MSF Infos n°195 septembre 2018
MSF Infos n°195 septembre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°195 de septembre 2018

  • Périodicité : irrégulier

  • Editeur : Médecins Sans Frontières

  • Format : (270 x 360) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 7,8 Mo

  • Dans ce numéro : une urgence de santé mondiale.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ÉDITO Dr Mego Terzian Président de Médecins Sans Frontières « Les associations sont traitées comme de dangereux criminels. » « Au nom de l’humanitaire, il n’y a plus aucun contrôle. Les ONG interviennent en contravention de toutes les règles et des garde-côtes libyens et font ainsi le jeu des passeurs », tels ont été en substance les propos d’Emmanuel Macron en juillet dernier au sujet des opérations de sauvetage des ONG en mer Méditerranée. Cette accusation est révoltante. C’est suite à l’abandon du programme Mare Nostrum par l’Union européenne et l’Italie fin 2014, mené par la marine italienne qui avait organisé le sauvetage de plus de 170 000 personnes, que plusieurs ONG, dont MSF, ont décidé de lancer des opérations de recherche et de secours en Méditerranée. Ces initiatives répondent à un impératif humanitaire et à une urgence  : sauver des vies. Mais aujourd’hui, alors que les besoins de sauvetage restent criants, et que la solidarité des pays européens fait cruellement défaut, une véritable campagne destinée à paralyser les actions de la société civile s’intensifie. Ces derniers mois, les bateaux affrétés par des ONG n’ont cessé d’être bloqués en mer, interdits d’accoster dans les ports locaux. Les associations qui viennent en aide à des gens en détresse sont traitées comme de dangereux criminels. Loin d’être des hors-la-loi, elles obéissent au contraire au droit maritime qui impose de sauver la vie des naufragés, et elles n’agissent que sur instruction du centre de coordination des secours maritimes italiens. Le seul ordre auquel l’Aquarius, bateau affrété par l’association SOS Méditerranée en partenariat avec MSF refusera toujours de se plier, c’est de remettre les migrants aux garde-côtes libyens, dont les liens étroits de nombre d’entre eux avec des réseaux criminels ont été documentés, et qui interceptent les migrants en mer pour les ramener dans l’enfer des centres du pays. Présentes en Libye, nos équipes témoignent de conditions de détentions inhumaines (extrême promiscuité, violences sexuelles, tortures, rackets...) dans lesquelles les migrants sont maintenus. 02 I MSF INFOS I Septembre 2018 SOMMAIRE LA BANDE DE GAZA Un territoire asphyxié. REGARD Épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo. 7 LE EN APARTÉ Nouvelle collection sur votre boutique solidaire. 10 Encart catalogue VPC 3 GRAND ANGLE La lutte contre la tuberculose, une urgence de santé mondiale. 4 LAB Lutter contre 8 la malnutrition. EN QUESTION L’avortement. Les coûts de création, production et envoi du journal MSF infos s’élèvent à 0.60 € . Directeur de la publication  : Dr Mego Terzian Directeurs de la rédaction  : A.-L. Sirvain,C. Magone Rédaction  : M. Dugoujon Création  : Anne- Sophie et Caroline Bérard Graphisme et Fabrication  : tcgraphite Imprimeur  : SIB Imprimerie, Zone industrielle de la Liane, B.P. 343, 62 205 Boulogne-sur-Mer Cedex Photos  : Couverture  : Daro Sulakauri - P2  : MSF - Laurence Geai - Alexis Huguet - Karin Huster/MSF - Patrick Farrell - P3  : Laurence Geai - Aurelie Baumel/MSF - P4  : Alexis Huguet - P5  : Atul Loke/Panos Pictures - MSF - P6  : MSF - Luca Sola - P7  : Karin Huster/MSF - P8  : Venetia Dearden/VII - P9  : Jenny Ridley - P10  : MSF - P11  : Rémi Decoster/MSF - P12  : Sacha Myers/MSF - 8, rue Saint-Sabin, 75544 Paris CEDEX 11 – Tél.  : 01 40 21 27 27 N°de commission paritaire  : 0623H83241 cm cm e papiers PEFC Agissez pour le recyclage des papiers avec Médecins Sans Frontières et Ecofolio 7 11 10-31-2036 Certifié PEFC pefc-france.org 8 9
LA BANDE DE GAZA Un territoire asphyxié 1 Une population sous blocus En 2007, Israël met en place un blocus rationnant les entrées et les sorties de matières premières, de biens et de personnes dans la bande de Gaza. Depuis, les conditions de vie des Gazaouis ne cessent de se dégrader. Dans ce contexte de pauvreté généralisée, les deux tiers de la population de la bande de Gaza dépendent aujourd’hui de l’aide humanitaire. D’après les Nations unies*, Gaza pourrait devenir inhabitable d’ici 2020, si la situation de la population ne s’améliore pas. 4 La « Marche du Retour » 233 490 EGYPTE Rafah 351 934 Rafah 273 380 645 205 Gaza Midlle Khan Yunis Sufa Kerem Shalom 377 126 Gaza ISRAËL Erez Nord Gaza Nahal Oz Karni EGYPTE 3 Un système de santé débordé 5 6 Des blessures dévastatrices Répondre à l’urgence Le 30 mars dernier à Gaza, débute Nos équipes font état de blessures Les équipes sont en première ligne de la « Marche du Retour », des dévastatrices, notamment aux la réponse d’urgence depuis le début manifestations populaires qui membres inférieurs d’une sévérité des événements et proposent une rassemblent des milliers de inhabituelle, extrêmement complexes à prise en charge chirurgicale et personnes près de la clôture soigner et qui laisseront de lourdes post-opératoire. Depuis le mois de militarisée qui sert de frontière. séquelles à la majorité des patients. mars, elles ont pris en charge plus de L’armée israélienne y répond en Au-delà des soins infirmiers réguliers, 1 700 patients, dont la grande majorité tirant à balles réelles sur les les patients auront souvent besoin a été blessée par balle, et réalisé plus manifestants faisant plus de d’opérations chirurgicales supplémentaires, et de très longues périodes de ont ouvert deux cliniques supplémen- de 650 opérations chirurgicales. Elles 150 morts et 4 100 blessés. kinésithérapie et de rééducation. taires en plus des trois déjà existantes Certains risquent encore l’amputation à Gaza. Maintenant que la vaste UNE LIMITE À NE PAS FRANCHIR s’ils ne parviennent pas à obtenir les majorité des plaies ouvertes sont autorisations nécessaires pour se faire refermées, leur nouveau défi consiste soigner en dehors de Gaza. à suivre les patients pour éviter ZONE À RISQUE (Supérieure À 1 km) d’éventuelles infections mais également leur donner accès à des soins et 10 11 12ZONE 13 À HAUT 14RISQUE 15 (100-300 16 m) 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26de la chirurgie 27 28orthopédique. 29 30 NO-GO ZONE (Inférieure à 100 m) POINT DE CONTRÔLE BARBELÉS POINT DE CONTRÔLE FERMÉ POPULATION (Source  : PCBS) 2 Des offensives régulières La population est souvent victime de bombardements. En 2014, l’armée israélienne lance l’opération militaire « Bordure protectrice » dans la bande de Gaza. Elle fait près de 2 200 morts chez les Palestiniens, dont 70% de civils, et plus de 10 000 blessés. C’est la quatrième intervention militaire d’Israël en huit ans, et la plus meurtrière. Les équipes présentes témoignent d’attaques sur les civils et de destructions d’infrastructures. Les ratios du nombre de médecins, d’infirmiers et de lits d’hôpital par habitant se dégradent notamment du fait de l’accroissement continu de la population dans le bande de Gaza. Chaque demande de sortie, y compris médicale, est soumise à l’approbation d’Israël qui peut la bloquer sans explication. Ainsi, de nombreux patients ne peuvent bénéficier des soins dont ils ont besoin. Mer Méditerranée Gaza Acre Tibériade Haïfa Nazareth Jénine Naplouse Tel Aviv CISJORDANIE Jaffa Ramallah Jéricho Néguev ISRAËL Bethléem Hébron SYRIE JORDANIE TERRITOIRES PALESTINIENS ÉTAT ARABE (BANDE DE GAZA) ÉTAT JUIF Retrouvez toute l’actualité de nos missions sur www.msf.fr I 03 *(ONU, Gaza, 10 ans après, 2017)



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