Multiprise n°12 mar/avr/mai 2009
Multiprise n°12 mar/avr/mai 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°12 de mar/avr/mai 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association TA

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 16 Mo

  • Dans ce numéro : Carmen Blaix, le collectif.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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• •-· m~ T H E 4t A T T 4 E R N S O F C H A 0 ti 1 T H E P A T T ~ E R N S 0 F C H A 0 S
-e- Rdi-ileulenleuri Des hommes volants Et si c'était vrai ! Que la photographie présente le corps humain telle une sculpture vivante ne paraît plus troubler quiconque ! En revanche, qu'elle atteste du dépassement de soi lui confère un caractère bien plus sacré ! Et que l'on ne se méprenne pas à coiffer le cadre des photographies de Denis Darzacq de l'auréole du trucage car il s'agit de vues d'envolées, volées à des professionnels de la danse. Galerie du Château d'eau. Sous-sol. Il est, au coeur de paysages urbains, des Nus qui vont, le pas calme et déterminé, rejoindre les rêves, du bout de leurs yeux, esquissés. Hors du cadre, dans le champ aux herbes folles, femmes et hommes font route vers une intimité profonde, vers un infiniment soi. L'artiste photographie le corps dans la ville, cet espace investi, habité, grillagé. Il s'interroge : le milieu urbain, permet-il l'épanouissement, l'échappée de l'homme ? Il prend physiquement de la hauteur et braque son regard sur la terre, sur ces passants anonymes qui en foulent le sol comme accrochés à elle. Ensembles d'hommes plats. Ensembles de solitudes debout. Chacun semble traîner à ses pieds la forme assombrie de lui-même. Les ombres, empreintes mouvantes du vertical éphémère, ne semblent pas vouloir quitter leurs hommes. Et pourtant...Homme penché. Flèche vers le haut. Escaliers. Retour à la salle principale. Des hommes remplis du vide du monde ont décroché leurs pieds de la pesanteur terrestre. Et ils flottent, comme des bannières vivantes en suspension sans ombre apparente. En effet, suite aux évènements d'octobre 2005 à Paris, l'artiste part à la rencontre des jeunes dans les cités. Il y découvre des hommes et des femmes volontaires, maîtres de soi qui ont soif de vivre, de donner leur voix et d'être entendus. Et il filme certains pratiquant le hip-hop, la dance contemporaine ou encore la capoeira. A mesure de son observation, il se rend compte que bien souvent leur activité les conduit à quitter le sol. Ce travail de terrain allait préparer les séries de photographies La Chute et Hyper, présentées jusqu'au 22 mars à Toulouse. On y voit des corps volants dessiner des étoiles d'hommes. Les acteurs investissent le milieu urbain. Ils déployent leur technique entre les rayons froids d'un supermarché et précisent leurs mouvements dans l'enceinte d'une cité aux volets clos. Toutes ces chutes ne présentent pas le moment du retour au sol mais bel et bien le moment de tension où le corps est en devenir, ce moment d'incertitude où tout peut encore être joué. Prendrontils la décision de descendre? Sont-ils déjà en train de tomber? Espèrent-ils monter plus haut? Le plongeur propulse la toile musclée de son architecture volatile vers un espace sans attache. La maîtrise de soi comme unique voie vers la liberté. Gestes sublimés. Respiration concentrée. Des mots qui, à l'image des danseurs, tombent puis se relèvent. Un troisième ceil qui, à chaque figure interceptée, interrompt son souffle. Personne n'échappe à l'apnée. Denis Darzacq, à l'image des danseurs, retient son souffle pour que chaque pose puisse révéler l'instant extra-terrestre exposé. Et le spectateur, figé, s'interroge face à la motivation inouie de ces jeunes. Il entend et enregistre dans le coin de l'oeil leur parole, leur énergie orientée, leur discipline vive. Force est de constater que ces orbites charnelles situées entre deux courants impalpables, non contentes de se projeter dans le fleuve du vide, occupent le temps d'une pose immortelle, le no man's land aérien. Alors un seul mot à ces danseurs : volez, volez, pour que jamais nous ne perdions de vue l'homme que vous défendez, l'homme que vous laissez s'exprimer, l'homme que vous tentez de sauver ! Que le photographe au scaphandre et aux palmes poursuive sa chasse au mouvement pour que les lettres vivantes capturées forment un alphabet à explorer, des pages, comme des chemins, à chorégraphier ! Une suggestion. Avant de retourner à l'extérieur, je vous conseille un atterrissage contrôlé que vous effectuerez dans la galerie II, au regard des photographies d'Olivier Mirguet. Elles offrent à visiter dans un 19



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