façon posthume des classiques de la littérature américaine, tandis que l'autre écrivait avec son groupe les New York Doits les prémices de l'histoire du mouvement punk, cristallisant ensuite avec sa carrière solo l'image du « beautiful loser ». Surnommé par Richard Heti' le « Rock'n'roll Dean Martin of heroin », Johnny Thunders a disparu dans des circonstances troubles, finissant de construire une légende déjà empreinte de tous les mythes sauvages et destructeurs du Rock'n'roll. C'est d'ailleurs l'une de ses chansons emblématiques, composée avec son second groupe les Heartbreakers qui est utilisée dans l'une des installations de l'artiste: « You can't put your arms around a memory ». Bottes en verre, lustre avec guitares électriques faisant office de pampilles, Emilie Dickinson veillant tel un ange sur Johnny Tonnerre, autant d'éléments qui peuplent cet univers décalé, à la fois violent et précieux. La très belle main de la poétesse, faite d'allumettes et recouverte de velours et passementerie (et prête à s'enflammer) identifie cette dualité que l'on retrouvera tout au long de l'exposition. La citation de Daniel Darc qui ouvre un livret composé de plusieurs textes de Françoise Quardon édité spécialement pour cette exposition, habite quant à elle les Françoise Quardon, Etrangers au Paradis, édition réalisée à l'occasion de l'exposition au musée Calbet, Grisolles, du 19 décembre 08 au 29 mars 09, 100 exemplaires numérotés et signés. oeuvres présentées. Françoise Quardon a découpé l'espace de la maison en suivant la logique muséale de ce cabinet de curiosités populaires, se souciant des correspondances que son oeuvre contemporaine peut engendrer avec la collection du musée, constituée de dons des autochtones. Ainsi, dans l'escalier conduisant à la seconde pièce d'exposition nous nous retrouvons face à la photographie d'une tête décapitée posée sur du velours vert intitulée 1428 Elm Street' . Ce caisson lumineux fait écho de façon macabre et ironique aux portraits des pastellistes de la collection décorant cet espace confiné. Ces artistes ambulants préparaient leurs tableaux à l'avance, complétant leurs photomontages avec le visage des commanditaires rencontrés lors de leurs porte-à-porte. L'un de ces portraits académiques se distingue cependant des autres par une ligne noire clairement visible au niveau du cou, rappelant que ce personnage fût guillotiné pendant la Révolution Française. Un détail morbide qui n'a pas échappé à Françoise Quardon, poussant l'autodérision en se mettant en scène elle-même, ou plutôt sa tête, fidèle à son obsession du découpage charnel (suivez les pointillés). 7



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :