Multiprise n°0 déc 05/jan-fév 2006
Multiprise n°0 déc 05/jan-fév 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°0 de déc 05/jan-fév 2006

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association TA

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 9 Mo

  • Dans ce numéro : des approches multiples pour une lecture de la situation de la création en région.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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4 "Mieux vaut tôt que jamais. » Le dernier « Printemps de septembre à Toulouse » qui s'est tenu aux dates dites, en neuf lieux de la ville, s'est génériquement intitulé Vertiges. Du Printemps [de Cahors) on se souviendra qu'il s'agissait de montrer une espèce de compilation actualisée de l'état de la photographie, à laquelle s'est jointe bientôt la vidéo. plus quelques accompagnements aux allures d'installations. De l'avant-dernier, le premier de la trilogie confiée à Jean-Marc Bustamante, on retiendra qu'on a voulu inaugurer là un prolégomène qui prétendait, par son parti-pris « extrême », ancrer l'art dans la réalité epicentrique de la molasse géologique toulousaine, laquelle a longtemps brillé par une absence manifeste d'intérêt pour la création contemporaine, corrigée il est vrai par l'ouverture des Abattoirs et les initiatives de certains lieux plus ou moins alternatifs. Mais, à bien considérer cette édition, on pourrait croire que la leçon a été entendue, et même doublement entendue, comme si dans un double bilan panoptique, on décrêtait que ce qui se passe à Toulouse c'est déjà pas si mal, merci, et qu'on peut donc passer à autre chose, et ceci d'autant plus que le « Printemps de septembre » a lui aussi en quelque sorte atteint son niveau optimal et qu'il était temps d'en changer les donnes. FranzAdutrmann : « Songline », 1998-2002 Peinture sur bois, photoglâphie, pni&entoirs avec carte.s postales, miroir synthétique, écran de projection, OVD. Dimensions Yilriables Photo : André Morin Au vu de quoi -au su, on ne sait trop, n'étant pas dans les arcanes des fondateurs et des organisateurs de cet événement- on a droit à une espèce de proposition qui, sous-couvert d'un intitulé flamboyant, ressemble fort à une sorte d'auto-rétrospective des commissaires, à leur « meilleur » choix en quelque sorte, à un aveu hautement subjectif, mais fabriqué à trois mains cependant, chacun gardant sa part (du lion). On laissera aux spectateurs/visiteurs avides de « rea lity-shows » le loisir de démêler les fils de l'histoire et de rendre aux trois césars les acquets qui leur reviennent, l'intérêt du spectacle n'est pas vraiment là.L.:intérêt du spectacle c'est justement d'essayer d'en être un, d'en mettre plein la tronche et de déménager les regards supposément fatigués par une surenchère de pétarades qui sont sensées nous dégommer les mirettes, jusqu'à plus soif, jusqu'à rouler par terre, jusqu'à un en ivrement substantie l proche d'une extase ascentionelle. Soit. Allons-y donc, tels quels ou nantis des psychotropes adéquats, pour se rendre compte qu'on a beaucoup donné au préalable dans ce genre de consommations et que c'était ma foi plus délectable, parce que notre énergie d'antan nous y faisait participer de manière plus complice, vaguement ébaubis mais conquis. Ah, qu'il était beau Le temps des pirouettes où nous jouions à essayer de pénétrer l'œil du cyclone de PhilipTaffe, à nous ma laxer la rétine devant les chewing-gums Teresa Hubbard 1 Alaandar Bin:hler : « Singte Wide », 2002 Vidéo haute définition avee son transférée sur DVD 6'10'" en boucle Installation dimensions variables
pictographiques de David Reed, à nous évader dans le labyrinthe sans issue de Franz Ackerman, à comptabiliser les révélations sidérales de notre pharmacomanie telles que les cultive Fred Tomaselli... Aujourd'hui, a contrario, on ne pourrait que barrir, enfermés dans une adolescence recluse qui se vautre dans la gadoue de son auge et y va à fond dans son animalité édentée. C'est à la fois risible et attendrissant, mais « ça fonctionne » comme disait le Père Deleuze, même si pour peu de temps et peu de sens, sinon à s'y livrer parla grâce d'un dévoilement quelque peu onaniste, comme l'exploite Chloe Piene dans cette vidéo, ses dessins écorchés et son auto-entretien dans le catalogue... On a les problèmes qu'on peut lorsque l'on dépasse certaines bornes, ou lorsqu'on feint de le faire, tel que nous y inviterait l'art a priori. Ainsi en va-t-il de la vidéo de Hubbard & Birchler, dont on ne peut que savourer le lent et envoûtant mouvement de la caméra, franchissant portes et parois d'une sorte de mobile-home aux accents hollywoodiens. Mais alors, la nana en train de geindre dans sa bagnole et fonçant subrepticement dans le mur, c'est tout simplement too mu ch, comme s'il fallait à tous crins « raconter une histoire, imaginer une structure narrative », et ne pas nous laisser l'échappée belle de la fabriquer un tant soit peu nous-même. Car, etc'est là tout à la fois significatif et guère surprenant, les vertiges proposés sont malgré tout quelque peu didactiques. Si vous ne savez pas faire le pitre, Cindy Sherman veut bien se prêter au jeu ; si vous ne savez pas faire le mort, les Chapman Bross vous démontrent comment s'y employer ; si vous ne savez pas profiter des restes, Ger van Elk vous indique comment les bidouiller ; et bien d'autres choses à l'avenant, arrivant après toutes sortes de combats (douteux ?), en tous cas de ceux de notre imaginaire supposé aussi plat qu'un ancéphalo dont il faut agiter les neurones. Je crois que c'est là une des résultantes du passage à l'acte de notre chère abhorrée société du spectacle, c'est qu'il faut en rajouter dans une plus-value factice -fictionnellequi laisse cependant l'espace suffisant pour qu'on puisse reconnaître virtuellement le désir de s'y adonner nous-mêmes. Et si nous n'y allons pas, c'est parce qu'on n'ose pas dépasser certaines normes ou qu'on n'a pas le courage minimum pour épater le bourgeois. Sauf au bar à six heures et après quelques apéros calibrés consommés avec des copains, ou entre les deux en se roulant les joints ad hoc pour que l'esprit se dégage de ses embruns civils. » Gerhard Marz : « Ps ! IÎI ! on », 2005 Vue da l'exposition, Printemps de septembn !, Photo : André Morin Jake & Dlnoa Chapman : « Sax » (épnuve d'artiste), 2005 Bronze peint 240xWx125cm Photo : André Morin 5



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