Multiprise n°11 déc 08/jan-fév 2009
Multiprise n°11 déc 08/jan-fév 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°11 de déc 08/jan-fév 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association TA

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 12,8 Mo

  • Dans ce numéro : numéro onze.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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4 Rê. En avoir ou pas du plaisir Suggestions, Images de La la féminité Espace Croix-Baragnon, Toulouse, 4 décembre 2008/31 janvier 2009 Suggestions... vraiment ?? Si Si l'on est loin des oeuvres œuvres de l'époque de la libération sexuelle (du sexe exposé à tout va dans une démarche militante, l'artiste et ses contemporains s'exhibent à qui mieux mieux, jusqu'à l'écoeurement l'écœurement et la disparition de l'érotisme), il est clair qu'ici l'approche de la féminité s'appuie avant tout sur la question du genre dans sa différenciation biologique, de son usage et de ses effets. Et pour cela, nul besoin de passer par des considérations d'ordre psychanalytique sur le caractère sexuel de toute production artistique. Ghada Amer, Madeleine Berkhemer, Charlotte Cazal, Caroline Le Mehauté, Edouard Levé, cinq regards complémentaires sur l'intime féminin sont présentés. Mais, considérant le degré d'exposition, l'intimité annoncée tend à se transfigurer en extimitél, 1 , dans la mesure où l'auto représentation, sinon la projection, transpire de ces oeuvres. Chaque artiste envisage son corps, ou celui désiré, dans une conscience affichée du rapport libidinal à l'autre et à la société. Bien. Qu'avons-nous ? Un dévoilement de l'intime qui se traduit chez Caroline Le Mehauté par l'exposition de l'interne, l'extraction de l'organe reproducteur, élevé en sculpture, totémique. Des trompes et autres ovaires certes imposants par leurs dimensions, mais l'utilisation de matériaux fragiles (pétales [pétales de rose, cire, laine, paraffine, tissu, plumes...) .) tempère l'autorité de la chose par le rappel de son caractère éphémère. Tout se fane, tout se grippe, vanité... Autre fragmentation - et même démem- démembrement - cette fois-ci chez Madeleine Berkhemer. Les Milly's left leg (2007) sont les moulages en silicone des jambes de l'artiste, montés sur talon aiguille. Sans connaître l'origine du nom de la pièce, celle-ci pourrait de prime abord devenir une vision réductrice d'un fétichisme appelant le morcellement de la femme, une sublimation devenue gadget, hésitant avec une jouissance morbide. Les jambes orphelines, posées au sol, sont offertes, disponibles... On croirait lire Elfriede Jelinek, s'attendant à l'apparition de L'homme l'homme « comme un beau sauvage allant faire ses emplettes au rayon boucherie de son épouse »2... 2 Les morceaux de choix sont effectivement là, en libre service, mais ne sont pas que ça. Milly, propriétaire des mollets galbés, forme un trio avec deux autres compères (Mandy et Molly), tour à tour incarnées par l'artiste dans ses productions. Parses avatars libérés, Libérés, M. Berkhemer répond moins à une attente fantasmée extérieure qu'elle donne le champ libre à ses propres pulsions. Une sorte d'onanisme projeté qui évacue tout éventuel sentiment de faute. Un attrape regard ensuite. Les oeuvres brodées de l'Égyptienne Gahda Amer nous sont désormais familières -et le principe de broderie maintes fois repris depuis- mais leur Leur effet demeure efficace. Ici, c'est la La surprise qui se joue. Le regard ne détecte pas immédiatement le caractère pornogra- pornographique de la représentation, masquée par l'innocence de la pratique qui le (dé)voile. L'artiste L..:artiste se plait à associer deux pratiques manuelles : masturbation et loisir désuet. Une association qui peut paraître légère, Légère, mais qui ne fait que souligner le tabou du plaisir féminin sous certaines morales et le voile qui y est jeté. Une association qui devient nauséabonde si si l'on considère ce travail de fil sous une autre acceptation : la La reconstruction de l'hymen chez des jeunes femmes « déshonnorées » avant mariage'. 3 • Autre regard sociétal chez Édouard Levé. La série photographique Pornographie (2002) [2002) appartient au travail de décontextualisation mené par l'artiste. Les modèles, habillés et inexpressifs, reproduisent un catalogue de positions sexuelles sans en voir le loup, une gymnastique oscillant entre le pathétique et le comique. Bien qu'il ait extrait l'acte de l'atmosphère langoureuse d'une alcôve ou d'un bordel, il n'en devient pour autant pas neutre, bien au contraire. En déplaçant les corps depuis la La chambre vers un univers suggérant le bureau (cf. tailleurs et costumes, table et murs au gris fadasse), il transpose l'intime dans la sphère publique
des relations sociales, assaisonnées de pression de productivité et de rendement. Pour ces acteurs, produits d'une société de consommation, la la valeur refuge n'est plus l'or mais le corps :: une dernière tentative d'incarnation... Le Le résultat balote entre échec (sexe triste) et attente gourmande (oeil (œil titillé par ce qui n'est pas montré). Une stimulation du désir qui se muerait presque en frustration. Cette approche non exhaustive de l'exposition (pas encore accrochée au moment de la rédaction de cet article), donne l'idée de la La part de charge sociale inhérente à La la question du genre. Un corps à La la fois refuge et exutoire, dévoilé sous une forme un peu froide, voire menaçante... menacante À qua~d quand un quelconque hédonisme ? Hmmm, mm, peut-être trop lu Lu Michel Onfray moi... Hélène Dantic Précisions : L'exposition t: sera L'occasion de découvrir le travail produit par Charlotte Cazal lors Lors de sa résidence aux Arques. Et, enfin, rendez-vous donné à La la clôture de l'exposition L'exposition pour une performance de Madeleine Berkhemer, sous forme de défilé, en collaboration avec Le le créateur Christian Louboutin. Un événe- événement présenté à La Fabrique, espace culturel de L'université l'université de Toulouse, Le Mirail. Mirait. 1 ' J'emprunte le Le terme à Serge Tisseron. 'Elfriede Jelinek, Lust, Lus!, Paris: : Seuil, colt. coll. Points, 1996, p.31 3 À ce propos, je ne peux que recommander L'excellent l'excellent Broderies de Marjane Satrapi édité par L'Association L.:Association en 2003. En haut Madeleine Berkhemer, Milly's left leg, silicone et chaussure prada, socle en métal, métaL, 60x14x25cm, 2007, courtesy galerie Sollertis, Toulouse Au centre et en bas Au centre et en bas Edouard Edouanl Levé, Leri, sans titre, série Pornographie, FNAC, Ministère de la culture et de de la La communication, courtesy galerie Loevenbruck, Loevenbruck. Paris )11 _ ila- 5



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