Multiprise n°1 mar/avr/mai 2006
Multiprise n°1 mar/avr/mai 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 de mar/avr/mai 2006

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association TA

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 3,0 Mo

  • Dans ce numéro : musée Denis Puech Rodez... « Steampunk ».

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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4 Résidence N°1 Musée Denis Puech, Rodez. Aymeric Louis, « Steampunk ». Choisi par un jury parmi quelques 50 candidatures, Aymeric Louis a effectué une résidence de six mois entre janvier et décembre 2005 au musée Denis Puech de Rodez, sous la férule de l’attaché de conservation Sophie Serra. Les objectifs et les enjeux définis pour l’artiste étaient (dans l’ordre ? ) de « découvrir un lieu, rencontrer un public, et consacrer du temps à un projet de création » 1. Cette résidence, créée il y a tout juste deux ans et financée par la ville de Rodez (logement et ateliers entre autres) offre l’occasion de confronter création contemporaine in situ avec institution muséale. Aymeric Louis s’est donc attaché tout au long de son séjour à allier pour le mieux travail artistique et négociations avec les différents acteurs municipaux pour mener à bien son travail. Et c’est également ce partenariat encore fragile avec l’institution qui a fixé les limites du projet « Steampunk » (projet d’affichage dans la ville avorté, manque de soutien de la part des médias pour les griefs). « La forme monstrueuse montre l’ordre biologique à la fois comme menacé et essentiel » 2. L’artiste a axé son travail autour de la représentation du monstre et c’est dans le tableau de classification des monstres donné par Gilbert Lascaux dans son ouvrage, référence majeure pour A. Louis, qu’il a puisé son bestiaire fantastique. Griffons, chimères ou autres gargouilles de 4ème catégorie peuplent l’espace du musée. L’anormalité selon Jérôme Bosch ou Schongauer, la figure humaine étant bannie. Sous la figure tutélaire du sculpteur moustachu fin 19ème Denis Puech et de ses sculptures, les parasites créés les yeux fermés par l’artiste ( « je me laisse souvent guider par les incidents » ) s’imposent comme excroissances à la fois organiques et minérales sur ces angelots joufflus ou autres nymphes rieuses, pervertissant la facture classique de ces oeuvres... Dans cette tentative de clonage l’investissement du lieu est un pari gagné, à tel point que l’œuvre même de son illustre confrère semble atteinte... L’institution muséale est également elle-même remise en question par ce caractère iconoclaste du greffon, comme si, à l’image du courant « Steampunk » 3 le XXIème siècle venait s’inviter chez le XIXème… On retrouve cette ironie dans l’installation majestueuse composée de trois monstres phosphorescents (un griffon, une baleine et une chimère), posés sur des socles géants, obligeant ainsi le spectateur à lever les yeux pour les observer, ou peut-être les craindre. Seul hic, on regrettera la programmation trop consensuelle de la soirée cinéma (Dracula, Frankenstein, Elephant-man), l’artiste ayant proposé un choix plus pertinent comme « Atomic circus » des frères Poireaud, film étant à lui seul difficile à classer, avec son parasitage de différents genres cinématographiques ou bien le célèbre « Freaks » de Tod Browning, illustrant parfaitement le monstre mis en cage, le cirque faisant office de zoo humain. Avec cette résidence Aymeric Louis nous montre de façon subtile que les chimères existent bel et bien, que l’on peut réunir des contraires dans une même entité, que l’on parle de corps, de lieux ou d’univers sociaux différents. Didi Marinesque 1 Sophie Serra, préface au catalogue de l’exposition « Steampunk », musée Denis Puech, rodez, 2005. 2 Gilbert Lascault, le monstre dans l’art occidental, Klingsieck, 1973. 3 Genre littéraire intégrant éléments de science fiction contemporains et références au XIXème siècle.
Ces oeuvres ont été conçues et réalisées pendant le temps de résidence au musée Denys Puech. page précédente Aymeric LOUIS : panneaux et objets mous, projet concret, 2005. Châssis bois, plâtre, mousse, polyuréthane, silicone, peintures, tirage numérique sur bâche PVC, verrière miroir Photo : Didier Marinesque ci-contre Aymeric LOUIS : Parasites, 2005. Installation sur les sculptures de Denys-Puech. Terre et peinture phosphorescente, modelées les yeux fermés dimensions variables, à l’échelle d’une main ci-dessous Aymeric LOUIS : Monstres/griffon, baleine, chimère, 2005 polystyrène, fibre de verre, résine acrylique, résine epoxy, peinture phosphorescente. Dimensions inscrites dans 2m3, huit socles : cubes de polystyrène. 5



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