Multiprise n°0 déc 05/jan-fév 2006
Multiprise n°0 déc 05/jan-fév 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°0 de déc 05/jan-fév 2006

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association TA

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 9 Mo

  • Dans ce numéro : des approches multiples pour une lecture de la situation de la création en région.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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8 Quentin Jou ret 1 Valérie Alingrin
V.A. : En regard de ces nombreux dessins, la résidence vous a également inspiré une sculpture de médicament, le Tenebrex, présentée dans Le hall de l'hôpital. Quel est ce médicament ? Q.J. : La scultpure est une boîte de médicament classique agrandie à deux mètres de hauteur, comme ces ob-.. jets hybrides que l'on trouve - dans les pharmacies. Je me suis intéressé à la question des médicaments, à leur commerce, et à un certain nombre d'arnaques qui sont mises en place par des grands laboratoires internationaux, notamment le Celebrex (que fai appelé Tenebrex pour des raisons de droits], produit par le laboratoire Pfizer. Sur une face de la boîte, je raconte son histoire : mis sur le marché pour soigner l'arthrose et la polyarthrite rhumatoïdale, ce médicament ne soigne pas mieux que ceux déjà en vente, coûte 1 0 à 20 fois plus cher que son premier générique, et est remboursé à un taux très élevé par la sécurité sociale, alors qu'il a d'énormes effets secondaires de risques cardiovasculaires. C'est donc une innovation qui n'en est pas une mais qui arrive, par la publicité, les réseaux, la complicité globale, par ce mécanisme mal foutu et de plus en plus dévié de sa fonction initiale, à détruire un système. On parle du trou de la sécurité sociale mais on ne parlera jamais de ce genre de chose. Ce médicament a été dès la première année à la troisième place de remboursement des médicaments et il est toujours en vente, depuis cinq ans. V.A. : En pointant du doigt les dysfonctionnements du domaine de la santé, les indécences dont les malades sont victimes, le manque de moyens et parfois de volonté, vous cherchez à provoquer les réactions pour peut-être, changer les choses. Vous reconnaissez-vous chez Beuys, qui voyait dans l'art une force révolutionnaire capable de changer le monde, un moyen d'engagement pour tendre à une société meilleure ? Q.J. : Non, pour moi, ceci n'est que du discours. Par sa simple parole, l'artiste ne changera pas le monde. Quand on regarde bien, l'influence politique de l'art est complètement ridicule. S'il n'y a pas un regroupement d'individus autour d'un enjeu, on n'arrive à rien. V.A. : Dans « La barbarie douce », vous vous représentez d'ailleurs en train de dessiner, avec cette question qui plane au dessus de vous : « Et tu crois que ça va changer quelque chose, tes petits dessins là ? ». Comme si vous étiez finalement confronté aux limites de votre action, et que vous ne sachiez plus comment vous y prendre. Q.J. : Oui, je me sens seul et je trouve dommage qu'il n'y ait pas plus de mise en commun, que Les plasticiens ne soient pas plus mis en relation avec les mouvements sur le terrain, les associations, et pourquoi pas les syndicats, les partis politiques... Je pense à Hans Haacke qui disait qu'il ne savait vraiment pas pourquoi il avait choisi les arts plastiques pour traiter des questionnements politiques. Peut-être est-ce un des outils les moins adaptés. C'est pour cela que j'utilise les moyens plastiques de la bande dessinée : comme la bande dessinée est un art populaire, le public qui n'a pas de culture en art contemporain ne peut pas avoir d'a priori négatif sur mes dessins. Cela implique tout un travail de simplification dans la communication pour que les idées se diffusent mieux. Cene œuvre a été retirée du hall de l'hôpital sous la pression du laboratoire qui commercialise ca produit. 1 Dessins eJttraits du recueil tc Comment fil va » : Quentin Jounrt 9



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