MSF Infos n°181 déc 15/jan 2016
MSF Infos n°181 déc 15/jan 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°181 de déc 15/jan 2016

  • Périodicité : irrégulier

  • Editeur : Médecins Sans Frontières

  • Format : (180 x 240) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 59,7 Mo

  • Dans ce numéro : Afghanistan, bombardement de l'hôpital MSF à Kunduz.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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DÉBATS HUMANITAIRES La sécurité des ONG doit-elle être l’affaire de spécialistes ? Comment s’organise la gestion de la sécurité au sein des ONG ? Il a deux grands modèles  : certaines ONG ont confié la gestion de la sécurité sur le terrain à des départements spécialisés. D’autres, comme nous, considèrent que la sécurité est indissociable de la gestion des opérations. Dans les deux cas, les ONG sont soumises à une pression croissante pour adopter une démarche dite de « gestion des risques » importée du secteur privé. Celle-ci est censée avoir deux avantages  : d’une part, mieux protéger les volontaires des risques de morts violentes, de blessures ou d’enlèvement, de l’autre, protéger les ONG contre d’éventuelles poursuites légales ou atteintes à leur image en cas d’accident. Les spécialistes de la sécurité affirment que les dangers sur le terrain sont en perpétuelle augmentation, qu’en est-il ? Les chiffres avancés par les experts ne permettent pas de savoir si les dangers s’accroissent ou diminuent. Ce qui est certain en revanche, c’est que le nombre de travailleurs humanitaires déployés au cœur des conflits et d’autres situations dangereuses a considérablement augmenté. Nos équipes interviennent au coeur des conflits. Au Yémen, elles étaient les seules présentes à Aden pour opérer et soigner les blessés de guerre. depuis les années 1990. Il y a plus de volontaires exposés aux dangers donc plus de risques d’accidents. Dans le même temps, la demande de protection s’est accrue, notamment par rapport 20 DÉCEMBRE 2015 MSF INFOS N°181 L’insécurité sur les terrains d’intervention est une problématique majeure rencontrée par toutes les ONG. La plupart d’entre elles se sont dotées de départements spécialisés dans la gestion des risques. Cependant, le rôle croissant des experts de la sécurité dans la conduite des opérations humanitaires fait débat. Le recours à ces spécialistes aide-t-il réellement les organisations humanitaires à faire face aux dangers rencontrés dans les situations de guerre ou de catastrophe naturelle ? Le Centre de Réflexion sur l’Action et les Savoirs Humanitaires (CRASH) publiera une étude au mois de mars sur ce sujet. Fabrice Weissman qui y a participé nous présente ses principaux résultats. à une époque où la prise de risque était considérée comme normale, comme faisant partie du métier humanitaire auquel elle conférait une certaine « noblesse ». 44 Le nombre des travailleurs humanitaires déployés au cœur des conflits et d’autres situations dangereuses a augmenté considérablement depuis les années 1990 » Comment se traduit cette demande de protection dans la pratique ? La tendance est de privilégier la protection des ONG contre les risques légal et réputationnel. En pratique, cela conduit à multiplier les procédures et à centraliser les décisions relatives à la sécurité au niveau du siège. Cela conduit également à standardiser et contrôler les comportements des volontaires sur le terrain par le biais de règlements disciplinaires de plus en plus stricts. En bref, on tend à faire plus confiance aux systèmes qu’aux personnes et à leur capacité d’adaptation. Notre étude montre que cette évolution est dangereuse, pour les opérations comme pour les volontaires. Elle conduit à deux extrêmes  : enfermer les secouristes dans de véritables campements fortifiés, loin des menaces mais aussi des populations qu’ils doivent
MEDECINS SANS FRONTIEREṠ DÉBATS HUMANITAIRES.1101111811 Les équipes interviennent au coeur des conflits. Au Yémen, elles étaient les seules présentes à Aden pour opérer et soigner les blessés de guerre. aider ; ou au contraire les surexposer au nom d’une analyse des risques réalisée à distance qui ne prend pas en compte l’expérience vécue sur le terrain. Dans votre étude, quelle est l’alternative que vous proposez ? L’alternative est de redonner aux volontaires l’autonomie et les moyens de faire des paris éclairés sur leur propre Le CRASH, c’est quoi ? Créé en 1999, le Centre de Réflexion sur l’Action et les Savoirs Humanitaires (CRASH) est une structure originale dans le monde des ONG. Sa mission est d’animer le débat et la réflexion critique sur les pratiques humanitaires et faire vivre ces questionnements auprès du public. Ses membres publient régulièrement des études et des analyses autour des actions de l’association. Plus d’informations sur www.msf-crash.org exposition aux dangers. L’expérience d’autres professions (comme les pompiers) montre que ces paris sont moins risqués s’ils sont le fruit de l’analyse concrète de chaque situation, s’ils font appel à l’expérience et au discernement des secouristes, et s’ils sont l’objet de débats et de délibérations. En bref, il s’agit de faire confiance à la sagesse pratique des travailleurs humanitaires et de contribuer à son épanouissement par tous les moyens. MSF INFOS N°181 DÉCEMBRE 2015 21



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